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Politique

Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani à propos de la crise post-électorale : “Si les cas Ben Ali et Moubarak sont une maladie épidémique, alors que la contagion vienne en Côte d’Ivoire !”
Publié le jeudi 17 fevrier 2011   |  Le Mandat




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Les dés sont jetés. En Tunisie comme en Egypte, il a suffi seulement de quelques semaines de contestation pour que le peuple souverain ait gain de cause. Dans ces deux pays historiques de notre continent, le peuple ne s’est pas soulevé parce qu’une élection a été remportée par un candidat de l’opposition, mais tout simplement parce qu’après, 23 et 30 ans de pouvoir, respectivement pour Ben Ali et Moubarak, il en avait ras-le- bol de ces régimes tyranniques qui l’oppriment.

En Côte d’Ivoire, les mêmes causes produisant les mêmes effets, nous sommes aux mêmes scenarii, à la seule et grande différence qu’ici en Côte d’Ivoire, le peuple, bien qu’opprimé et humilié, a eu le courage de se rendre dans les bureaux de vote pour y exprimer librement et souverainement son choix. Il a décidé, sans aucune influence extérieure, que le Dr Alassane Ouattara au second tour de la présidentielle est le plus apte et le plus dynamique, à le guider sur le chemin du développement. Après dix longues années de gestion chaotique et désastreuse du pays par Gbagbo Laurent, le peuple a administré une sanction sans appel contre la refondation avec le score que l’on sait.

La netteté, la limpidité de la participation extraordinaire qui a caractérisé l’élection présidentielle, loin de dissuader le pouvoir sortant d’opposer une quelconque résistance au verdict populaire, au contraire, en surprenant ses prédictions de victoire facile, a eu pour réflexe un raidissement inattendu de celui-ci, en opposition à cette volonté populaire. Certes, comparaison n’est pas raison. Mais, les exemples tunisiens et égyptiens ont démontré à la communauté internationale que, quand le peuple le veut, il peut battre et chasser du pouvoir, toutes les dictatures, mêmes les plus féroces et les plus militairement soutenues. Les militaires de ces deux pays, dont la promotion, à tous les niveaux et aux grades les plus divers, a été le fruit d’une progression hiérarchique ordonnée et méritée, ont vite fait de comprendre qu’ils ne peuvent pas servir d’aiguille de la balance en démocratie, pas plus qu’ils ne sont au-dessus du peuple souverain.

Faisant partie de ce peuple, eux aussi, tout en respectant leur serment de ne servir que la patrie, ont compris que les revendications pour plus de liberté économique, politique et socioculturelle, les concernaient. Alors qu’il leur était plus simple et facile de maintenir les dictateurs vomis à leur poste, afin d’en tirer tous les avantages possibles, ces militaires disciplinés et respectueux de leurs devoirs, ont refusé de cautionner la confiscation du pouvoir par les mêmes familles, au détriment de la démocratie. Ils ont laissé le peuple s’exprimer librement, en le protégeant des activistes des régimes honnis, dissimulés dans leurs rangs.

Chez nous (...), c’est tout le contraire. Laurent Gbagbo sentant son impopularité, quelques mois seulement après son accession au pouvoir dans les « conditions calamiteuses », s’est préparé à soumettre les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) du pays à sa botte en procédant à sa désorganisation. Pour y arriver, il est passé outre les conditions de promotion, en favorisant certains facteurs jusque-là inconnus comme critères d’avancement. Il s’est appuyé sur l’ethnie, la région et sur l’appartenance à son parti, le FPI. A l’intérieur même de ce procédé anti- démocratique, il a mélangé les cartes en propulsant des hommes, non pas à cause de leurs qualités intrinsèques de militaires, mais en raison de leur dévouement à sa personne et à son clan.

Quant aux autres militaires, policiers, douaniers et autres qui constituent la grande majorité des FDS, Gbagbo les a tout simplement brimés et discriminés.

Ainsi, après avoir voté à plus de 60% dans les casernes en faveur du candidat du RHDP, ces FDS soupçonnées de vrai patriotisme et d’esprit républicain, se sont-ils vu désarmer pratiquement, alors que la clique minoritaire qui est proche du ‘’fils des élections’’ a vu, à son tour, son hégémonie grandir, au point d’occuper tous les postes stratégiques dans la perspective du hold-up électoral projeté depuis la prise de pouvoir des refondateurs. « On gagne ou on gagne ». Tel était l’avertissement que les Ivoiriens épris de paix n’avaient pas perçu comme un potentiel danger, en se rendant massivement dans les bureaux de vote. En effet, depuis la victoire éclatante du Président Alassane Ouattara, les 63% des FDS qui l’ont voté ont le fusil de la minorité fanatisée pointé sur eux afin de les empêcher de se soumettre au nouveau Président de la République.

Ceux-ci ont préféré changer tous leurs numéros de téléphone afin d’éviter tout ennui, de la part de ceux qui les tiennent en respect.

A vous FDS, je dis ceci : défendez votre vote. Suivez les exemples tunisiens et égyptiens dans lesquels les militaires, bien qu’associés au pouvoir depuis belle lurette (n’oublions pas que Ben Ali et Moubarak sont des militaires), ont compris que servir le pays est au-dessus de toute considération partisane, voire la satisfaction de leurs ambitions personnelles. Si les cas Ben Ali et Moubarak sont une maladie épidémique, alors que vienne la contagion en Côte d’Ivoire ! N’est-ce pas humiliant et antipatriotique, que nos soldats acceptent que des miliciens et mercenaires soient engagés et grassement payés pour se substituer à eux qui sont formés, aux frais du contribuable pour défendre la patrie ? Quand est-ce que vous FDS, fiers Ivoiriens, comprendrez-vous qu’on ne tire pas sur les citoyens aux mains nues ? Accepterez-vous demain, quand le Président de la République, le Dr Alassane Ouattara prendra effectivement le commandement, que les nominations et promotions hiérarchiques, soient d’inspiration ethnique, religieuse ou politique ? Sinon, qu’attendez-vous pour rejoindre la République, la légalité, comme à Tunis et au Caire ?

En Afrique du Nord, les deux révolutions sont parties, non seulement des cadres, mais aussi de la jeunesse et des femmes. En Côte d’Ivoire, nous constatons avec regret, que seuls les jeunes d’Abobo ainsi que ceux de certaines villes de l’intérieur du pays se sacrifient pour notre liberté à tous. Ce sont eux, avec leurs exploits, qui font trembler Gbagbo Laurent et son régime moribond.

Leurs exemples doivent servir d’aiguillon pour tous les jeunes, les femmes, les hommes et pour tous les citoyens désireux de paix, de prospérité et de solidarité, où qu’ils se trouvent dans le pays. Le moment est venu de ne plus avoir peur de mourir. Pour nos enfants et pour le devenir de notre chère Côte d’Ivoire, prenons nos responsabilités pour signifier dans la rue, la fin de la récréation à Gbagbo Laurent. Oui, nous le pouvons, car il ne pourra pas nous tuer tous.

Gbagbo doit savoir qu’on ne peut pas ruser éternellement avec le peuple pour faire survivre son régime fini dans les urnes. Il faut lui opposer une détermination plus grande que la sienne afin de le contraindre à déguerpir le Palais. Gbagbo ne comprend le danger qu’il court que lorsqu’on lui oppose la même méthode de fonctionnement qu’il utilise. Forts des exemples tunisien et égyptien, faisons comprendre au dictateur de la Lagune Ebrié que ce qui se passe dans Maghreb doit servir de leçon pour nous et, surtout, pour le petit tyran de Mama qu’il est. Alors, après Tunis et Le Caire, à qui le tour?

Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani
Député à l’Assemblée nationale
Délégué départemental
PDC I-RDA, Tanda I


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