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Deux dates du maoulid en Côte d’Ivoire : Le Cni se met en marge de la communauté musulmane
Publié le jeudi 17 fevrier 2011   |  Nord-Sud




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Les musulmans de Côte d’Ivoire se sont retrouvés cette année face à deux dates pour la célébration d’une seule fête du maoulid, l’anniversaire du prophète Mohamed. Comment en est-on arrivé là ? Nord-Sud Quotidien apporte des éclairages.


Le maoulid 2011 fera date en Côte d’Ivoire. Pour la première fois, beaucoup de musulmans n’ont vraiment pas su quand ils devaient commémorer la naissance du prophète Mohamed. Vendredi soir, au journal de 20 heures de la télévision publique, ils ont écouté avec surprise un communiqué selon lequel la commémoration devait se faire dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 février. Surprise parce que le même vendredi, lors de la prière hebdomadaire de 13 heures, la quasi-totalité des imams avait annoncé une autre date : la nuit du mardi 15 au mercredi 16 février.

Quelque chose clochait. Et les fidèles ne mettront pas du temps à s’en rendre compte, d’autant que les deux informations n’avaient pas la même source.

Ce que dit l’islam

La prémière, celle qui a été relayée dans les mosquées émanait du Conseil supérieur des imams(Cosim). Le communiqué de la télévision provenait, quant à lui, du Conseil national islamique(Cni) dirigé par Koné Idriss Koudous. Le Cosim, c’est la plus haute instance de la communauté. Elle regroupe plus de 80% des imams. A ce titre, c’est elle qui, à la veille de chaque fête musulmane, réunit les autres organisations comme le Conseil supérieur des imams sunnites(Codis), ou le Haut-conseil de l’imamat ou des oulémas(Hcio) afin de déterminer la date à communiquer à l’ensemble des musulmans et aux autorités. Le maoulid est célébré dans la nuit du 11e au 12e jour de Rabial-awal, 3e mois du calendrier lunaire. Selon les prévisions, le 1er jour de ce mois correspondait au vendredi 4 février, et le 11e jour, le lundi 14 février. Le calendrier prévoyait donc le maoulid dans la nuit du lundi au mardi. Mais chez les musulmans, les prévisions du calendrier sont uniquement indicatives. Pour apprécier le début de chaque mois, les textes de l’islam recommandent aux communautés l’observation du croissant lunaire dans leur sphère géographique. D’où la notion de calendrier lunaire. Ce qui explique d’ailleurs le suspense auquel les Ivoiriens, musulmans ou non, ont été habitués à la veille de chaque fête musulmane. Sur la base de l’observation du croissant lunaire et après la concertation habituelle, les imams de Côte d’Ivoire ont déclaré le samedi 5 février 1er jour du mois de Rabial-awal. Sur la même base, la nuit du mardi 15 au mercredi 16 février a été décrétée nuit du maoulid. Il est bon de signaler à ce niveau que le maoulid n’est pas célébré par tous les musulmans. Les musulmans communément appelés sunnites ne le fêtent pas au motif que qu’il n’a pas été institué par le prophète Mohamed. Ceux qui célèbrent le maoulid estiment par contre que la commémoration d’une naissance n’est pas contraire aux principes islamiques, de surcroit la naissance du prophète d’Allah. Mieux, ils sont con­vaincus qu’il est méritoire de mettre l’occasion à profit pour revisiter la vie du messager et s’inspirer de ses vertus. Cette divergence, tout comme bien d’autres, reste un détail qui n’entame en rien l’unité des musulmans autour des fondamentaux de leur religion. Mais le rappel était nécessaire pour expliquer la non- participation des guides sunnites ivoiriens à la fixation de la date du maoulid. Tout en fixant la date, le Cosim a aussi recommandé, pour cette année, une célébration sobre. En raison de la tension socio-politique, les imams ont renoncé à la l’organisation de la cérémonie officielle qui les réunit chaque nuit de maoulid à la mosquée de la Riviera Golf. De même, ils ont appelé les familles à fêter chez elles. Les mosquées qui tenaient à organiser des cérémonies ont été invitées à le faire dans la journée. Des communiqués ont été diffusés à cet effet sur les antennes de la radio islamique Al Bayane. Contre toute attente, les medias publics n’ont pas voulu relayer ce message. Ils ont plutôt choisi de diffuser un communiqué du Cni qui s’est démarqué de la décision officielle, optant pour la date du 14 au 15 février. Ce qui explique qu’il a été seul à fêter le maoulid cette nuit-là, à la mosquée Bilal de Yopougon. Les musulmans, restés fidèles à leurs imams, ont attendu mardi, pour organiser des séances de prêche. Le gouvernement illégitime s’est référé aux rebelles et a fixé le jour férié prévu le lendemain du Maoulid en tenant compte de leur date. Quant au gouvernement du président choisi dans les urnes par les Ivoiriens à 54,10% le 28 novembre 2010, il a décrété son jour férié en tenant compte de la date arrêtée par la voie officielle et légitime de la communauté musulmane.

Cissé Sindou


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