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Participation ivoirienne au CHAN 2011: Comment la débâcle des Eléphant a été programmée
Publié le jeudi 17 fevrier 2011   |  Le Patriote


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© Reuters


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La sélection nationale de Côte d'Ivoire est une fois de plus restée à quai. Face aux Lions Indomptables du Cameroun, le lundi 14 février dernier au stade d'Al Merreikh à Omdurman (Khartoum), les Eléphants n'avaient besoin que d'une victoire pour se qualifier au moment où le Mali accrochait la RD Congo (1-1).

Mais à l'arrivée, ils sont inclinés par deux buts de différence. Un résultat qui met fin au parcours ivoirien dans cette deuxième édition du Championnat d'Afrique des Nations (CHAN) au Soudan. Si la bande au sélectionneur Kouadio Georges a réussi le pari d'engranger trois points et donc de déserter la dernière place occupée à domicile lors de la première édition, il faut tout de même
reconnaître que dans ce tournoi il y avait de la place pour mieux faire. Mais qu'est-ce qui a pu se passer pour que les Eléphants s'arrêtent en si bon chemin après un excellent début face au Mali (2-0) ? Un retour, un mois plutôt, permet de situer les responsabilités de cette déconvenue en terre soudanaise. Des responsabilités partagées par toutes les parties prenantes (Etat, fédération,
staff technique).


Une élimination fabriquée de toutes pièces

Pouvait-on attendre mieux de cette équipe à ce CHAN 2011? Finaliste du tournoi de la CECAFA en Tanzanie en décembre dernier, la sélection ivoirienne avait de très bonnes raisons de croire en une bonne participation au CHAN soudanais. Kouadio Georges et ses enfants se fixaient pour objectif de disputer les demi-finales. Cette volonté affichée a buté sur les réalités ivoiriennes.
Revenus au pays avec leur médaille d'argent accroché au cou, les Eléphants n'ont jamais eu de préparation. La Ligue 1 de football n'ayant pas encore débuté, les clubs ont préféré repousser la date de la reprise. Du coup, les joueurs susceptibles d'intégrer la sélection ne sont pas en condition physique optimale. Le tournoi des «Africains» organisé par la Ligue professionnelle pour
permettre aux clubs engagés en compétitions africaines n'aura pas suffi. Le sélectionneur national, Kouadio Georges, de son côté, n'a eu que pour seul moment de travail avec son groupe que la veille de son départ pour le Soudan.

C'est dans de telles conditions que cette sélection qui aspire à jouer les premiers rôles dans une compétition qui regroupe les seize meilleures nations de football du continent s'est rendue dans la capitale soudanaise. Dans une telle situation, seul un miracle pouvait sauver les Eléphants. Et comme le sport est loin d'être un jeu de cartes, la Côte d'Ivoire ne pouvait pas mieux espérer
que ce qu'elle a eu. Passé le premier tour aurait été un véritable exploit. Et comme les victoires ne se décrètent pas en sport, la réalité du terrain a été fatale à la sélection ivoirienne. Un point positif reste tout de même à saluer.

Derniers à domicile en 2009, les Ivoiriens ont quitté cette humiliante place avec une victoire et une défaite. «Nous n'avons pas fixé d'objectif spécifique à cette formation. Si ce n'est que de nous faire oublier l'humiliation de 2009 à domicile. Elle n'a pas eu de préparation avant de partir. Qu'est-ce qu'on peut demander à une équipe qui ne s'est pas préparée avant un tournoi international ?», s'interrogeait le président de la fédération ivoirienne de football (FIF), Jacques Anouma. A Khartoum donc, tout était mis en place pour favoriser l'échec de la bande à Kouadio Georges. Voir des joueurs qui se cherchent sur un terrain, physiquement émoussés, montre bien que la
compétition était un supplice pour les Eléphants.

La responsabilité coupable de la Fédération

En affirmant que la sélection n'avait pas eu de préparation efficiente, le patron du foot ivoirien savait ce qui attendait pertinemment les Eléphants à Khartoum. Mais là aussi, rien n'a été fait pour éviter cette débâcle. La situation de crise que vit le pays justifie cette défaillance dans le programme établi, a reconnu le patron du football ivoirien. Si on peut le lui concéder, cela ne
saurait expliquer la négligence de la Fédération vis-à-vis de cette sélection nationale locale.

Comment expliquer que ce soit à la veille de son départ pour le Soudan que Kouadio Georges a eu ses premiers échanges avec ses joueurs.

Parce que si on admet que la Fédération a eu de l'argent pour éponger les primes des sélections olympique et senior à Valence (France) en amical contre la formation de Valence et le Mali, on peut aisément penser qu'elle pouvait en faire autant pour la préparation de l'équipe pour le CHAN. Que dire du manager général qui devrait faire une inspection préalable pour choisir aussi bien le site d'entraînement et d'hébergement de l'équipe. Lui aussi n'a pas accompli sa tâche. C'est arrivé à Khartoum que la délégation a bataillé pour enfin s'attraper un hôtel à Garden City. Des choses impensables pour la sélection A, voire olympique. Tous ces faits réunis montrent bien que la
Fédération ne fait pas de cette sélection une priorité, encore moins cette compétition nationale. A partir de cet instant, la Fédération, toujours en première ligne des critiques après les échecs des sélections nationales, pouvait décider du sort de l'équipe dont elle a la charge. En optant pour la non- participation des Eléphants à ce CHAN 2011 pour des problèmes de finances, la
Fédération se serait encore plus grandie et éviter une autre humiliation à la Côte d'Ivoire. Mais non ! Elle a opté pour le suicide. Et le résultat est sans suite.

Il lui revient d'assumer cette autre déconvenue car elle savait plus que quiconque que seule la volonté ne suffirait pas à faire un bon résultat dans une compétition de haut niveau.

Quid de Kouadio Georges ?

Kouadio Georges n'est certes pas exempt de tout reproche, mais que pouvait-il faire ? Non seulement, il perd trois éléments essentiels, le défenseur Wawa Serge et les attaquants Kipré Tchétché et Dion Sédé Marc, mais il devait faire face aux problèmes de primes de ses joueurs. Tous les observateurs s'accordent sur la qualité du jeu produit par les Eléphants à cette deuxième
édition du CHAN. Un jeu plaisant qui malheureusement n'a pas eu raison de leurs adversaires. Sur le plan technique, Kouadio Georges et son staff ont joué leur partition. Même les joueurs. Avec un peu plus d'attention, les Eléphants auraient pu connaître meilleur sort. Et si c'est un crime de voir Kouadio Georges triomphé, tout est mis en jeu pour son échec. La délégation s'est
envolée au Soudan sans frais de mission et primes.

Ils ont tous été délaissés.Ce refus de payer les primes des équipes de Kouadio Georges ne date pas d'aujourd'hui. Même les primes des qualifications du CHAN, des tournois de l'UEMOA et de CECAFA 2010 ne sont toujours pas réglées. Si pour les Jeux Olympiques 2008, les techniciens expatriés ont été épongés, ce n'est pas le cas des nationaux qui étaient dans le staff. La galère de cette sélection nationale dirigée par Kouadio Georges est en phase de devenir une institution.
Mais si l'Etat ne fait pas face aux charges de la sélection nationale, c'est tout simplement parce que la Fédération n'en fait pas une priorité. Ce qui se passe avec les sélections coachées par Kouadio Georges peut permettre d'affirmer sans se tromper que le président Jacques Anouma et son équipe sont en train de pousser le technicien à la sortie. Car, rien ne justifie la négligence dont est victime l'équipe nationale locale.

(OUATTARA Gaoussou, Envoyé spécial à Khartoum)


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