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En Côte d`Ivoire, le viol comme arme de guerre civile
Publié le jeudi 3 mars 2011   |  Rue89




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Alors que les hommes se disputent violemment le pouvoir, les femmes pâtissent discrètement du conflit. En Côte d'Ivoire, pays déchiré entre pro-Ouattara et pro-Gbagbo, le viol est utilisé comme arme de guerre. Gaëtan Mootoo et Salvatore Saguès, deux chercheurs d'Amnesty International en charge de l'Afrique de l'Ouest, ont enquêté sur le sujet.

Dans un camp comme dans l'autre, on profite de l'escalade de violence pour détruire les populations, moralement comme physiquement. Le but ? Affaiblir le camp adversaire. Salvatore Saguès parle d'humiliation :

« On viole des femmes, des fillettes de 5-6 ans aux vieilles dames de 60 ou 70 ans. Et le fait que des femmes de tout âge soient victimes de ce genre d'actes montre bien qu'il y a une volonté de rabaisser la femme et la communauté dans son ensemble. »

Gaëtan Mootoo insiste sur le fait que les femmes sont victimes de violences sexuelles par les deux parties :

« A la fois du groupe d'opposition armé les membres des Forces nouvelles et des membres des Forces de défense et de sécurité loyales au Président sortant Laurent Gbagbo. »

Les premiers soutiennent Alassane Ouattara, qui a été internationalement reconnu comme le vainqueur de l'élection présidentielle ; les seconds sont partisans de Laurent Gbagbo, le Président sortant qui refuse de reconnaître les résultats entérinés par l'ONU.

« Ils se sont jetés sur moi. Ils m'ont tous violée à tour de rôle »

Les deux chercheurs ont recueilli des témoignages de ces femmes, agressées par l'un ou l'autre des groupes. Les récits qui suivent ont été publiés dans un pré-rapport d'Amnesty International.

L'une raconte que le 19 décembre 2010, des hommes ont fait irruption chez elle au milieu de la nuit :

« Ils sont rentrés, ils étaient huit : quatre en civil et quatre au corps habillé, en treillis foncé et cagoulés. Deux ont emmené mon mari dehors et six sont venus vers moi. Ils m'ont demandé de me déshabiller et je ne l'ai pas fait alors ils se sont jetés sur moi. Ils m'ont tous violée à tour de rôle.

Ils ont jeté les enfants par terre. Les enfants pleuraient. Moi je criais. [...]

Puis ils sont partis, et j'ai trouvé mon mari couché dehors sur le ventre. Il était mort. Les gens qui m'ont violée m'ont dit que si je voulais me plaindre, je n'avais qu'à aller voir ADO [Alassane Dramane Ouattara, ndlr]. »

Une autre, une jeune fille de 15 ans
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