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Politique

Malgré ses réticences, la France aspirée par le conflit intérieur ivoirien
Publié le lundi 4 avril 2011   |  AFP


French
© Getty Images
French riot police block Rue de Clignancourt, a street in Paris, as supporters of Ivory Coast incumbent leader Laurent Gbagbo protest to demand the release of comrades who were arrested in the city earlier in the day, on April 3 2011, after demonstrating against French policy in its former colony.


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PARIS - Renforçant considérablement son dispositif militaire en Côte d`Ivoire, la France est contrainte à une implication majeure dans le conflit inter-ivoirien, avec l`assentiment du camp Ouattara mais sous les critiques du camp Gbagbo qui l`accuse d`être une force d`occupation.
"Les forces françaises n`agissent qu`en soutien de la Mission de l`ONU en
Côte d`Ivoire", répètent à l`envi à Paris les autorités françaises.
En quelques jours, le déploiement militaire français a toutefois presque
doublé: de 900 hommes, il est passé en début de semaine à environ 1.650 hommes.
La force française Licorne a pris dimanche le contrôle de l`aéroport
d`Abidjan, suppléant la Mission de l`ONU en Côte d`Ivoire (Onuci) que Paris
appelle depuis plusieurs semaines à jouer un rôle plus efficace. Cette
dernière est composée de quelque 10.000 membres, policiers et militaires.
Des Casques bleus de l`Onuci avaient pris dès jeudi la direction de cette
plateforme stratégique, alors que les combats redoublaient entre les
combattants d`Alassane Ouattara, reconnu internationalement comme le nouveau
président de Côte d`Ivoire, et ceux de Laurent Gbagbo, chef d`Etat sortant
refusant de quitter ses fonctions.
Interrogé lundi par l`AFP pour savoir si les accords de défense
franco-ivoiriens permettaient une plus grande implication encore de la France,
le ministère français des Affaires étrangères a rétorqué que "les forces
françaises en Côte d`Ivoire n`intervenaient pas sur la base d`un accord
bilatéral".
"Les forces françaises en Côte d`Ivoire ont une mission de soutien à
l`Onuci, conformément à plusieurs résolutions du Conseil de sécurité des
Nations unies et encore récemment réaffirmée dans la résolution 1975 adoptée
le 30 mars", a martelé le porte-parole du ministère, Bernard Valero.
Confronté à une résistance inattendue des troupes fidèles à Laurent Gbagbo,
le camp d`Alassane Ouattara a réclamé ce week-end une "forte implication de la
France" et de l`ONU. "Il y a des accords de défense entre la Côte d`Ivoire et
la France, nous pouvons invoquer ces accords. Alassane Ouattara pourrait
demander que la France intervienne plus massivement", a déclaré Ally
Coulibaly, son ambassadeur à Paris.
Dans le même temps, toujours à Paris, Toussaint Alain, un conseiller de
Laurent Gbagbo, accusait Licorne d`agir en Côte d`Ivoire "comme une armée
d`occupation en dehors de tout mandat" de l`ONU. Et la télévision d`Etat RTI,
contrôlée par Laurent Gbagbo, a affirmé que les forces armées fidèles au
président sortant "assuraient la sécurité des Français vivant en Côte
d`Ivoire".
L`ancienne puissance coloniale, qui a réduit ces dernières années sa
présence militaire en Côte d`Ivoire tout en y assurant la continuité de ses
importants intérêts économiques, cherche à rester à l`écart des combats sur le
terrain.
L`évocation de possibles exactions du camp Ouattara ne devrait pas
l`inciter à changer de posture. Paris réclame "une transition la plus
pacifique possible" et justifie son action militaire par la protection des
ressortissants français et étrangers.
Les relations entre la France et la Côte d`Ivoire s`étaient nettement
dégradées depuis l`arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en 2000.
La tension avait atteint son paroxysme en novembre 2004, avec un
bombardement de l`aviation ivoirienne causant la mort de 9 soldats français à
Bouaké (centre), des affrontements entre armée française et manifestants
ivoiriens à Abidjan faisant 57 victimes ivoiriennes, et le départ précipité de
près de 8.000 ressortissants français.
A Abidjan lundi, les militaires de la force Licorne regroupaient les
Français "sur une base volontaire" en trois lieux de la ville. Pour leur
sécurité et sans envisager pour l`instant d`évacuation générale.

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