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Côte d`Ivoire: juste avant la chute, Gbagbo refuse de reconnaître sa défaite
Publié le mardi 5 avril 2011   |  AFP


Interview
© Autre presse
Interview exclusive de Laurent Gbagbo


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ABIDJAN - Le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo refusait toujours mercredi matin de reconnaître sa défaite malgré l`écroulement de son régime et la demande de cessez-le-feu de son armée, sonnée par des frappes de la France et de l`ONU avant l`avancée des forces d`Alassane Ouattara.
Mais le chef de la diplomatie française, Alain Juppé, a déclaré que les
"conditions" du départ de Laurent Gbabgo sont "la seule chose qui reste à
négocier".
Alors que la France et l`ONU exigent qu`il signe un document dans lequel il
renonce au pouvoir et reconnaît son rival comme président, M. Gbagbo a averti
qu`il n`en était pas question.
"Je ne reconnais pas la victoire de Ouattara. Pourquoi voulez-vous que je
signe ça ?", a-t-il lancé mardi soir lors d`un entretien sur la chaîne
française LCI.
"Nous avons demandé à l`ONU de lui garantir son intégrité physique, ainsi
qu`à sa famille (...) et d`organiser les conditions de son départ. C`est la
seule chose qui reste à négocier désormais", a affirmé Alain Juppé à la radio
française France Info.
Interrogé sur un éventuel exil en Mauritanie, il a répondu: "Je n`ai pas
d`indication là-dessus".
"J`espére que la persuasion va finir par l`emporter et qu`on évitera de
reprendre des opérations militaires", a ajouté le ministre, en dénonçant un
"entêtetement absurde". "Gbagbo n`a désormais plus aucune perspective, tout le
monde l`a lâché".
"Nous allons poursuivre avec l`ONU qui est à la manoeuvre les pressions
pour qu`il accepte de reconnaître la réalité". "C`est l`Onu qui négocie et qui
lui demande de respecter les résolutions du Conseil de sécurité, c`est-à-dire
d`admettre sa défaite", a-t-il rappelé.
M. Juppé a enfin indiqué n`avoir "aucune revendication" et "pas de piste"
pour les quatre personnes enlevées lundi à Abidjan, dont deux Français.
Après des jours de combats à l`arme lourde qui ont fait des "dizaines de
morts" à Abidjan selon l`ONU, et une sanglante crise post-électorale de quatre
mois, les armes se sont quasiment tues dans la métropole ivoirienne.
Les habitants, dans leur immense majorité terrés chez eux, restaient
suspendus à l`annonce de la fin de l`ère Gbagbo.
"Retranché" d`après les Nations unies dans un "bunker" au sous-sol de sa
résidence, vers laquelle avaient convergé mardi matin les combattants du
président reconnu par la communauté internationale Alassane Ouattara, Laurent
Gbagbo s`obstinait.
"Je trouve absolument ahurissant que la vie d`un pays se joue sur un coup
de poker de capitales étrangères", a-t-il lâché.
Selon une source proche du dossier, une pierre d`achoppement était la
destination de M. Gbagbo: restera-t-il sur ses terres ou ce nationaliste
farouche sera-t-il contraint à l`exil?
Les bombardements sur l`armement lourd des forces pro-Gbagbo avaient
précipité l`effondrement de son régime, après plus d`une décennie de pouvoir
et huit jours d`une offensive éclair des forces pro-Ouattara, venues du Nord.
Le chef d`état-major de l`armée loyale à M. Gbagbo, le général Philippe
Mangou, a déclaré à l`AFP que ses troupes avaient "demandé au général
commandant l`Onuci un cessez-le-feu". "Nous avons arrêté les combats", a-t-il
ajouté.
L`ex-opposant au "père de la Nation" Félix Houphouët-Boigny, devenu
président en 2000 lors d`un scrutin déjà contesté, n`a jamais reconnu sa
défaite à la présidentielle du 28 novembre 2010, un vote pourtant certifié par
l`ONU. Il a toujours refusé d`abdiquer ou de partir en exil.
Mais la résistance acharnée de ses troupes à Abidjan, qui comptait avant la
crise environ 5 millions d`habitants, a plongé la ville dans le chaos.
Le Haut commissariat de l`ONU aux droits de l`Homme a fait état de
"dizaines de morts" ces derniers jours dans des combats à l`arme lourde.
La situation humanitaire "est devenue absolument dramatique à Abidjan",
selon le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies.
L`ONU a estimé à "plusieurs centaines" le nombre de personnes qui ont péri
dans des massacres la semaine dernière à Duékoué, dans l`Ouest.

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