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Sans généraux ni armée : Gbagbo continue de bluffer…
Publié le mercredi 6 avril 2011   |  Ivoire-Presse


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© Reuters



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Après avoir obtenu en pleurnichant l’arrêt des combats, Laurent Gbagbo négocie une sortie qui lui permettrait d’aller directement à La Haye sans passer par la reconnaissance de la victoire du Dr Alassane Ouattara. Ainsi donc, pour ses partisans, il restera celui qui a réussi à tenir tête aux grandes puissances et aux Nations unies, le génie politique dont le monde entier était jaloux. En réalité, l’homme n’a jamais été qu’un piètre politicien doublé d’un incapable. La preuve, aujourd’hui, ses généraux l’ont abandonné, il n’a même plus d’armée, mais il continue de bluffer.

L’ancien président Laurent Gbagbo est décidé à faire payer leurs choix électoraux aux Ivoiriens. Parce qu’ils ont voté contre lui, il a acheté des armes et engagé des mercenaires pour les massacrer. Lors de son coup d’état militaro-civil contre feu le général Robert Guéi, en 2000, il s’était déjà installé dans le sang. Ensuite, tout le long de son mandat élastique, il a fait couler le sang. Enfin, lorsque le verdict des urnes est tombé, il a encore pris quatre mois dans la vie des Ivoiriens, en leur servant en contrepartie des charniers humains. Hier mardi, alors que les derniers généraux qui lui étaient restés fidèles le lâchaient, Gbagbo demanda à négocier. Mais c’était juste le temps de prendre une bouffée d’oxygène, faire arrêter les combats, pour reprendre son cinéma.

A peine quelques heures de combat ont suffi aux Forces républicaines pour prendre le dessus sur les soldats, mercenaires et miliciens de Gbagbo. L’offensive lancée lundi 4 avril 2011, en début d’après-midi a été fulgurante. Le navire Gbagbo a pris l’eau de toutes parts, et les rats l’ont abandonné. Les généraux se sont réfugiés à l’Onuci, quand Alcide Djédjé s’est retrouvé à la résidence de l’ambassadeur de France. Le général Philippe Mangou dépose alors les armes. Défiguré par les coups de massue assénés par un adversaire trop puissant, Gbagbo demande à négocier et laisse croire qu’il souhaite se rendre en échange de la protection de l’Onuci. La rumeur de sa reddition est même relayée par la chaîne de télévision française iTélé, arrachant des cris de joie aux Ivoiriens fatigués de tant de souffrance.

L’annonce de la reddition par la presse est immédiatement contredite par la présidence de la République de Côte d’Ivoire qui dit ne pas en être informée. Le serpent redécouvert malgré sa mue, l’agitation regagne le camp du mauvais perdant. Qui a pris une bouffée d’oxygène, et qui commence par renier ses « renégats ». Gbagbo et les siens ne se reconnaissent ni dans les déclarations de Mangou, ni dans les affirmations de Alcide Djédjé. « Gbagbo ne démissionnera pas », déclare l’ex-ancien nouveau porte-parole personnel attitré de Gbagbo en France. Alain Toussaint, c’est son nom, est le seul « vrai Ivoirien » qui aime tellement son pays qu’il n’a pas l’intention de revenir à cause de sa nationalité française. A Cocody, quelques miliciens en treillis sautent dans une voiture et se mettent à menacer les habitants de la cité Sogefiha en tirant en l’air. « Nous ne reconnaissons pas ce que racontent ces traîtres », disent-ils en substance en poursuivant leur rodéo dans les rues du quartier. Caché dans son trou, tel un rat, Gbagbo a la force de déclarer à des journalistes français qu’il n’a jamais signé de reddition, et qu’il ne reconnaît pas la victoire du Dr Alassane Ouattara. A Koumassi Sicogi, un groupe de « jeunes patriotes » met le feu à des véhicules appartenant à un groupe d’entrepreneurs. A Cocody Angré, un autre groupe se livre à des scènes de pillage. Bref, malgré qu’il soit complètement sonné à terre, Gbagbo a la force d’insulter le peuple ivoirien.

La stratégie de Gbagbo consiste à appliquer à chaque fois, une variante de la formule « on gagne ou on gagne ». Au début, c’était soit il gagne honnêtement les élections, soit il triche pour inverser les résultats. Ensuite, l’échec étant flagrant, il fallait faire payer leurs suffrages aux Ivoiriens, soit en les massacrant, soit en les affamant. Il les massacre en demandant aux mercenaires et autres miliciens de tirer à vue lors des manifestations de rue visant à dénoncer sa tentative de hold-up électoral. Ensuite, en demandant à ses chiens de guerre de tirer des obus à l’aveuglette sur Abobo, la commune la plus peuplée de Côte d’Ivoire. Enfin, il distribue des armes, dans les quartiers, à sa milice tribale des jeunes patriotes en leur confiant pour mission de susciter la guerre civile en tirant sur les passants et en incendiant les mosquées. D’importants stocks d’armes de guerre ont été découverts un peu partout à Abidjan, à San Pedro, à Daloa ou encore à Yamoussoukro. Mais les miliciens Guéré et libériens ont eu le temps de mitrailler tous les pauvres hères qu’ils rencontraient sur leur chemin, dans leur fuite pour échapper aux vaillantes Forces républicaines à Duékoué, Bloléquin, Guiglo, Doké, etc. Il s’agit encore et toujours du même phénomène Gbagbo.

Haine tribale, religieuse, raciale, crimes abjects impunis, désinformation, manipulation… Pendant une décennie, c’est le plat que Laurent Gbagbo a servi aux Ivoiriens. La série continuera si sa reddition est mal gérée. En effet, si l’Onuci ou la France lui font simplement signer un bout de papier et le soustraient aux yeux des cameras pour l’envoyer directement à La Haye, il ira parader dans les boxes comme Milosevic, faisant le malin en refusant de parler quand cela lui chantera. Chacune des ses sorties sera accueillie par des clameurs de joie par ses partisans, et ses « jeunes patriotes » continueront d’empoisonner l’air aux Ivoiriens en posant des actes violents pour exiger sa libération. La justice internationale étant ce qu’elle est, le procès de Gbagbo pourrait ainsi trainer en longueur tout le long du mandat du Président Ouattara. Avec l’aide de ses amis du PS français ou de l’Internationale socialiste qui n’ont aucun intérêt à ce que leurs noms soient cités dans des affaires de crimes contre l’humanité, il faut être sûrs que la Cour pénale internationale contribuera à la création du mythe du woody de Mama, le « garçon Noir debout », celui qui aura réussi à résister à la communauté nationale, aux organisations sous-régionales, aux organisations internationales, à la France, aux puissants Etats-unis d’Amérique, au Japon, et à l’ONU à la fois. Vous avez dit Gbagbo ?

Dozo Woulé
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