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Cas du "Général IB": Le Président de la République dans un gros dilemme
Publié le vendredi 22 avril 2011   |  Soir Info


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© Getty Images par DR
Chef du Commando invisible d`Abobo : le Général Ibrahima Coulibaly "IB" face à la presse
Mardi 19 avril 2011. Abidjan, Abobo-gare. Le chef du "Commando invisible", le général IB reçoit la presse dans son QG de PK 18


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Ce qu’il pourrait convenir d’appeler le cas « Général IB », est, il faut le reconnaître, un véritable nœud gordien, un dilemme pour le Président de la République Alassane Ouattara. Si ce n’est un écheveau, qu’il sera difficile à démêler. Un problème « IB » qui dure depuis le changement du régime Bédié, le 24 décembre 1999 et dont le cas de figure présent, oblige le Chef de l’Etat à hériter. Et pour cause. On se souvient, en effet, que le 24 décembre 1999, un putsch mené par de « jeunes gens » (appellation des soldats), avait contraint le Chef de l’Etat d’alors, le Président Henri Konan Bédié, à abandonner le pouvoir, pour aller en exil. Et ce coup d’état, le sergent Ibrahim Coulibaly baptisé, plus tard « IB », l’avait revendiqué. Avec lui, ses frères d’armes Wattao, Cherif Ousmane, feu « Zaga-zaga » et bien d’autres. Plus tard, ces derniers tombent en disgrâce avec le Général Robert Guéi
qu’ils avaient porté au pouvoir. Ce dernier les accusant de vouloir le renverser et même le tuer, dans l’affaire dite, « complot du cheval blanc ». Leur vie étant sérieusement menacée, ils prennent la clé des champs. Et alors qu’ils sont hors du pays, advient en 2000, l’avènement du Président Laurent Gbagbo qui bat Guéi Robert dans une élection présidentielle controversée. Et c’est Gbagbo alors, qui se retrouve dans le viseur des soldats en disgrâce. Après une tentative de le renverser en 2001, ils y parviennent plus ou moins en 2002. Et le pays est coupé en deux, avec le grand nord, sous le contrôle des insurgés. Une fois de plus, « IB » revendique le coup de semonce porté à Laurent Gbagbo et exige de ses compagnons, la place de patron qu’il dit lui revenir de droit. Pas question, rétorquent Wattao, Chérif Ousmane et d’autres qui ne lui reconnaissent pas la paternité de l’émiettement du pouvoir de Gbagbo.
Eux ne reconnaissent qu’un seul chef : Soro Guillaume. Soro qui alors que personne ne s’affichait, a eu le courage de se présenter au grand jour et annoncer à la face du monde entier qu’il est bien le meneur de l’insurrection plus ou moins dommageable à Gbagbo. Cette fois, « IB » est mis sous l’éteignoir. Il plie bagages et disparaît, pour des raisons de sécurité, avance-t-on de son côté. Ses ex-compagnons étant accusés d’organiser une purge dans ses rangs à lui. C’est la déchirure totale et une guerre à distance entre les frères d’armes d’hier. Et plus tard, pendant que « IB » connaît des ennuis judiciaires, les autres s’établissent définitivement. On en est donc à oublier le « tombeur de Bédié », lorsqu’éclate la crise post-électorale née du bras de fer Gbagbo-Alassane Ouattara. Le second cité reconnu comme vainqueur de l’élection présidentielle par la Cei (Commission électorale indépendante)
et adoubé par la communauté internationale. Une crise post-électorale, avec une grosse surprise. L’avènement du fameux commando invisible, qui a pris la grande commune d’Abobo. Abobo qui a servi de véritables sables mouvants aux Forces de défense et de sécurité qui y ont connu bien de périls.
Surprise générale
Et une fois de plus, à la surprise de tous, « IB » apparaît en Seigneur à Abobo et s’affiche comme le patron du commando invisible. Les charges qu’il lance avec ses troupes, affaiblissent sérieusement l’armée de Gbagbo qui a dû mal à déloger ces guerriers. L’objectif de ses hommes est clairement défini : chasser Gbagbo du pouvoir. Couper du grand nord qu’il ne contrôle pas depuis des lustres, acculé dans sa zone où il perd Abobo et où « IB » et ses éléments opèrent un gros travail de sape, Gbagbo et l’armée qui lui est fidèle, sont sérieusement ébranlés. Puis, l’estocade est portée au Woody, avec l’entrée en action des Frci ( Forces républicaines de Côte d’Ivoire) du Président Alassane et des forces impartiales. Le lundi 11 avril 2011, Gbagbo est arrêté. « IB », on le voit, n’est pas en reste, dans le renversement de l’ex-Chef d’Etat. Le mardi 19 avril, dans son antre d’Abobo, « IB » qui
revendique désormais le grade de Général avec 3 étoiles, tient une conférence de presse. Il affirme sa joie d’avoir aidé à chasser Gbagbo du pouvoir et se tient à la disposition du Président Alassane Ouattara. Mais vraisemblablement, l’appel d’Ibrahim Coulibaly n’est pas entendu. L’homme qui dit régner en maître absolu à Abobo et sur une bonne partie de Yopougon, voit ses positions attaquées dans la soirée du mercredi 20 avril. Et c’est sans hésiter, qu’il accuse les Frci, forces pro-Ouattara qu’il devrait justement sans doute intégrer. Ces dernières par la voix de Méité Sindou, porte-parole du Premier Ministre Soro Guillaume, ne le nient pas. A en croire donc Méité, une date a été donnée à « IB » pour tenir sa parole de se mettre à la disposition du Chef de l’Etat. Et par conséquent, il n’avait pas à tenir des positions, dès lors que justement, il explique qu’il fait allégeance au Président
Ouattara. S’il tient donc des positions, c’est qu’il se rebelle et doit donc être traité comme tel. Avec cet assaut, doublé d’une divergence de vues, le décor de la déchirure entre les Frci et « IB » est donc planté. Là se situe véritablement, un autre point d’encrage de la problématique pour le Président de la République. En effet, avec des combattants pro-Gbagbo qui, jusque-là, ne veulent faire aucune reddition à Yopougon, c’est assurément un danger pour la paix totale. Si à cela encore, il faut ajouter le cas non résorbé de « IB », ça va en faire un peu trop.
Le gros dilemme
C’est pourquoi, pendant que ses hommes se battent à déloger les miliciens, il importe pour le Chef de l’Etat, d’avoir avec lui, une force de plus qui est « IB ». Parce que l’homme a un gros contingent de combattants qui ont largement démontré leur force de frappe dans l’affaiblissement du pouvoir Gbagbo. « IB », c’est donc quand même une armée de soldats rompus à la tâche. Mais alors, si le Chef de l’Etat réussit à ramener à lui véritablement, ce puissant chef de guerre, a-t-il pour autant résolu le problème ? Parce que, quelle cohabitation « IB » avec le groupe à Wattao et même le Premier Ministre Soro Guillaume, avec lesquels, il entretient une inimité assez claire ? Wattao et « IB » n’ayant pas hésité à se décocher des flèches à travers la presse. Et également pour Soro, « Ib » n’est certainement pas le bienvenu. Les deux hommes ont un vieux contentieux non encore vidé. Contentieux né de la
revendication de la tête de l’ex-rébellion depuis 2002. Et cela est clairement expliqué par la voix du porte-parole du Premier Ministre qui soutient que « IB » n’a pas à tenir des positions à Yopougon et à Abobo, où celles-ci ont, du reste, été attaquées par les Frci. Et de plus, si le Président Alassane Ouattara réussissait en habile politicien, à attirer « IB » dans son escarcelle », l’acceptera-t-il pour autant dans son armée, avec le grade de « Général 3 étoiles », que Ibrahim Coulibaly veut qu’on lui reconnaisse ? « IB » soutient du reste mordicus le mériter depuis qu’il dit avoir mis en déroute à Abobo, les hommes de Mangou et de Kassaraté qui sont eux, des Généraux 4 étoiles. Et si d’aventure, les galons de « IB » lui sont reconnus par le Chef de l’Etat, que fera alors ce dernier pour Wattao, Chérif Ousmane, Morou, Vétcho et même Soumaïla Bakayoko, des fidèles parmi les fidèles qui n’ont
pas moins de mérite. Ils ont démontré et prouvé qu’ils ont des hommes et sont des combattants aux hauts faits d’armes. N’ont-ils pas eux aussi fait partir Gbagbo du pouvoir, pour permettre à Alassane Ouattara d’être pleinement installé dans son fauteuil présidentiel ? Alors, le Chef de l’Etat va-t-il les laisser ainsi avec leurs grades actuels de simples commandants et permettre que « IB » soit flanqué de ses 3 étoiles de Général auxquelles il tient ? Assurément, avec tous ces cas de figures, le Président de la République se trouve dans un gros dilemme avec Ibrahim Coulibaly. Mais n’appelle-t-on pas le Chef de l’Etat, « Ado solutions » ? C’est donc clair, que l’homme doit avoir sa botte sécrète, pour se tirer d’affaire, dans ce dilemme. Attendons donc de voir.
KIKIE Ahou Nazaire


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