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Contribution : Le député Adjoumani avertit : « L’euphorie de la victoire ne doit pas faire oublier le drame que nous avons vécu »
Publié le samedi 23 avril 2011   |  Le Patriote




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Depuis la chute du dictateur Laurent Koudou Gbagbo et de son régime le 11 avril dernier, on assiste à une cascade de ralliements et non de redditions. La nuance est subtile mais ne peut occulter la réalité de la nouvelle situation. Car, bien que nous ayons obtenu la victoire de haute lutte dans les urnes de la souveraineté, les refondateurs nous ont obligés à la confirmer par les armes. Hélas !
Vaincu, le regard hagard et l’air hébété, le boulanger d’Abidjan a eu, quand même, le courage surhumain, pour lui, de déclarer à l’endroit des siens que tout est fini, de déposer les armes. En somme, il demande se soumettre aux nouvelles autorités, principalement au président Alassane Ouattara, l’homme qui s’est refusé à marcher sur son corps pour accéder au palais de commandement. Suite à cette reddition en bonne et due forme, les barons de la refondation sanguinaire, irresponsable et incompétente pour gérer un Etat moderne, sortent jour après jour de leurs tanières. Manque d’humilité ou refus d’admettre la saine réalité des choses, les vaincus de l’élection présidentielle et de la guerre fratricide qu’ils ont imposée, déclarent fièrement à qui veut les entendre, qu’ils rallient le président élu pour prendre part à la réconciliation préconisée et apporter leur pierre à la construction de l’édifice national. Que de bonnes intentions soudaines pour des hommes et femmes qui nous ont habitués, jusqu’à hier, à les craindre et subir leurs comportements incivils et leur arrogance pendant dix longues années de cauchemar et d’intolérance.
De Dogbo Blé à Affi Nguessan en passant par les généraux qui ont trainé les pieds, pour aboutir à l’infalsifiable Fologo, tous déclarent, la main sur le cœur, qu’ils se rallient au président Alassane Ouattara, l’homme qu’ils ne voyaient dans leurs rêves qu’en position horizontale. Depuis le début de la campagne électorale qui le conduira à l’honoris cursum en le propulsant premier magistrat du pays, le Docteur Alassane Ouattara n’a eu de cesse de répéter qu’il réconciliera les ivoiriens s’il venait à être élu. Mieux, avant et après son élection à la magistrature suprême, n’a-t-il pas soutenu qu’il associera tous les fils et toutes les filles de Côte d’Ivoire à l’œuvre de reconstruction, sans discrimination aucune ? Naturellement, les refondateurs, fidèles à leurs habitudes, se moquaient de son credo, aveuglés par leur sectarisme consubstantiel. Cet esprit maléfique des refondateurs, m’emmène, aujourd’hui, à cultiver quelques doutes sur la sincérité des professions de ralliement des barons vaincus. Je ne veux pas jouer à l’oiseau de mauvais augures, parce que je crois fermement en l’homme Alassane Ouattara, en sa politique et en la sincérité de tout ce qu’il dit et fait. Du reste, 54,1% des ivoiriens pensent comme moi. Toutefois, le passé des nouveaux ralliés me pousse à croire qu’Affi Nguessan, Fologo, Dogbo Blé, Giai Bi Poin, Mian Augustin, Magui le Toquart etc., sont des hypocrites qui ne croient pas en ce qu’ils proclament. Quant Mian Augustin qui a dénaturé l’école ivoirienne et endeuillé de nombreuses familles, déclare que les cités universitaires ne sont pas des nids de miliciens ou des caches d’armes, de qui se moque-t-il ? Quand le terrible Dogbo Blé nie sa participation dans les crimes odieux commis contre les femmes aux mains nues d’Abobo, de Treichville et contre les populations de Cocody voire l’attaque avortée de l’Hôtel du Golf, résidence alors obligée du chef de l’Etat et de son doyen Henri Konan Bédié, de qui se moque-t-il ? Magui le tocard, après avoir dansé devant le brasier de ses victimes, peut-il être sincère ?
Bien que vaincu et à résidence surveillée, Affi Nguessan qui trouve une bouée de sauvetage dans les micros et cameras des radios et télévisions françaises qu’il abhorrait hier, a-t-il admis publiquement sa défaite et la victoire incontestable du président Alassane Dramane Ouattara ? Comme les autres, il prétend se rallier au président que le peuple souverain s’est librement donné, comme s’il détenait encore une parcelle d’autorité morale autre que politique. Il offre le minimum en échange de sa vie sauve en laissant croire qu’il est toujours indispensable dans son gît. Lui comme les autres, malgré leurs forfaits, vivent aux frais de la princesse avec le gît et le couvert assurés. Pour narguer les ivoiriens d’Abobo et des autres villes et quartiers victimes de leur barbarie, ils s’offrent même des conférences de presse via téléphone. Jamais aucun d’eux n’a eu l’humilité de demander le pardon des victimes encore ensanglantées ou fraîchement enterrées. Pire, ils se font passer pour des victimes, eux qui ont semé la mort et la désolation au sein des populations de Duékoué, d’Abobo, de Grand Bassam, d’Adzopé, d’Agnibilekrou, de Bondoukou, de Yamoussoukro, etc..
En citoyen respectueux de l’autorité de l’Etat, des hommes et institutions, j’adhère pleinement et sans réserve à la politique de réconciliation du président Alassane Ouattara. Elle est sage et rassure les ivoiriens sur la perpétuité de leur union indissoluble. Homme de parole, je ne doute un seul instant que le chef de l’Etat devenu le père de tous, mettra en œuvre cette politique de paix pour notre bonheur à tous. Néanmoins, je ne puis m’empêcher de m’interroger sur la sincérité des refondateurs. Qu’auraient-ils fait de nous s’ils étaient sortis vainqueurs de leur guerre avec tous les engins de mort à leur disposition ? Auraient-ils tendu une main fraternelle aux vaincus ? Auraient-ils accordé la vie sauve à leurs excellences, les présidents Alassane Dramane Ouattara et Henri Konan Bédié, ainsi qu’à tous les autres pensionnaires de l’Hôtel du Golf ? Que visaient-ils lorsqu’ils ordonnèrent à leurs troupes d’attaquer cet hôtel en sachant que tous les grands leaders le RHDP y séjournaient ? S’il n’y a pas eu de chienlit après l’arrestation de Gbagbo contrairement aux vœux des frontistes et comparses de second acabit, on ne peut dire que ses amis ont eu le profil bas. Ce sont des prisonniers de luxe qui, loin de se repentir, mijotent une revanche impossible afin de punir les ivoiriens qui ont sagement choisi Alassane D. Ouattara pour les guider. Du reste, qu’est-ce qui prouve que dans leur hôtel de luxe du boulevard de Marseille, ces barons du FPI en décadence, ne fomentent-ils pas un coup contre la République ? Est-on sûr qu’ils ne continuent pas de donner des ordres à leurs disciples de Yopougon et d’ailleurs dans l’attente du 33ème jour dont leurs faux prophètes prédisent que leur gourou en résidence surveillée dans le nord du pays, renaitra de ses cendres ?
Certes, nous appuyons sans réserve le président Alassane Ouattara dans toutes ses initiatives de réconciliations; mais qu’il soit bien clair que nous ne sommes pas à la recherche du prix Nobel de la paix, c’est du moins ce que pense l’opinion publique dont nous sommes les interlocuteurs. Car, l’euphorie de la victoire ne doit pas nous faire oublier le drame que nous avons vécu. En d’autres termes, il faut mettre les leaders de LMP, désormais FPI, face à leurs responsabilités historiques, parce qu’ils ont tué, pillé et violé. Il faut les empêcher de se faire passer de bourreaux en victimes et nous en faire vivre un faux complexe de culpabilité. De toute évidence et les connaissant, il est loisible de dire que si Gbagbo et son clan avaient gagné la guerre, il n’y aurait plus de RHDP. Ils nous auraient fait tous passer de vie à trépas, et sans état d’âme, en se moquant de la communauté internationale. Il faut que nous voyions en eux des frères et sœurs égarés, sans doute, mais des criminels qui doivent payer pour leurs crimes. Et le traitement qui leur est réservé, ne doit pas être perçu comme une prime, si nous voulons honorer la mémoire de nos morts, surtout, si nous souhaitons que le cauchemar des dix ans de Gbagbo ne se reproduise jamais plus dans notre pays et nulle part ailleurs.
Le ministre Kobenan
Kouassi Adjoumani
Député à l’Assemblée nationale
Délégué départemental
PDCI-RDA, Tanda I


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