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Société

Ebagnérin Joseph (1er Secrétaire général adjoint de l`Ugtci) : “En plus des fonctionnaires, il faut penser aux travailleurs du privé” "Que plus jamais cela n`arrive dans notre pays"
Publié le jeudi 28 avril 2011   |  Le Nouveau Réveil




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A l'occasion de la commémoration de la fête du travail, l'Union générale des travailleurs de Côte d'Ivoire (Ugtci) à travers son 1er secrétaire général adjoint Ebagnérin Joseph, dans le contexte tout particulier, situe l'enjeu de cette célébration.

Quel sera le message-clé, cette année pour la célébration de ce 1er mai qui se commémore dans un contexte tout particulier de sortie de crise?
La situation socio-politique du pays, le défi sécuritaire commandent qu'on rende un hommage à nos camarades qui sont tombés. Ensuite, le président de la République a lancé un appel qui est qu'on doit se pardonner, oublier afin de nous battre pour recommencer à savoir revivre, et vivre ensemble. Il y a le problème sécuritaire, il ya aussi un problème de relance économique. Il faut savoir que beaucoup d'entreprises ont fermé, des camarades du secteur privé sont sans salaire depuis quelques mois. Les difficultés sont également celles des employés de l'administration, des fonctionnaires et agents de l'Etat. Une promesse est faite pour régulariser leur salaire mais il faut aussi qu'on fasse un clin d'œil aux travailleurs du secteur privé. En plus depuis que le Smig a été émis, on a fait quelques approches mécaniques. Mais pensez-vous qu'avec 36. 607 francs de Smig les gens puissent véritablement vivre? Mais à côté de cela, il y a la reforme de la branche retraite au niveau de la Cnps, le code du travail, la situation d'avancement des salaires

Depuis janvier, l'Ugtci n'a cessé d'appeler à une solution négociée, à un dialogue afin de sortir de manière pacifique de cette crise. Avec le dénouement que l'on sait de la crise, les travailleurs sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut de la crise. Dans quel état d'esprit abordez-vous cette commémoration de la fête du travail ?
Il y a que l'on doit honorer ceux des nôtres qui sont tombés. Mais la difficulté de l'Ugtci, c'est de constater malheureusement que malgré les appels, les suppliques que nous avons dû faire, les déclarations n'ont pas trouvé d'écho favorable. On fait bien plus l'économie d'une guerre par le fait qu'on dialogue. Quoi qu'on fasse, après la guerre, on est obligé de dialoguer. Le président Houphouët qui est le père de la Côte d'Ivoire moderne disait qu'il faut à un moment donné, que certains comprennent qu'"il n'y a pas plus sourd que celui qui refuse d'entendre" parce que les réalités aujourd'hui sont là, elles sont criardes. Les conclusions que nous avons tirées, c'est un désastre parce que ce désastre est à la foi, humain et économique. Mais avec tout ce gâchis, il faut pouvoir se dire que plus jamais cela n'arrive dans notre pays. Donc c'est un 1er mai dans le sens du renouvellement. Il faudrait que demain ce qu'on a connu ne se reproduise plus, il faut que tout le monde se mette au travail. Il faut la persévérance, l'abnégation et la volonté d'y croire.

Où comptez-vous célébrer ce 1er mai cette année?
La situation étant sensible, nous organiserons tous ici avec un meeting. Nous entendons célébrer cette fête dans le recueillement. Nous allons déposer une gerbe au monument aux morts en hommage à nos travailleurs et ensuite déposerons un cahier de doléances aux autorités. Aujourd'hui, les travailleurs sont comme des soldats. Mais ce qu'on retient, si l'autorité nous dit que ce sera sur l'esplanade de la présidence nous y serons, si l'autorité nous dit que sera sur la place du district au Plateau à l'hôtel du district nous y serons. Si elle nous indique que se sera au Golf, nous y serons. Si elle nous invite au stade Houphouët-Boigny, nous prendrons la destination du stade. Nous attendons qu'on nous confirme le lieu et nous y serons.

Par rapport à votre cahier de revendications et vu que nous sortons d'une crise très profonde, allez vous donner un moratoire aux nouvelles autorités pour la satisfaction de vos revendications?
Nous avons en fait la position des enfants vis-à-vis des parents. Quand on réclame, on ne sait pas ce que porte notre père et on ne connait pas la valeur de son portefeuille. Mais on lui dit voilà les soins et lui nous dit ça va être difficile mais s'agissant des engagements que je peux prendre, voilà comment je compte les régler avec vous. On est partant pour tous les moratoires pourvu que véritablement, en face, on respecte les engagements qu'on prend. C'est un peu le fait de différer l'exécution d'un certain nombre d'accords qui a créé la nébuleuse mais si nous sommes en face d'une autorité qui nous dit voilà le moratoire, voila le chronogramme, nous n'avons aucun problème. Je pense que c'est dans ce cadre là qu'on gérera l'ensemble de nos attentes, ça sera beaucoup plus facile parce qu'il y a beaucoup trop de choses à faire en même temps.

Quelles sont les priorités sur lesquelles vous voulez que les nouvelles autorités se penchent très rapidement?
S'agissant des fonctionnaires, il est vrai qu'il n'y a pas eu de rupture de payement de salaire en tant que telle mais ils trainent des arriérés sur pratiquement deux mois du fait que les banques étaient fermées, du fait aussi que les opérations telles que menées ont créé des files énormes d'attentes. C'était fou ce que nous avons vu par rapport aux banques qui ont pu ouvrir. Aujourd'hui il faut refaire avec les banques de la place et retomber dans le schéma initial. Où chacun va à sa banque et a la possibilité d'utiliser sa carte pour que ça soit un peu plus liquide et plus fluide. Il y a aussi que les travailleurs du privé attendent aussi. Beaucoup sont au chômage technique du fait que beaucoup d'entreprises ont fermé. Qu'est-ce qui sera utile de faire pour les aider? il faut qu'on puisse les aider partiellement. Aujourd'hui, il faut savoir que les salaires de la fonction publique sont bloqués depuis 1982. Mais quand on regarde les salaires qu'on a aujourd'hui, on se dit, est-ce qu'à la verité cela nous permet de vivre? Donc on se dit qu'au regard de la cherté de la vie, on doit essayer des les réajuster un peu. On ne parle pas d'augmentation. Avec le taux d'inflation qui évolue, il faut simplement les réajuster. Mais pas cela seulement. Les prix sont trop fluctuants, il faut prendre la décision de les débloquer par rapport à une période donnée. Qu'il s'agisse du riz, de la banane, de l'huile, de l'électricité mais que ces prix là restent constants à un moment donné pour que les gens comprennent le jeu de l'équilibre. Aujourd'hui, quand vous allez au marché, vous vous demandez est-ce que je n'ai pas perdu de l'argent?
Interview réalisée
par Jean Prisca


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