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Économie

Consommation : Malgré la normalisation Les prix des denrées alimentaires ne baissent pas
Publié le mardi 3 mai 2011   |  Nord-Sud




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Alors que la situation sécuritaire se normalise, les commerçants rechignent à baisser les prix.


Les consommateurs ne savent plus où donner de la tête. Les denrées alimentaires se maintiennent toujours en hausse sur les marchés malgré le retour progressif à la normalité. Les prix des fruits de saison relevant de la production locale enregistrent une remontée considérable. Contrairement aux légumes, dont les prix demeurent relativement stabilisés, exception faite pour la pomme de terre cédée à 1.000 Fcfa le kilogramme, les fruits ne sont pas à la portée des petites bourses. C'est, du moins, ce que répètent plusieurs clients rencontrés aux abords du «marché Gouro d’Adjamé », fréquenté essentiellement par des consommateurs de condition modeste. «Sur les étals, les fruits de saison se vendent cher. Il n’est pas facile de pouvoir les acheter. Ainsi, nous privons nos enfants de ces produits bien qu'ils soient recommandés pour leur croissance», s’offusque un père de famille. Renseignements pris, les vendeuses maintiennent leur prix à des niveaux inabordables. L’avocat coûte entre 150 et 300 Fcfa, la mangue à 75 Fcfa, le haricot à 700 Fcfa le kilo. Le tas de banane se situe entre 400 et 750 Fcfa. Certains marchands expliquent cette hausse vertigineuse par les difficultés de transport rencontrées sur les routes. «Les transporteurs ne nous font pas de cadeaux. Nous ne pouvons que répercuter les incidences pour espérer nous en sortir », fait remarquer Irié Lou, présidente de la Coopérative des femmes de Yopougon. Mais il y a aussi l’insuffisance de la production. «Les précipitations enregistrées en dehors de la saison ont détruit une bonne partie de la récolte », explique un marchand de légumes et de fruits. D'autres commerçants, au contraire, imputent cette hausse des prix à la rareté des denrées, qui résulte d'un manque de soutien à l'activité et à une démotivation des agriculteurs. En attendant, les clients continuent de souffrir.
Au marché de Yopougon réputé moins cher, la situation s’est littéralement inversée. Tous les acteurs évoquent des problèmes de sécurité pour justifier la hausse des prix. A titre d’exemple, les commerçants proposent les ignames à 400 Fcfa le kilogramme et le riz local revient entre 700 et 1000 Fcfa le kilo par endroits. Les carottes et les oignons sont vendus à raison de 600 le kilo. L’huile de table s’échange un peu plus chèrement puisque les commerçants l'exposent à 2400 Fcfa. En ce qui concerne les petits pois, ils se négocient entre 800 et 1200 Fcfa le kilo. Dans le même marché, plusieurs locataires se spécialisent dans la vente des œufs.
Ce produit est vendu à 125 Fcfa l'unité, soit 2500 le plateau. A Marcory, les commerçants eux-mêmes se plaignent de la fuite de la clientèle. D'ailleurs, une fois à l'intérieur du marché, les vendeurs s'arrachent le moindre visiteur. Le pire se trouve au rayon viande où les échoppes échappent à tout contrôle. Tout semble avoir été laissé au gré des revendeurs.

A chacun son prix !
Chacun fixe le prix à sa guise. Et ceux qui s'attendaient à des remises de prix, reviennent bredouille. En effet, les charcutiers proposent le mouton à 3200 le kg alors que le boeuf oscille entre 2400 et 2600 Fcfa le kg. «En raison de la fête du travail qui coïncide avec le paiement des salaires, les bouchers en font à leur tête », se plaint le président de l’Association des consommateurs de bétail (Acb), Jeannot Doua. La situation n’est pas différente dans les centres commerciaux. Dans les supermarchés, des cartons affichant les prix sont suspendus à l'entrée de chaque boucherie. Pour ceux qui peuvent se le permettre, la viande congelée est leur seul recours pour accompagner leur entrée. A travers toutes les communes, le mot d'ordre est donné. Pas question de casser les prix. Dans d'autres marchés locaux, c'est toujours la fièvre. Les prix maintiennent le cap. Aucune baisse n'est signalée. Les petites bourses sont contraintes de dépenser leurs derniers sous. Le poulet se fait aussi pousser des ailes. Il est cédé à pratiquement 4000 Fcfa aujourd’hui. Même le prix du poulet africain s'envole. Proposé il y a quelque temps à 3500 le kg, celui-ci a été revu à la hausse à la veille de la fête du travail. Pour en acheter un, il faudra débourser en moyenne 4000 et 5000 Fcfa.

Lanciné Bakayoko


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