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Karidja Soumaré Karidia (SG du Syndicat Air Ivoire) : “Le personnel est sans salaires depuis 4 mois”
Publié le vendredi 13 mai 2011   |  Nord-Sud


Transport
© Autre presse par DR
Transport aérien : Air Ivoire de nouveau opérationnel


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Mme Karidja Soumaré est la secrétaire générale du Syndicat national des travailleursd’Air Ivoire (Syntai). Elle dénonce des arriérés de salaires dans l’entreprise et se prononce sur les raisons de cette situation.

Les travailleurs d’Air Ivoire sont sans salaires depuis des mois. En savez-vous les raisons ?

Effectivement, le personnel de la compagnie nationale Air Ivoire est sans salaires depuis pratiquement quatre mois. La compagnie est en cessation d’activité depuis le 7 février dernier. Nous pensons que cette situation est due à un problème de management, conjugué aux détournements effrénés de biens sociaux.

Avez-vous des preuves ?

Les preuves foisonnent. Nous avons en notre disposition tous les supports comptables y afférents. (Ndlr : Elle nous a fourni toute une pile de documents). Les repreneurs se sont attachés les services d’un cabinet présenté comme un partenaire technique. Evidemment, nous avons applaudi cela et salué l’arrivée de ce partenaire technique qui, à la vérité, n’en était pas un. Il s’agissait, en fait, d’un groupe budgétivore.

Pourquoi ?

Notons que le management est passé à une pléthore de postes de direction, passant de 6 à 14. Cela a occasionné divers coûts, notamment 40 millions de frais d’hôtel par semaine pour ces personnes. L’assistante du directeur avait une rémunération d’environ 1,6 million de Fcfa par semaine quand les 14 autres membres percevaient plus de 26 millions Fcfa par mois. Lorsque cette gabegie a été découverte, nous avons exigé le départ de ces mercenaires. Ajoutons que c’est sous leur gouverne que des contrats ont été signés concernant l’avènement de trois Boeing 537- 500. Ces Boeing étant des avions d’épave, quand ils sont arrivés, certains avaient des problèmes hydrauliques. Ce sont des contrats aux contours opaques avec une charge locative lourdement surfacturée. Après le départ de ce groupe, la nouvelle direction est venue achever la malade Air Ivoire.

Qu’est-ce qui vous permet de le dire ?

La situation désastreuse et honteuse actuelle de la compagnie : pas d’activités, pas de vols, pas d’avion.

Disposez-vous de faits précis ?

En février 2009, le Conseil d’administration a donné une feuille de route avec en prime, la réduction drastique des coûts. En lieu et place, l’on a choisi d’accroître les coûts. On a procédé à l’augmentation des salaires d’une partie du personnel triée sur le volet. Le groupe Petroci venait d’intégrer Air Ivoire et a apporté 11 milliards de Fcfa pour donner un souffle nouveau à la compagnie. Cette somme a plutôt servi à des décaissements faramineux et injustifiés.

Quelle a été la réaction des travailleurs en ce moment-là ?

Nous l’avions dénoncé avant même d’être à la tête du syndicat. Du poste de responsable produit, je suis devenue contrôleur, et quand j’ai commencé à me plaindre, j’ai été dégommée. Il importe de noter qu’à ce moment précis, le syndicat était inféodé à la direction générale et épousait donc ses dérives.

Qu’attendez-vous de l’Etat ?

Nous demandons qu’un administrateur provisoire soit nommé, que l’Etat remette Air Ivoire en vol et prenne des dispositions pour soulager les agents. Nous sommes prêts à mettre à la disposition de l’Etat une esquisse de plan de relance qui prévoit la création d’une nouvelle compagnie dans les deux mois qui viennent, l’actuelle Sn Air Ivoire ayant fait faillite. Nous préconisons l’acquisition d’une flotte adaptée à notre exploitation et le management doit être confié à des compétences avérées. Le personnel d’Air Ivoire, à travers le syndicat, veut adhérer à l’idéologie prônée par le président de la République, c’est-à-dire le travail qui amène au développement. Le secteur du transport aérien s’inscrit dans cette logique à travers notre compagnie nationale, véritable symbole de souveraineté. Aujourd’hui, nous avons disparu du ciel, et nous savons que cela gène et choque énormément le gouvernement ivoirien qui, nous le savons, ne va pas tarder à réagir. Le développement de la Côte d’Ivoire passe aussi par la dotation de cette compagnie d’une flotte digne de l’image de notre pays.

Interview réalisée par Cissé Sindou

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