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Dossier / Fin de l’Etat de grâce pour Ouattara : La classe politique et la société civile réagissent
Publié le samedi 14 mai 2011   |  L'intelligent d'Abidjan




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Depuis son élection et sa prestation de serment, des Ivoiriens continuent de poser leurs revendications au Président de la République. Des enseignants exigeant le paiement de leurs arriérés de salaires aux cadres du FPI qui réclament leur libération en passant par certains militants dont la préoccupation reste la nomination à un poste ministériel ou administratif. Réactions de la classe politique.

Elie Halassou, Président de l’ONG Initiatives pour la République et la Paix : « Ayons le sens de la mesure et de la pondération dans nos jugements »

«Je ne sais pas ce que vous voulez dire par Etat de grâce mais laissons le Président de la République SEM Alassane Ouattara travailler. Il ne faudrait pas que les Ivoiriens oublient que nous venons de loin. « La critique est aisée mais l’art est difficile ». Nous sortons d’une situation extrêmement difficile. L’économie, le commerce et l’école ont connu une véritable paralysie pendant la crise. Les chantiers qui attendent le Président Ouattara sont énormes.

Dans nos jugements, que nous ayons le sens de la mesure et de la pondération. On ne peut pas se permettre de le juger maintenant. C’est à la fin de son mandat qu’on pourra le faire véritablement. Pour ce qui est de la revendication des nominations, sans condescendance, elles sont légitimes. Cela pourrait choquer certains, mais on n’a pas besoin d’avoir un poste pour servir son pays. On peut donc être au service de son pays en tant que vrai patriote sans être nommé. De grâce, le pays n’est pas encore stabilisé qu’on laisse le Président travailler. A ceux qui grognent déjà, je leur demande du respect pour les morts. Je profite pour féliciter le Chef de l’Etat pour les trois jours de deuil national. Dans un souci d’équilibre des informations, je souhaite la réapparition des journaux d’opposition mais à la seule condition que le respect de l’éthique et de la déontologie soit pris en compte. Cela contribuera à la consolidation de la paix, à la cohésion sociale, à la reconstruction et à la réconciliation.

Pour ce qui est de la libération des cadres du FPI en résidence surveillée, je ne suis pas juge mais toute action tendant à la paix et à la réconciliation est la bienvenue. Au-delà de tout, nous comptons sur lui, nous lui faisons confiance et aidons-le dans sa tâche».

Karamoko Yayoro, président du RJR: «Que les Ivoiriens soient patients»

«Ce n’est pas la fin de l’Etat de grâce pour le Président Alassane Ouattara. Cela fait effectivement un (1) mois que l’ex-président Laurent Gbagbo a été capturé. Il y a à peine deux semaines que Yopougon a été libéré. Et les mêmes mercenaires et miliciens en fuite continuent de sévir. Alors, que le peuple ivoirien soit patient. C’est trop tôt pour porter un jugement. Le Président de la République, malgré les difficultés, avance. Les salaires sont en train d’être payés, l’économie reprend peu à peu son cours normal. Il est donc à féliciter malgré les difficultés. C’est à cause des cadres du FPI que la Côte d’Ivoire a connu cette crise. Si c’est le FPI qui avait remporté les élections, nous ne serions pas vivants aujourd’hui.

C’est de par leur faute que l’école ivoirienne a été complètement déréglée. C’est depuis longtemps que fondateurs et enseignants du privé se plaignent des arriérés de salaire.

Avant même qu’Alassane ne soit Président. En ce qui concerne la parution des journaux de l’opposition, cela ne relève pas du gouvernement. Jusqu’à preuve du contraire, aucune menace de parution n’a été proférée à leur encontre. Ils doivent eux-mêmes se remettre en cause pour tout le mal qu’ils on fait. Au demeurant, ils sont libres de réveiller leur entreprise mais dans le strict respect de l’éthique et de la déontologie. Je voudrais que les Ivoiriens sachent que tous ceux qui ont commis des crimes seront punis par loi. Qu’il n’y ait plus d’impunité en Côte d’Ivoire. Et qu’on laisse le Président travailler».

Mme Traoré Mariam, cadre du RDR : «C’est un jugement prématuré»

«Nous nous inscrivons déjà en faux contre ceux qui disent que c’est la fin de l’Etat de grâce pour le Président Alassane Ouattara. C’est un jugement prématuré. Les gens vont très vite en besogne. C’est maintenant qu’il commence à travailler véritablement. On ne peut pas juger la performance d’une équipe de football dès les dix premières sur le terrain. C’est vrai tout ce que vous dites, mais l’objectif du Président de la République SEM Alassane Ouattara, c’est le mieux-être de tous les Ivoiriens. Pour montrer à l’ensemble des Ivoiriens qu’il est prêt à sortir le pays de l’ornière, retranché au Golf Hôtel avec son équipe, il a réussi à créer en si peu de temps une Radio et une télévision. C’est par conviction et désir de changement que les Ivoiriens sont sortis nombreux pour dire ‘’non’’ au régime de Laurent Gbagbo. Alors qu’ils lui laissent le temps de travailler. En sus, je suis d’accord que les gens attendent des postes parce qu’ils ont souffert; ils se sont saignés à blanc; ils ont même payé de leur sang pour qu’Alassane Ouattara soit à la tête de ce pays. Sans vouloir choquer qui que ce soit, qu’ils sachent que l’engagement d’un militant ne doit pas être sanctionné obligatoirement par une nomination. On est militant par conviction; on ne l’est pas par opportunisme. Alassane Ouattara est certes président mais le combat continue. Que nous continuions à persévérer dans la patience. Le Chef de l’Etat n’est pas un ingrat. Chacun de nous connaîtra le bonheur dans ce pays et tout le monde sera satisfait. Faisons-lui confiance».

Traoré Wodjofini, président du COSOPCI : «Laissons-lui le temps de régler certains problèmes urgents»

«Nous estimons que les gens sont trop pressés. Il faut que nous restions dans une dynamique. Celle de permettre au Chef de l’Etat Alassane Ouattara de travailler et régler certains problèmes urgents. La Côte d’Ivoire a connu 4 mois de crise caractériséé par une récession au niveau de l’économie. Nonobstant sa prise de fonction effective, des problèmes demeurent encore. C’est pourquoi au point de vue sécuritaire, il devra procéder obligatoirement à l’encasernement de toutes les forces. Ce qui favorisera le retour à la sécurité totale. Aussi, le relèvement de l’économie devra être l’une de ses priorités car cela fait 4 mois que l’économie ivoirienne est à terre. C’est pourquoi nous avons proposé aux bailleurs de fonds, l’organisation d’une conférence internationale sur la reconstruction que la Côte d’Ivoire continue de garder sa place de pays levier de la sous-région. Et ce, pour le renforcement de l’économie ouest africaine. En ce qui concerne la reconstruction nationale, sachons qu’il n’y a pas de réconciliation durable sans justice. Tous ceux qui ont commis des crimes ; qui se sont rendus coupables de violations graves des droits de l’Homme doivent absolument répondre de leurs actes. La justice doit être au centre de toutes les actions du Président de la République SEM Alassane Ouattara pour consolider la démocratie et le respect des droits de l’Homme. Pour ce faire, je ne suis pas d’accord avec ceux qui veulent qu’on libère les cadres du FPI à l’idée de raffermir la réconciliation sans que justice soit faite.

Ainsi que l’avait proposé le Premier Ministre Kenyan SEM Raïla Odinga. C’est un débat qui nous conduira certainement vers l’impunité. Je trouve que certaines nominations faites par le Président de la République ont été précipitées. Qu’il nomme désormais ceux qui ne font l’objet d’aucune contestation».

N’Gouan Patrick, président de l’Organisation Société civile : «Toutes les revendications sont légitimes»

«Nous sommes en train de sortir de la crise. Le Chef de l’Etat de doit faire en sorte que la liberté de la presse ne soit pas étouffée. C’est pourquoi je demande que toutes les dispositions soient prises au plan sécuritaire pour que les journaux d’opposition puissent fonctionner et paraître librement. Toutes les revendications faites sont tout à fait légitimes. Elles n’ont rien à voir avec l’Etat de grâce du Chef de l’Etat. Seulement qu’il doit faire en sorte que chaque Ivoirien connaisse un mieux-être social. Les problèmes des Ivoiriens ne sont pas liés à l’Etat de grâce du Chef de l’Etat. Mais il y a qu’il doit s’atteler immédiatement à garantir aux Ivoiriens gîte, couvert et nourriture. Et à reconstruire l’Etat de Côte d’Ivoire».

KK Bertin, président de la JPDCI : «C’est trop précipité de dire qu’Alassane Ouattara est en difficulté »

«En tant que militant du RHDP, nous étions victimes de la poudrière de Laurent Gbagbo. Et nous étions certains qu’il rendrait la tâche difficile à quiconque prendrait le pouvoir après lui.

Donc, je ne suis pas surpris que nous en soyons arrivés là. C’est trop précipité de dire que SEM Alassane Ouattara est en difficulté. Tout le monde sait qu’il n’est pas encore investi. Le président du Conseil Constitutionnel Yao Paul N’Dré disait, lors de la prestation de serment du Chef de l’Etat, qu’en raison des circonstances exceptionnelles, tous les actes qu’il a pris sont désormais valables. C’est dire qu’avant la prestation de serment, les actes du Président de la République n’étaient pas légaux. Ça fait seulement une semaine qu’il gouverne véritablement.

Le gouvernement de 13 membres qu’il a formé au Golf Hôtel a été fait aux fins de gérer et juguler la crise. Maintenant que la crise est finie, c’est après son investiture qu’il mettra en place un nouveau gouvernement qui fera face aux problèmes de la Nation. Ce n’est pas sous son mandat que les salaires ont été accumulés. Dès qu’il finira de s’installer, il traitera les problèmes des Ivoiriens. Quant aux cadres du FPI, dès que la lumière est faite, ils sortiront de prison au nom du droit, de la justice et de la vérité. Laurent Gbagbo a déclaré la guerre, ses partisans l’on suivi. Ceux qui se sont rendus coupables de tueries paieront. L’investiture du Chef de l’Etat marquera pleinement le retour de l’Etat de droit et de la démocratie. Quant aux journaux de l’opposition, ils auront le temps de s’installer».

Propos recueillis par Koné Yacouba

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