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Alassane Ouattara, à propos du programme d’armement de Gbagbo : «Nous allons faire un audit»
Publié le lundi 30 mai 2011   |  Nord-Sud


Sommet
© Getty Images par DR
Sommet des pays les plus industrialisés, en France: le Président Alassane Ouattara invité du G8
Paris (France). Le Président de la République de Côte d`Ivoire, SEM Alassane Ouattara a participé au Sommet du G8, du 26 au 28 mai 2011


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Au terme de son séjour en France et, avant de s’envoler pour le Nigéria, le président Alassane Ouattara était l’invité de Tv5, de Rfi et du quotidien Le monde. Nous vous proposons de larges extraits de cet entretien.

Votre pays vient de vivre six mois dramatiques, au moins 3000 morts selon les organisations internationales non-gouvernementales. Quelle est la situation sécuritaire dans votre pays en particulier dans la région du Sud-ouest qui est une région très sensible et très fragile ? Effectivement, la situation est toujours fragile mais avant cela, je voudrais dire que le pays a souffert. Les Ivoiriens ont beaucoup souffert ces dix dernières années et notamment ces cinq derniers mois. Le pays a été divisé et Abidjan a été le théâtre d’affrontements en raison des militaires et des mercenaires que Laurent Gbagbo avait recrutés et installés à Abidjan. Avec des armes lourdes.

L’armée était totalement absente et donc les Forces républicaines ont réussi à repousser ces miliciens et ces mercenaires vers l’Ouest et le Sud-Ouest du pays. Ceux qui nous écoutent et qui vous regardent ont sûrement à l’oreille le nom de Duékoué qui est rentrée dans l’histoire ; une des villes martyres…

Oui, c’est l’une des villes martyres. Il y a Bloléquin, Guiglo… Enfin, c’est toute cette région de l’Ouest qui fait frontière avec le Libéria, c’est un cas difficile mais nous continuons de le traiter et je pense que nous y arriverons d’ici quelques semaines. Avant de reparler un peu plus longuement de Duékoué, je voudrais qu’on parle aussi d’Abidjan, puisque tout récemment, plusieurs associations disent que des excès continuent d’être commis par des hommes en armes qui se réclament des Frci. Elles citent le cas de femmes violées ou mises à nu publiquement, de civils tués, des sympathisants du Fpi exécutés sommairement. Ce sont des accusations graves. C’est très grave… J’espère qu’elles ont des preuves.

Qu’est-ce que vous répondez ? Il ne faut pas aller trop vite en besogne. Vous savez quand les Forces républicaines ont traversé tout le pays, pour arriver à Abidjan, beaucoup de jeunes gens se sont joints à elles. Ils ne sont pas en réalité militaires, ce sont des jeunes gens, qui dans la passion de cette traversée, sont arrivés. Les militaires avaient déserté les camps, ils ont pris des vêtements, des fusils. Les prisons ont été cassées. Il y a six mille prisonniers qui se sont échappés de la Maison d’arrêt d’Abidjan et donc nous avons des voyous, des prisonniers dans la rue. Vous avez demandé une enquête au procureur général de la région de Daloa… Pour Duékoué, je l’ai fait. J’ai demandé à la commission des droits de l’Homme de l’Onu de venir à Abidjan, d’aller à Duékoué. Ils ont passé quatre semaines dans le pays. Ils font un rapport. A l’issue de tout cela, nous prendrons toutes les mesures qui s’imposent.

C’est une situation qui était catastrophique. Laurent Gbagbo a laissé ce pays dans un désordre indescriptible, les miliciens et les mercenaires avaient les armes, les policiers et les gendarmes n’avaient pas d’armes. Il faut quand-même que l’on soit un peu plus objectif dans cette enquête. Est-ce que l’enquête du procureur général est limitée dans le temps ? Oui, nous lui avons demandé une enquête sur Duékoué pour la situation qui a été vécue depuis à peu près fin mars. Mais si le procureur estime qu’il faut aller plus loin, il le fera. Moi, je ne peux pas délimiter son territoire d’enquête.

Alors que nous parlons, des témoignages concordent pour dire qu’il y a encore des dizaines de milliers d’Ivoiriens, qui par peur n’ont pas pu regagner leurs domiciles. Il y a encore des pillages, du racket, des exactions. Qui en partie sont le fait de l’armée républicaine. Quel est le calendrier que vous donnez pour rétablir la sécurité ? De combien de temps avez-vous besoin et quand est-ce que la police et la gendarmerie vont à nouveau être à pied d’œuvre ? Le plus tôt possible. Je peux vous dire qu’à la gendarmerie et à la police les effectifs ont repris à plus de 90%, à l’heure où je vous parle. Il y a encore quelques éléments zélés qui avaient été recrutés sur des bases ethniques qui ne veulent pas rejoindre (les rangs) qui ont, malheureusement, également, des armes et qui se promènent à Abidjan. Donc, c’est trop vite de dire que ce sont les forces républicaines. Et, je veux préciser que les forces républicaines comprennent non seulement les ex-Forces nouvelles mais également les ex-forces de défense et de sécurité et des personnes, des militaires qui se sont comportés en républicains pour soutenir les institutions de la République. Alors donc c’est une force mixte. Ceci étant, nous nous sommes donné un chronogramme d’à peu près deux mois et je pense que d’ici la fin du mois de juin, nous aurons réglé ce problème. Pour nous, c’est un problème sérieux, nous voulons la liberté de circulation à Abidjan. Cela est nécessaire non seulement pour respecter les droits des citoyens mais pour faire en sorte que l’activité économique puisse aller plus vite. Le juge de la cour pénale a décidé pour l’instant, de ne suivre que les violences qui ont suivi le deuxième tour de la présidentielle de novembre. Ne croyez-vous pas que ces enquêtes devraient être élargies à d’autres moments de l’histoire de la Côte d’Ivoire en particulier le coup d’Etat de 99 ou la rébellion de 2002 ? Nous sommes ouverts. Vous savez, la cour pénale internationale a des règles. Il y a eu des lois d’amnistie depuis 1999 jusqu’en 2002 ou 2004. Les Ivoiriens doivent savoir ce qui s’est passé. C’est pratiquement plus d’un million d’euros que mon prédécesseur a utilisé pour acheter des armes qui ont servi à tuer des citoyens. En avez-vous les preuves ? Oui, nous avons des preuves. Nous allons faire un audit. C’est quand-même un gâchis considérable. Nous prenons en main un pays en ruine où il n’y a eu aucun investissement ces dix dernières années. Il faut qu’on sache à quoi a servi l’argent public.

Laurent Gbagbo est poursuivi par la cour pénale internationale et par la justice ivoirienne. En revanche, vous proposez à d’anciens partisans de Laurent Gbagbo de participer à un gouvernement d’union nationale… C’est l’engagement que j’ai pris bien avant la crise, pendant la campagne électorale. Je ne veux pas d’une Côte d’Ivoire divisée. J’ai toujours considéré que tous les Ivoiriens de compétence doivent participer à la gestion des affaires publiques. Je leur tends la main et je souhaite qu’ils la tiennent. Cela dépend d’eux bien entendu. Vous souhaitez un gouvernement d’union nationale. Avec le Fpi absent, en sera-t-il un ? Pourquoi ce ne serait pas un gouvernement d’union nationale ? Il n’y a pas que le Fpi en Côte d’Ivoire. Y.J. Choi, regrette : «L’Onuci ne peut pas protéger tous les Ivoiriens» En mission à Dakar (Sénégal), le chef de mission de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire, Y.J. Choi a indirectement répondu à Amnesty international. Cette organisation de défense des droits de l’Homme accuse les troupes internationales de n’avoir pas suffisamment fait pour protéger les populations lors des violences post-électorales. L’Opération des Nations Unies en Côte d`Ivoire (Onuci) "ne peut pas protéger tous les Ivoiriens" des violences qui se poursuivent dans leur pays. C’est la mise au point faite, samedi dernier, à Dakar par Young Jin Choi, chef de mission de l’Onu en Côte d’Ivoire. C’est en pleine controverse sur les tueries ayant émaillé la crise post-électorale, que M. Choi a fait cette sortie, dans le cadre d’une réunion des chefs de mission de l’Onu en Afrique de l’Ouest. «Nous intervenons en cas de danger imminent » de mort pour les civils, « mais on ne peut pas être sur chaque cas, c`est irréaliste, avec 10.000 hommes, on ne peut pas protéger tous les Ivoiriens qui sont 20 millions », a tenu à éclairer la presse, le patron de l’Onuci. Il a précisé que l`Onuci fait « de la dissuasion » en organisant « 800 patrouilles par semaine », mais que « la première responsabilité » de la protection des civils « incombe aux autorités ivoiriennes. Le défi le plus urgent est sécuritaire », a-t-il ajouté. Les autorités ivoiriennes ont, selon lui, à leur disposition quelque "200.000 hommes", membres de l`armée, de la gendarmerie et de la police, qui doivent être regroupés "en une seule structure". La commission d`enquête internationale sur les violations des droits de l`Homme en Côte d`Ivoire a affirmé vendredi que les crimes se poursuivent dans l`ouest, poussant des habitants à fuir cette région meurtrie par la crise post-électorale entre partisans du président Alassane Ouattara et ceux du président déchu Laurent Gbagbo. «La situation demeure inquiétante, mais nous avons fait tout ce qu’on peut humainement faire », a soutenu le haut-fonctionnaire onusien. Son homologue du Liberia, Ellen Margrethe Loj, a pour sa part annoncé que "des discussions" ont lieu entre la mission de l`Onu dans ce pays et l`Onuci pour "surveiller" la frontière entre les deux pays et tenter de prévenir la circulation d`hommes armés, miliciens ivoiriens et mercenaires libériens.

A l`approche des élections générales prévues au Liberia en octobre "nous faisons de notre mieux", avec l`Onuci, mais aussi le gouvernement libérien, "afin de réagir" à cette circulation d`hommes armés entre les deux pays, a-t-elle argué. "C`est un immense défi", a déclaré Mme Loj, car la frontière commune est de 700 km de forêt tropicale truffée de points de passage inaccessibles. "Nous avons noté des incidents dans des villes frontalières et nous allons renforcer notre présence à la frontière", a-t-elle assuré. Le gouvernement libérien a fait état de l`arrestation récente sur son territoire de plusieurs de ses ressortissants, une centaine, selon Mme Loj, accusés d`être des mercenaires ayant participé aux violences post-électorales en Côte d`Ivoire. Le Liberia est sorti en 2003 de 14 années de guerres civiles qui ont fait quelque 250.000 morts et craint le retour des mercenaires armés libériens partis se battre en Côte d`Ivoire, principalement aux côtés des forces de Laurent Gbagbo, ainsi que la venue de combattants ivoiriens des deux camps.

M.D. avec Afp

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