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Économie

Zone portuaire d’Abidjan /Voiries : le désastre!
Publié le mardi 31 mai 2011   |  Nord-Sud




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La voirie en zone portuaire est dans un état de dégradation avancée ; elle affecte négativement les activités économiques et cause de nombreux désagréments aux riverains.


Malgré ce début fracassant de la saison pluvieuse, c’est un nuage de poussière qui accueille les automobilistes, une fois sur la voie principale de la zone portuaire d’Abidjan en partance pour Vridi. Toute chose qui rend la visibilité quasi-nulle. Sur environ 600 mètres, cette route est dans un état piteux indescriptible eu égard à la dégradation avancée. Du feu tricolore installé avant la société de cimenterie Socimat au siège social de la Sotra, le revêtement de cette partie est détérioré, voire complètement emporté par endroits. Les crevasses et les nombreux trous d’une profondeur encaissée et sauvage rendent la circulation des automobilistes tracassière.

600 mètres de tourmente

A telle enseigne que l’on est obligé d’aller lentement pour se frayer un chemin. Le danger est permanent sur cet axe à l’image des gros camions de marchandises qui dandinent dangereusement pour sortir de l’écheveau. Selon un vigile rencontré ce mercredi 25 mai sur les lieux, du fait l’état défectueux du réseau routier portuaire, chaque jour pratiquement, les poids lourds cassent leur essieu et déversent une partie de leur cargaison. Des accidents s’en suivent et viennent aggraver les nombreux bouchons déjà permanents sur les routes fortement lézardées. De sorte que l’on peut passer facilement plus de deux heures dans ces embouteillages. L’eau de ruissellement a également rendu certaines parties de la voie trop boueuses. Un décor qui camouffle parfois bien des écueils inattendus. Par mégarde, certains automobilistes ont été pris au piège avec leurs véhicules totalement embourbés. Il a fallu l’aide des ouvriers de la zone portuaire pour les tirer de là. Dès fois, la société Somat procède au remplissage des crevasses avec des gravas. Une solution éphémère qui ne résiste pas longtemps à la densité du trafic qui se déroule sur cette route. Comment une voie aussi importante peut être délaissée de la sorte? En tout cas, la communauté portuaire ne décolère pas face à ce triste tableau. Surtout que plus de la moitié de l’activité économique a lieu dans cette zone qui abrite de nombreuses sociétés maritimes et portuaires et des entreprises industrielles à l’instar des conserveries installées à proximité de la voie principale. «On ne peut plus travailler correctement à cause des quantités importantes de poussière que les véhicules soulèvent à leur passage. De ce fait, il y a régulièrement des cas de maladie des bronches. On ne comprend pas pourquoi une voie aussi stratégique pour notre économie soit dans un tel état», se désole Koffi Daniel, technicien à Universal (con­servation de poisson), curieusement grippé avec les bras chargés de médicaments. Si les opérateurs estiment que leurs produits ne sont pas affectés, force est de reconnaître qu’à certains endroits, les caisses de poissons congelés rangées derrière les gros camions, sont exposés à la poussière souvent noirâtre. A la pharmacie du port, ce sont les médicaments et autres produits pharmaceutiques qui sont menacés. En témoigne la réaction du Dr Affi.

Une route économique délaissée !

«Ce calvaire dure depuis longtemps. A cause de l’état de délabrement de la route et son corollaire de poussière, les riverains ne fréquentent pas trop notre pharmacie. C’est un manque à gagner énorme. Nous craignons également pour nos produits en dépit de la climatisation. Les cas de maladies telles que les rhinites, les infections respiratoires sont devenus récurrents dans cette zone et les personnes allergiques souffrent aussi», déplore le pharmacien qui dit ne plus avoir le courage de s’habiller correctement pour venir au travail. Mme Kanaté Djénéba Hadja, commerçante qui réside depuis 20 ans à la cité portuaire, insiste également sur le calvaire des riverains, dans la mesure où la poussière est devenue leur compagnon de tous les jours. Ainsi chaque jour, elle est obligée de nettoyer de fond en comble sa maison. «Nos maisons sont devenues méconnaissables à cause de l’état défectueux de la route du port. Il faut nettoyer régulièrement la maison et les appareils pour éviter toutes sortes de maladies», renchérit-elle. Ce n’est pas tout. Du côté de la société Sicaf, c’est un vrai caniveau qui est en formation au beau milieu de la voie. Si rien n’est fait, cette route risque d’être coupée en deux. Dans les environs du port de pêche, c’est la même désolation. Il n’y a plus de bonnes routes au port, s’offusque Maguiraga Salim, armateur à la pêche. «Dans toute la ville d’Abidjan, c’est la zone portuaire qui est la plus économique du fait de la densité de son trafic en tout genre. Tous les camions, en partance pour l’hinterland, empruntent cette voie. Une bonne parie des camions de bétail passent ici également. Donc, voir cette voie dans cet état ne peut que nous effaroucher», dénonce l’armateur. D’ailleurs, pour éviter ce désastre, de nombreux usagers préfèrent le boulevard Valéry Giscard d’Estaing (Vge) pour contourner la zone portuaire. Pour la communauté portuaire et l’ensemble des riverains, la réfection totale de la voirie du port doit être une priorité pour les nouvelles autorités. D’autant plus qu’ils sont convaincus que la relance économique ne peut pas se faire sans infrastructures routières modernes. Selon l’Agence de gestion des routes (Ageroute), une réunion technique a eu lieu jeudi dernier, conjointement avec le Bnedt, la direction des routes, le port autonome d’Abidjan, la Sonitra, le Puiur, etc pour relancer d’abord les travaux de réhabilitation de l’Indénié. Après quoi, d’autres priorités comme les voies de la zone portuaire feront l’objet d’études afin d’engager des travaux de réparation d’envergure.


Cissé Cheick Ely

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