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Politique

Nouveau gouvernement Alassane Ouattara : Déception et incompréhension à Paris
Publié le vendredi 3 juin 2011   |  Nord-Sud




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La mouture du nouveau gouvernement ivoirien fait l’objet de vifs débats et commentaires entre Ivoiriens de Paris en général, et partisans d’Ado en particulier. Incompréhension et déception sont les deux sentiments qui reviennent dans les propos.


A coups d’arguments plus ou moins solides, chacun essaie de décortiquer l’ossature de ce deuxième gouvernement de l’ère Ouattara. Le moins qu’on puisse écrire, c’est que les uns et les autres ne sont pas tendres envers Alassane Ouattara.

Sur les réseaux sociaux, comme Facebook ou dans les cercles de rencontre et de causerie comme « Marcoussis » et « Golf hôtel » à Paris XIXe arrondissement, chacun y va également de son appréciation. «Comment quelqu’un qui prône la technocratie et la méritocratie peut-il valider un tel gouvernement ?», s’étonne-t-on dans l’Hexagone. Plusieurs points sont ressassés au chapitre des critiques. A commencer par la présence d’anciens barons tels Daniel Kablan Duncan, dont le poste laisse pantois. « N’y a-t-il pas d’autres personnes jeunes et compétentes qui pouvaient occuper le fauteuil ? En plus, on écarte un diplomate chevronné (ndlr : Kacou Gervais) pour installer un économiste », s’emporte Alexandre Sou, responsable administratif à Villeneuve-Triage (Essone). Dans ce gouvernement, en effet, les attributions et leurs occupants sont passés au crible. Nombreux sont ceux qui estiment que chacun des heureux élus, curriculum vitae à l’appui, devait mériter son poste. Ce qui semble ne pas être le cas, si l’on en juge les commentaires. Outre Kablan Duncan, l’Intérieur échoit à Ahmed Bakayoko, un fidèle parmi les fidèles de M. Ouattara. « Ahmed Bakayoko a-t-il de réelles compétences pour tenir ce ministère très technique ?», s’interroge Abou Berthé, chef d’entreprise en banlieue parisienne. Ce dernier aurait voulu un ex-flic ou un ancien préfet très expérimenté pour ce ministère d’une haute importance. Son copain, Ladji Savané enchaîne en dénonçant la présence de « ministres qu’Ado a voulu simplement récompenser », faisant allusion à Ahmed Bakayoko, Kandia Camara, Adama Bictogo et autres Adama Toungara. Autre réaction de colère : le nombre très insignifiant de femmes. « Bonne chance à ce gouvernement d’hommes », peste Djénéba Koné, puéricultrice en formation à Vincennes (Val-de-Marne). Selon elle, cinq femmes sur 36 ne représentent pas grand ‘chose dans l’effectif. « Cela ne ressemble pas à Alassane Ouattara qu’on a vu à l’œuvre entre 1989 et 1993, en tant que Premier ministre », ajoute-t-elle, comme pour dire que le nouveau président s’est laissé influencer. Et qu’il doit revenir à ses fondamentaux. Les plus virulents dans les critiques restent majoritairement les militants du Rassemblement des républicains (RDR), la formation de M. Ouattara. « Je suis déçu de ce gouvernement. Comment Ado peut-il ignorer la géopolitique à quelques mois des législatives ? », rage Maurice Tuo, agent de sécurité à Évry (Essone). Il avance comme preuve la présence de plusieurs membres de gouvernement originaires des mêmes départements du Nord favorables à Alassane Ouattara.

Enfin, Guillaume Kouamé, agent de surveillance à la ville de Paris désapprouve l’effectif pléthorique du nouveau gouvernement. « Sur les 36 ministères, plusieurs d’entre eux auraient pu être fusionnés pour en réduire le nombre : Plan et développement, Environnement et développement durable, Construction, assainissement et urbanisme… », propose-t-il.

Dans le flot de critiques défavorables, quelques personnes tentent de calmer le jeu en dédouanant Ado. C’est le cas de Gérard Kouassi, économiste à Paris qui croit savoir que ce nouveau gouvernement «a pour mission d’évacuer les affaires courantes et parer au plus pressé! Le vrai gouvernement, ce sera après les élections législatives, sans Guillaume Soro, comme premier Ministre».

Le président de la République va certainement devoir justifier les choix effectués pour calmer les critiques. L’état de grâce risque de ne pas durer longtemps pour Ado.

Karim Wally à Paris

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