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Économie

Train de vie de l’Etat: Stop au gaspillage !
Publié le mardi 7 juin 2011   |  Nord-Sud




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Après le rendez-vous manqué dans la composition de la nouvelle équipe gouvernementale, la réduction du train de vie de l’Etat semble être l’autre dossier sur lequel les Ivoiriens attendent déjà le président Alassane Ouattara.


La ceinture ! Pour remonter la pente, tout le monde est visiblement amené à s’imposer une cure d’austérité. Et, plus que le commun des Ivoiriens, ce sont les gouvernants qui sont appelés à revoir leurs frasques. C’est d’ailleurs la gêne avec laquelle certains, dans le milieu politique, acceptent d’aborder le sujet, qui révèle l’urgence pour Alassane Ouattara, d’imposer ce ‘’plan d’ajustement’’ à tous ses collaborateurs. Et, là-dessus, M. Ouattara n’entretient aucun mystère. Lors de la campagne pour la présidentielle de fin 2010, l’ancien directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi), aimait, volontiers, renvoyer ses interlocuteurs, à la rigueur budgétaire imprimée à l’Etat entre 1990 et 1993. « Les gens estimaient qu’il y avait beaucoup de gabegies, avec trop de ministres qui avaient chacun des dizaines de véhicules dans leur parc, etc. Les populations ressentaient cela comme une arrogance du pouvoir. Il fallait donc y remédier. Ce n’était pas facile », a rappelé Alassane Ouattara, le 19 novembre 2009, devant le patronat ivoirien.
La nouvelle cure d’austérité devrait, dans un premier temps, conduire le nouveau chef de l’exécutif, à rompre avec une habitude devenue monnaie courante durant la période d’exception que vient de traverser le pays sous la ‘’Refondation. Celle-ci consistait pour tous les gouvernants, à se déplacer avec toute leur cour. Toute chose qui implique la mobilisation d’un nombre impressionnant de véhicules (généralement des 4x4) pour constituer le cortège de l’officiel en question. Au-delà de leur coût, ce sont des quantités importantes de carburant que nécessitent ces véhicules qui posent problème puisqu’elles constituent des charges non-négligeables pour les caisses de l’Etat. A titre d’illustration, à chaque déplacement de l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, ce sont pas moins de vingt 4x4 qui sont mobilisés. Ce qui engendre des dépenses d’environ 45 millions, en moyenne, par mois. Et, les membres du gouvernement ne se distinguaient guère mieux. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est imposé aux candidats à une élection, d’éviter d’utiliser des moyens de l’Etat pour battre campagne. Et, dans le cas de la présidentielle de 2010, les autres prétendants au fauteuil présidentiel ont particulièrement insisté pour que Laurent Gbagbo n’utilise pas les véhicules de la présidence de la République, pour battre sa campagne.

Une meilleure gestion des parcs-autos
Une meilleure gestion du parc-auto de l’Etat, notamment avec l’effectif des ministres, s’impose plus que jamais. Faute de mesures strictes, l’abus qui a caractérisé l’utilisation de ces moyens de l’Etat, pourrait dorénavant s’accompagner d’une anarchie. D’ailleurs, en la matière, Alassane Ouattara n’avancera pas en terrain inconnu puisque du temps où il était le locataire de la primature, il a permis à l’Etat de maintenir ses caisses en bon état, en rationalisant avec parcimonie l’utilisation des véhicules de l’Etat.
L’autre secteur dans lequel le nouveau chef de l’exécutif ivoirien devra mettre de l’ordre, est sans conteste celui de la constitution des cabinets ministériels. Outre les directeurs et autres chefs de cabinet ministériels, les Ivoiriens ont été habitués, ces dernières années, à voir une pléthore de collaborateurs entourant les membres du gouvernement. Conseillers techniques, secrétaires particulières, chargés de missions…, tout y passe. Le plus important n’est pas forcément le travail qui est abattu mais les marrons que chaque parent ou ami peut tirer de ses relations avec le ministre concerné. Même si l’on ne dispose pas d’études sur leur incidence financière, ces ‘’recrutements parallèles’’ ne sont pas sans conséquence sur les caisses de l’Etat. Surtout qu’à chaque déplacement du ministre concerné, tous ces collaborateurs sont du voyage. Ce qui implique leur hébergement et leur restauration. C’est du reste, dans ces travers que se justifie, en grande partie, la déception des Ivoiriens après la formation du gouvernement, mercredi dernier.

Attention aux cabinets pléthoriques
Selon toute vraisemblance, les déplacements impressionnants à l’intérieur du pays et, surtout les missions à l’extérieur, devraient connaître un autre sort sous la gouvernance d’Alassane Ouattara. Sous Laurent Gbagbo, une mesure avait déjà été envisagée, pour mieux gérer les déplacements extérieurs des ministres ivoiriens qui faisaient sortir des caisses de l’Etat, d’importants fonds du contribuable.
Dans cette politique de réduction du train de vie de l’Etat, dans ce contexte de sortie de crise, Alassane Ouattara ne devrait pas oublier de se serrer lui aussi la ceinture. La ligne budgétaire de la présidence de la République qui devrait connaître une coupe sombre, est assurément, celle du budget de souveraineté. Estimé à cinq puis à quinze milliards sous le règne d’Henri Konan Bédié, le budget de souveraineté, sous Laurent Gbagbo, était devenu, une vraie question taboue. Si certains l’ont évalué à 75 milliards, d’autres sources bien introduites ont avancé des chiffres avoisinant les 150 milliards. « Le budget de souveraineté sert à faire ce que l’Etat ne dit pas », avait confié un proche collaborateur de l’ancien chef de l’Etat, pour justifier l’omerta qui entourait cette caisse de l’Etat, logée à la présidence de la République. Ce qui n’a pas manqué d’en rajouter à la polémique qui a, longtemps comparé le budget de souveraineté de Laurent Gbagbo à une caisse noire.
Si l’on s’en réfère à ses engagements de campagne, la cure d’austérité devrait toucher le budget de souveraineté d’autant plus qu’Alassane Ouattara espère faire des économies sur ces fonds, pour financer les chantiers de la reconstruction nationale. « Les ressources dégagées d’un côté ou de l’autre devraient permettre surtout d’aller dans l’investissement. C’est pour cela que j’ai indiqué qu’il n’y a pas seulement le côté recettes pour le financement des 10.000 milliards de notre programme. Mais il y a aussi le côté d’une meilleure gestion des dépenses publiques. Si nous économisons sur ces postes, c’est bien sûr pour financer également l’investissement public », s’est-il engagé. Tout le monde est donc prévenu.

Marc Dossa

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