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Après sa contribution à l’exacerbation de la tension,Blé Goudé ne peut pas échapper à la Cpi
Publié le mardi 7 juin 2011   |  Nord-Sud




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L’heure n’est, semble-t-il, pas encore à la repentance pour Charles Blé Goudé. Pis, le disciple de Laurent Gbagbo espère user de subterfuges pour se soustraire à la justice.

Diversion ! Alors que l’opinion nationale et même internationale attendait de lui des explications sur sa responsabilité dans les morts enregistrés lors de la crise post-électorale, Charles Blé Goudé a choisi de donner dans la diversion. Dans un entretien accordé au panafricain, Jeune Afrique et paru, hier, l’ancien leader de la jeunesse pro-Gbagbo a dévoilé son grand projet pour les Ivoiriens. Il projette, en effet, de créer prochainement, sa propre formation politique, là où l’opinion s’attendait à son mea-culpa voire à son repentir. « Je veux mener ma vie d’opposant en dehors du Fpi (Front populaire ivoirien, Ndlr). Dès que les conditions sécuritaires seront là, je réunirai en congrès extraordinaire les Jeunes patriotes et tous les Ivoiriens avec qui l’on peut travailler », dévoile-t-il son ambition comme pour narguer les milliers de jeunes, morts pour avoir bombé la poitrine pour lui. Mieux, le disciple de Laurent Gbagbo, comme dans une opération de charme, nie en bloc les accusations qui pèsent sur lui. « Si quelqu’un doit être récompensé et félicité pour ses activités en faveur de la paix, c’est Blé Goudé Charles. Il faut le reconnaître humblement. J’ai personnellement permis à la Côte d’Ivoire d’éviter la catastrophe à plusieurs reprises. Malheureusement ce n’est pas reconnu », soutient celui qui était chargé, dans l’establishment du clan Gbagbo, de chauffer les partisans à blanc pour les pousser à commettre des forfaits. Comme le font généralement ceux qui sont acculés par le poids des actes répréhensibles commis, Charles Blé Goudé balance sa patate chaude dans le camp d’Alassane Ouattara.

COUPABLE DE RIEN ?

« Nos adversaires distribuaient des kalachnikovs à des civils, à Abobo et dans leurs zones. J’ai donc demandé au chef d’état-major de l’armée de permettre aux jeunes de rentrer dans l’armée de façon régulière. Malheureusement les événements se sont précipités et ils n’ont pas eu le temps d’être enrôlés », tente-t-il de se justifier. Exit donc les accusations d’entretien de miliciens à Yopougon, de distribution d’armes à tour de bras dans cette même commune. Pareil pour les appels au meurtre et les entraves au mouvement des soldats de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) qui sont, selon Blé Goudé, sans fondement. C’est que le leader de la ‘’galaxie patriotique’’ (la nébuleuse organisation de jeunes sur laquelle Laurent Gbagbo a assis son régime), déjà sous le coup de sanctions onusiennes panique à l’idée de se retrouver devant la justice internationale. Malheureusement pour le président du Congrès panafricain des jeunes et des patriotes (Cojep), le tribunal de l’histoire est sans état d’âme, sans complaisance. « En votre présence (Onuci) des populations ont été exterminées, nous ne vous permettrons pas de faire cela en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, je demande à tous les jeunes de Côte d’Ivoire d’empêcher l’Onuci de rouler, de se déplacer à travers le district d’Abidjan », avait pourtant décrété Blé Goudé, le 25 février dernier, à Yopougon. Le résultat de cet appel, n’a pas tardé à se laisser voir. L’incident du 29 décembre 2010 qui a vu une dizaine de Casques bleus pris en otage à Niangon (Yopougon) par de jeunes gens excités n’a fait que se multiplier dans les différentes communes d’Abidjan. Ainsi, par exemple, soucieux de mettre en application le décret du ‘’général Blé’’, une centaine d’individus s’en est pris, le 1er mars dernier, à des véhicules de l’Onuci au Plateau. De la rixe qui en a résulté, l’on a pu dénombrer une dizaine de blessés.


PEUR BLEUE DES JUGES

Autant de faits qui relèvent du crime de guerre et pour lesquels Charles Blé Goudé devra, tôt ou tard répondre, quelle que soient ses gesticulations de l’heure, quelle que soit la stratégie de sa cavale. Pour se convaincre de la difficulté qu’il aura à se soustraire à la Cour pénale internationale, déjà aux trousses de son mentor, Laurent Gbagbo, il n’y a qu’à méditer sur la récente capture de Ratko Mladic, après 16 ans de cavale, en Serbie. Comme dans le cas de Mladic, la justice ivoirienne ne devrait pas laisser de répits au ‘’général’’ de Gbagbo. Parallèlement aux actions en interne, il suffira à l’Onu d’activer son réseau pour mettre le grappin sur Blé Goudé qui restera dans la mémoire collective, comme l’un des irréductibles partisans de l’ancien chef de l’Etat ivoirien.


Marc Dossa

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