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Pluies diluviennes : Kili Fiacre (Dg de l’Onpc) aux populations : "Ce qu’il faut faire pour éviter des drames"
Publié le samedi 25 juin 2011   |  Soir Info


Cinquantenaire
© Abidjan.net par Emma
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Samedi 7 août 2010. Abidjan, palais présidentiel du Plateau. Le défilé militaire est le point culminant des cérémonies marquant la fête de l`indépendance. Photo: le général Kili Fiacre, patron de l`Office national de la protection civile (ONPC)


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La grande saison des pluies qui a débuté en mars, avait déjà fait sept morts. Le vendredi 24 juin 2011, deux autres décès ont été enregistrés à Yopougon. Kili Fagnidi Fiacre Adam, contrôleur général de Police et Directeur de l’Office national de la Protection civile (Onpc) donne, ici, des conseils aux populations.


M. Kili Fiacre, le Plan d’Organisation des secours (Orsec) est-il mort?
Kili Fiacre : Le plan Orsec qui est la réponse de l’organisation civile des catastrophes se porte bien et est en œuvre dans le district d’Abidjan. Nous anticipons. Lorsqu’il y a des voies à aménager, des habitations à reconstruire ou à démolir, nous attirons l’attention des autorités compétentes. L’Onpc est un outil qui conseille non seulement le gouvernement, mais les différentes administrations sur les mesures à prendre pour protéger les populations civiles. L’Onpc n’a pas le pouvoir de coercition et d’agir dans certains domaines. Lorsque nous décidons d’une opération de curage de caniveau pour le bien de la population civile, nous ne pouvons le faire qu’avec les communes, sous la supervision des préfets. En clair, nous ne sommes pas là seulement pour attendre qu’il y ait des catastrophes. Cette année, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur nous a instruits dans ce sens. Chaque année, c’est à partir d’avril, en prévision des pluies qui interviennent vers mai, juin et juillet que nous alertons les différentes administrations. C’est vrai qu’on ne peut pas éviter le phénomène des pluies, mais nous pouvons au moins réduire ses effets. Nous pouvons faire en sorte qu’il y ait moins de morts, moins de routes abimées par les pluies si les caniveaux sont ouverts à temps.
En dehors des curages de caniveaux, quels conseils donnez-vous aux populations pour éviter des catastrophes ?
Lorsqu’on construit au pied d’une colline et qu’il y a un éboulement ou un glissement de terrain, il faut monter sur les talus et lorsque votre maison est dans un bas-fond d’orage, il faut déménager. Lorsque vous êtes dans votre maison et que vous êtes envahis par des eaux, il faut couper l’électricité, déguerpir les installations anarchiques, évacuer les nids de passage.
Où en êtes-vous avec les sites de recasement ?
Il y a un phénomène sociologique. C’est très difficile de déplacer des populations donc finalement, au bout de la chaîne, en lieu et place des sites de recasement, beaucoup de personnes ont été accueillies dans des familles, le temps que la saison des pluies passe. Certaines sont allées au village, d’autres sont restées pour de bon ou même sont retournées à leur site habituel d’habitation.
Les déguerpis de Mossikro, Banco, Riviera, les années précédentes ont-ils été recasés et dédommagés ?
Un concours financier leur a été apporté. Nous avons recensé, l’année dernière, près de six mille familles représentées dans les zones à risques. On leur a remis de l’argent pour les aider à avoir d’autres logements. Sinon, ce n’était pas des dédommagements en tant que tels et cela a été dit et précisé que chaque famille doit percevoir cent mille francs Cfa. Une étude au niveau de la préfecture a permis de savoir que la plupart des victimes occupaient des logements dont le loyer avoisinait les quinze mille francs Cfa. En leur remettant cent mille francs Cfa, les familles avaient la possibilité de payer par exemple trois mois de loyer, deux mois de caution pour s’installer et cela a été fait, l’année dernière.
Mais les populations déguerpies reviennent sur les sites. Que faites-vous d’elles, sans moyens de coercition ?
Il faut les faire partir. Abidjan a un problème d’assainissement. Nous pensons qu’il y a des départements techniques qui ont ces attributions. Le ministère de l’Intérieur en la matière, sera là pour les accompagner. Il faut que ceux qui ont en charge l’assainissement de la ville d’Abidjan prennent des décisions afin qu’on ne retrouve pas d’habitation sur les terrains non constructifs. Le cas du bassin du lycée technique où nous avons déguerpi les gens, aujourd’hui au vu et au su de tout le monde, des maisons sont en train d’être construites. Personne ne réagit et quand demain il va avoir une catastrophe, on va alerter toutes les administrations. En son temps, l’Onpc avait adressé un courrier au ministre de la construction pour attirer son attention sur la question. On devait construire un stade de basket pour l’afrobasket 2011.On a nettoyé le site et après, ce sont des habitations de fortune qui sont en train de pousser.
Quelles sont les zones à risques que vous avez recensées, cette année ?
Ce sont les mêmes zones que nous avons recensées, l’année dernière. Elles sont partout même à Cocody, notamment à Gobelet, Attoban Boston. La seule commune de Yopougon seule a vingt huit (28) quartiers à risques et nous sommes heureux que, ces derniers temps à travers le programme d’urgence du président de la République, le District d’Abidjan ait déjà entrepris des travaux dans différentes communes. Quand il a plu, le jeudi 23 juin, la Riviéra 3 était inaccessible. Yopougon est à l’heure (Ndlr, vendredi à 11h Gmt) où on parle, coupée d’Abidjan. En 2009, nous avons enregistré vingt-un (21) morts.
Vous donnez l’impression de limiter vos moyens et forces au seul district d’Abidjan. Que faites-vous des autres villes de la Côte d’Ivoire ?
L’année dernière, nous sommes allés à Agboville où le fleuve N’Gbo est sorti de son lit, emportant des habitations. Nous sommes partis à Duékoué où une grande partie de la population a été victime d’inondation. La ville de Gagnoa a été coupée en deux par les eaux. Avec l’autorisation du ministre d’Etat et de l’Intérieur, nous envisageons de faire des tournées dans les localités de l’Intérieur pour sensibiliser les autorités préfectorales et les différentes communautés pour ne pas qu’elles aient l’impression d’être abandonnées et que tous les efforts du gouvernement se consacrent à la population abidjanaise. La Côte d’Ivoire, ce n’est pas qu’Abidjan.
Propos recueillis par M’BRA Konan

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