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SOS pour Bingerville / La 2ème capitale de la Côte d`Ivoire méconnaissable
Publié le vendredi 1 juillet 2011   |  L'Inter




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Bingerville, 2ème capitale de la Côte d'Ivoire en 1900, après Grand-Bassam en 1893. Y a-t-il quelqu'un qui se souvient encore de ce passé encore enseigné dans les livres d'histoire? Difficile d'y croire. Tellement cette cité est méconnaissable aujourd'hui, au grand dam de ses habitants, mais peut-être dans l'indifférence coupables de ses premières autorités, et au delà de l'Etat de Côte d'Ivoire. A seulement une dizaine de kilomètres d'Abidjan la mégapole ivoirienne, Bingerville n'a rien d'une ville qui aura été la vitrine de la Côte d'Ivoire à sa naissance. L'ancien siège du pouvoir sous le 1er Gouverneur du pays, le colon français Louis Gustave Binger, explorateur de l'Afrique occidentale, n'est plus que dans son ombre. Aucun entretien, aucune planification et par conséquent aucun éclat et rien d'attrayant. Là où en Occident, l'on investit de gros moyens à entretenir les vestiges de l'histoire, conservées avec grand soin pour en faire des pôles ou des points d'attraction pour les tourisme, en Côte d'Ivoire et particulièrement à Bingerville, personne ne semble se soucier des traces du passé. Tout près en Afrique de l'Ouest, précisément au Sénégal, combien ne sont-ils pas les Européens et même les Africains à se bousculer aux portes de Saint-Louis, ne serait-ce que pour revoir le fort d'où sont partis de nombreux esclaves pour les Amériques! En Côte d'Ivoire, combien de touristes visitent-ils par an le Palais du Gouverneur Binger, qui comme pour être mieux abandonné, à été transformé en orphelinat des garçons! Un orphelinat lui-même orphelin de ceux qui l'y ont logé. Bref, rien n'incite à découvrir Bingerville, qui n'est ni une cité dortoir, ni une ville à opportunités pour attirer du monde, si ce ne sont ses trois lycées, l'Ecole militaire préparatoire et technique (EMPT) et un jardin botanique jouissant de la même fortune que la haute bâtisse du Gouverneur, pâle de l'absence d'entretien. Pour découvrir cette cité, qui porte le nom de son fondateur, il faut bien pouvoir s'y rendre. Ça, c'est la seconde maladie de Bingerville, qui l'a plongée dans un coma profond. Qui peut croire qu'il n'y a plus de route pour accéder à cette ville, au bout du grand boulevard Mitterrand de Cocody, qui prend sa source depuis l'autoroute du nord? Et pourtant, c'est bien la triste réalité, qui vient en rajouter au visage hideux de l'ancienne capitale ivoirienne. L'infortune des habitants de Bingerville commence déjà à l'entrée. Comme si tout avait été planifié pour isoler cette ville . La route si large et fluide, qui conduit dans la cité, se coupe tout net pour les ''Bingervillois'' dès les premiers murs de leur cité. Une large crevasse au niveau de l'ex-prestidieuse Ecole supérieure inter-africaine d'Electricité (ESIE) abandonnée, contraint tous les usagers au ralentissement, sinon à l'arrêt. Un arrêt pour soit laisser passer un autre usager venant en face ou simplement bien apprécier l'obstacle pour éviter d'endommager son véhicule. Mais, cette large crevasse n'est que le premier signal, pour ne pas dire le premier indicateur de l'état de dégradation avancée de la voirie dans la cité. A peine une cinquantaine de mètres de là, commence le calvaire des usagers, sur la pente du Lycée des jeunes filles essaimée des mêmes crevasses et de nids de poule. Pas un mètre de route sur cet axe principal de la 2ème capitale ivoirienne sans être contraint à des jeux de freinage et de déviation pour rallier le centre-ville. C'est certainement peu de le dire, ainsi : il n'y a plus de route à Bingerville. Tout est parti dans l'érosion, avant même que les pluies diluviennes, qui viennent de s'annoncer sur le sud ne commencent réellement. Ce qui trouble déjà le sommeil des usagers, notamment les transporteurs des minicars communément appelés ''Gbaka'', qui rallient cette ville. F.M, chauffeur de l'un de ces minicars, ne se soucie pas des voies secondaires impraticables dans la ville. Toutefois, il craint d'être contraint, lui et ses camarades, de déverser leurs passagers à l'entrée de la cité, si rien n'est fait pour éviter que la situation empire. «On ne peut pas comprendre qu'on puisse rouler sur une autoroute jusqu'à l'entrée de la ville pour nous retrouver dans ce cauchemar, qui abîme nos véhicules. Avec la nouvelle saison des pluies, on ne sait même plus si nous allons pouvoir avoir accès toujours au centre-ville. Parce que la route est presque coupée. Il n'y a pas de voie d'accès, on sera obligé de rester à l'entrée. Or, tous nos clients se trouvent le long et au bout de la voie principale», s'est-il inquiété. Cette voie est empruntée également par des bus de la Société de transport abidjanais (SOTRA), qui a consenti à y créer une ligne pour contribuer à désenclaver l'ancienne capitale du pays devenue quasiment un quartier d'Abidjan. A l'intérieur de Bingerville, inutile de parler de route. En tout cas, pas pour les véhicules. Les différentes voies d'accès, naguère bien bitumées, ayant été réduites à des crevasses, cassis et autres nids de poule, à l'image de l'axe que surplombe le Palais du Gouverneur. Après avoir été la capitale ivoirienne jusqu'en 1934 avant d'Abidjan, Bingerville n'en garde aucun souvenir. Aujourd'hui, cette cité d'une dizaine de milliers d'habitants est dans une léthargie telle qu'il y a à se demander s'il existe bien des mains pour y travailler. Comment a-t-on pu laisser dans un état de dégradation si avancé la ville la plus importante de Côte d'Ivoire, il y a à peine un siècle? Peut-on rattraper encore les énormes dégâts et les effets de la moisissure qui sapent l'avenir de cette ville? En tout cas, il y a lieu de s'interroger sur ce que deviendra Bingerville, eu égard au laxisme avec lequel ses autorités semblent le traiter. A voir des travaux de ''tâcheronnage'' entrepris avec du sable rouge pour boucher les énormes crevasses sur l'axe principale, aussitôt rouvertes par des pluies diluviennes comme nous avons pu le constater à notre passage sous une pluie battante, du reste, il n'est pas superflu de le dire, il faut sauver Bingerville. Et tout doit partir de ses habitants, qui semblent se complaire dans cette léthargie qui emporte peu à peu leur cité. Hélas.

Félix D.BONY

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