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Côte d`Ivoire: une ombre sur la justice pour les débuts de l`ère Ouattara
Publié le mercredi 20 juillet 2011   |  AFP


Grand
© Getty Images
Grand proces : La Vice présidente de la Cour Pénal International (CPI), Madame Fatou Bensouda et sa delegation recues par le President Alassane Ouattara
Mardi 28 juin 2011. Photo : le Ministre Ahoussou Kouadio Jeannot apres la rencontre avec Madame Fatou Bensouda


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ABIDJAN, La détention sans inculpation de l`ex-chef de l`Etat ivoirien Laurent Gbagbo et de plusieurs proches jette une ombre sur la justice au début de la présidence d`Alassane Ouattara, qui a pourtant lui-même promis de bâtir un Etat de droit.

Cent jours après la chute de Laurent Gbagbo à l`issue de plus de quatre mois d`une crise sanglante (3.000 morts au moins) née de son refus de reconnaître sa défaite à la présidentielle de novembre 2010, une séquence cristallise le malaise.

Largement diffusée sur internet, une vidéo montre Michel Gbagbo, fils franco-ivoirien de l`ex-président, Pascal Affi N`Guessan, chef de l`ancien parti au pouvoir, et leurs compagnons contraints de faire des pompes par leurs geôliers à Bouna (nord-est), où ils sont en résidence surveillée.

"Cette vidéo remonte aux premiers jours après leur arrivée, l`ambiance était malsaine", a expliqué à l`AFP le ministre des Droits de l`Homme, Gnénéma Coulibaly. Depuis que le gouvernement a "attiré l`attention sur la situation des droits de l`Homme", "ils sont bien traités", assure-t-il.

Les détenus de Bouna font partie de la quinzaine de responsables politiques du régime déchu assignés à résidence dans le nord après l`arrestation de M. Gbagbo le 11 avril à Abidjan. L`ancien président se trouve désormais à Korhogo et son épouse Simone à Odienné. Ils avaient été capturés avec une centaine de personnes, dont la plupart - parents et employés - avaient été vite relâchées.

Vingt-cinq personnalités, jusque-là réfugiées puis assignées à l`hôtel La Pergola d`Abidjan, ont en outre été récemment placées en détention préventive à Boundiali (nord), tandis qu`une quinzaine d`autres étaient libérées sans poursuites.

Ces détenus, parmi lesquels l`ex-Premier ministre Gilbert Aké N`Gbo et l`ancien gouverneur de la banque centrale ouest-africaine (BCEAO) Philippe-Henri Dacoury Tabley, ont été inculpés d`atteinte à la sûreté de l`Etat ou d`infractions économiques.

Mais, tandis que les enquêtes se poursuivent, interrogations et critiques se focalisent sur le sort des assignés à résidence.

Le gouvernement évoque une mesure "administrative" censée parer à d`éventuelles "menaces", mais se dit pressé d`en finir.

"Le président de la République tient à ce que la situation de ces personnes-là soit rapidement déterminée", affirme M. Coulibaly.

"Les juges d`instruction sont à pied d`oeuvre pour inculper ceux qui doivent l`être", indique une source judiciaire.

Après une décennie de dérives et d`exactions, M. Ouattara n`a de cesse de proclamer son ambition de faire de la Côte d`Ivoire un Etat de droit.

Il a signé mercredi un décret instaurant une commission nationale d`enquête sur les violations des droits de l`Homme survenues durant la crise. Distincte du processus judiciaire, elle aura six mois pour rendre conclusions et "recommandations".

Mais en attendant, ONG de défense des droits de l`Homme et pro-Gbagbo pilonnent le pouvoir.

Les assignés à résidence sont dans des "limbes juridiques", estime un responsable d`une ONG internationale, sous couvert d`anonymat.

Il dénonce un "grand flou": "on n`a pas la liste officielle des personnes détenues", sans "droit de la défense" suffisant ni "droit de visite". Et d`avertir: "c`est l`avenir de la Côte d`Ivoire qui est en jeu".

Pour Me Hervé Gouaméné, l`un des avocats du camp Gbagbo, "c`est toujours l`arbitraire" et "la justice des vainqueurs".

De tous ces détenus, le plus encombrant demeure l`ex-président, et dans les cercles du pouvoir certains rêvent que la Cour pénale internationale (CPI), qui n`a pas encore décidé d`enquêter sur les crimes de la crise post-électorale, s`occupe de lui au plus tôt.

Une question de "transparence", justifie un conseiller d`Alassane Ouattara, qui a lui-même demandé à la CPI d`enquêter: "si Laurent Gbagbo est jugé en Côte d`Ivoire, on parlera toujours d`une justice aux ordres".

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