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Après la chute du régime Lmp, le 11 avril : La résidence de Mme Gbagbo pillée par ses frères et sœurs à Moossou
Publié le jeudi 21 juillet 2011   |  Le Nouveau Réveil




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L'ex-Première dame avait son bunker / Enfants et petits-enfants du couple ont quitté Moossou

Que devient la résidence de Mme Simone Gbagbo à Grand-Bassam ? A part les bâtiments, il n'en reste plus rien. Tout a été pillé pendant trois jours dès le 11 avril où l'ex-Première dame et son époux ont été extraits et arrêtés à la résidence présidentielle à Abidjan par les Forces républicaines de sécurité (Frci). Ce mardi 19 juillet 2011, il est environ 10 heures quand nous arrivons à la résidence de Mme Gbagbo. Peu avant, nous avons pris attache avec le Capitaine Frci Inza Fofana, en charge de la commune de Grand-Bassam et dont le "camp" est logé à l'ex-Iiao, devenu le Village des nouvelles technologies de l'information (Vitib). Sans aucune difficulté, le Capitane consent et nous permet de visiter la résidence. Mieux, il nous fait accompagner par deux (2) éléments. Située dans un cul-de-sac, entre l'usine de transformation du bois (Scaf) et la lagune, la résidence de Mme Gbagbo, de loin, n'a rien perdu de sa superbe. La vue est splendide sur ce chef-d'œuvre lorsque l'on emprunte la ruelle bitumée qui y mène. Mais juste à l'entrée, les deux (2) battants du portail entrebâillés et immobilisés par un gros caillou, en plus des trous creusés des deux (2) côtés pour arracher des fils électriques en disent long sur le désastre qu'a vécu cette superbe résidence.

Tout a été pillé
Le portail franchi, c'est la désolation totale. Le grand préau qui abritait les cérémonies de l'ex-première dame a été mis à sac. Les grosses ampoules, qui apportaient un plus au décor, ont été brisées et jetées çà et là. A droite, la maison servant de guérite au gardien a subi le même sort. Tout a été cassé. L'allée menant à la résidence principale présente des signes de vandalisme. Les poteaux électriques sont à terre, et les fils arrachés et emportés. Le jardin envahi par les mauvaises herbes devient petit-à-petit une brousse. Le grand bâtiment de la résidence est comme un champ de bataille. Sanitaires cassés ou emportés, vitres brisées, placards cassés, plafonds enlevés, fils électriques arrachés, toitures percées…. Le décor est triste et alarmant. Dehors sur le côté droit, un autre bâtiment a également été pillé. La vaste cour qui jouxte la maison jusqu'à la lagune, entourée d'une clôture métallique, continue d'être balayée par le vent glacial de l'eau, alors que des mauvaises herbes envahissent toujours le gazon. Bref, cet endroit paradisiaque, qu'était la demeure de l'ex-première Dame n'est plus qu'un champ de ruines.

Un bunker chez Mme Gbagbo
La visite achevée, nous informons nos accompagnateurs. " As-tu vu le bunker ? " a lancé l'un d'entre eux. " Quel bunker ? " ai-je demandé. " Viens voir ici ". Le soldat me montre alors à côté de la piscine qui se trouve sur la terrasse, un escalier orienté dans le sous-sol de la maison. " C'est le bunker. Si vous attendez Mme Gbagbo ici, en haut, elle peut s'en aller par la lagune à partir du bunker " précise l'élément des Frci. Notre stupéfaction est grande et notre curiosité de voir l'intérieur du sous-sol est aussi grande. Mais un obstacle. De l'eau d'une hauteur d'à peu-près 2 mètres a envahi le sous-sol, rendant toute visite des lieux impossible. Un portail en fer qui barre l'entrée du sous-sol à proximité de la piscine, est cachée par des fleurs. Mais l'on peut voir dans l'eau que les pilleurs ont cisaillé des barres de fer en bas du portail pour accéder à l'intérieur de la maison au sous-sol.

Qui a pillé la maison de Simone?
Les langues se délient sur les circonstances du pillage de la résidence de l'ex-première Dame. " Ce sont les parents de Simone qui ont eux-mêmes pillé sa résidence. Amangoua, gendarme et membre de la garde rapprochée de Mme Gbagbo a simulé une attaque. Sinon, personne n'est venu de l'Impérial pour s'attaquer à la résidence " explique un témoin. Et de poursuivre, " il a emporté de nombreuses affaires à Bonoua et il a distillé l'information selon laquelle il a, lui aussi, été pillé. Ce dont nous doutons. Ensuite, les frères et sœurs de Mme Gbagbo ont, eux aussi, emporté des biens de l'ex-première Dame. Des affaires sont encore stockées chez eux à la maison. Son frère Raymond a récupéré des objets pour les garder ". Pour un autre témoin, " Des jeunes gens du village de Moossou, armés et des miliciens et mercenaires qui veillaient sur la maison ont aussi emporté des biens " dès l'arrestation du couple Gbagbo. Interrogé sur la question, le Capitaine Inza Fofana s'est voulu clair : " C'est quatre jours après le changement de pouvoir que nous sommes arrivés à Grand-Bassam. A notre arrivée, la résidence avait été déjà pillée. Si on était arrivé avant, on aurait pu mettre un dispositif de sécurité pour protéger la maison comme cela a été fait à Mama chez Gbagbo. Si nous l'avions fait quand même après ce pillage, c'est sûr qu'on aurait dit que c'est nous qui avons pillé la résidence " a-t-il dit. Non sans ajouter qu'il ne sait pas grand-chose des enfants et petits-enfants du couple Gbagbo qui avaient été envoyés à Moossou quelques jours après l'arrestation de Gbagbo et de Simone. Dix (10) jours avant l'arrestation du couple présidentiel, il ressort que des émeutes avaient éclaté près de la résidence de Simone Gbagbo. " Alors que des informations, je dirais même des rumeurs indiquaient que l'ancien chef de l'Etat, négociait son départ et qu'il serait même parti à la résidence de l'Ambassadeur de l'Afrique du sud, un groupe de jeunes du quartier impérial a pris la rue, pour manifester sa joie. Et des rumeurs ont fait dire pendant cette explosion de joie que certains partis vers Moossou, ont été arrêtés et détenus par les mercenaires et miliciens présents au domicile de Mme Gbagbo. Les jeunes de l'Impérial ont donc décidé d'aller les libérer. Non loin du terrain de jeu de Moossou, qui se trouve à proximité de la résidence, ils ont été pris à partie par les mercenaires armés qui ont ouvert le feu. C'était la débandade. Vrai ou faux, les mercenaires détenaient-ils des gens ? Nul ne pouvait le dire. Mais plus tard, l'on a enregistré la disparition de Fofana Djakaridja qui a été retrouvé mort dans la lagune, après qu'il a été tué et mis dans un sac. Des gens disent qu'il y a eu un autre mort qui n'a pas été retrouvé, mais ça, je ne peux le confirmer", explique un sachant. Cette information est d'ailleurs confirmée par des Bassamois. Il y a eu au moins une personne tuée par les miliciens et mercenaires présents à la résidence et deux (2) véhicules incendiés par eux dans les environs du terrain de jeu de Moossou. Pour un des interlocuteurs, la disparition de Fofana Djakaridja ainsi que l'incendie des deux véhicules appartenant au groupe de jeunes de l'Impérial a mis fin à toute volonté de ces derniers de revenir encore à la résidence de Mme Gbagbo. Ajouté à cela, la campagne de sensibilisation menée par les autorités, la royauté, la chefferie traditionnelle et religieuse pour que la paix soit maintenue. " Fort de tout cela, les jeunes de l'Impérial ne sont plus revenus à la résidence. Le pillage a donc été le fait de personnes proches de l'ex première Dame ", a conclu notre interlocuteur.

Les gens du bunker envoyés à Bassam sont partis
C'est la cour familiale des Ehivet à Moossou qui a accueilli les parents du couple Gbagbo qui étaient dans le bunker après la décision du président de la République, Alassane Ouattara, de les libérer pour qu'ils retournent en famille. " Ce sont les Frci qui les ont convoyés à Moossou. Il y avait au total 19 personnes dont une vieille femme que l'on disait tantôt la maman de Aboudrahamane Sangaré, tantôt la mère de Gbagbo. Il y avait deux (2) messieurs et de nombreux enfants. Mme Ouattara Claudine, Ehivet Victoire et Ehivet Françoise, épouse de Légré, impliqué dans l'affaire Kiffer, toutes des sœurs de Simone étaient ici ", indiquent nos interlocuteurs. Mais où ce beau monde est-il aujourd'hui ? Nos contacts sont formels : " tout le monde est parti de la cour du papa de Simone depuis le mois de mai. Quelquefois, ses sœurs arrivent d'Abidjan où tout le monde est reparti. La dernière fois où nous les avons vues ici, c'était lors des obsèques de l'ancien ministre Alcide Kacou, il y a au moins un mois. Seule Kôkô Angèle, la fille de ménage, a refusé de retourner à Abidjan. Il paraît que les travailleurs de la résidence présidentielle ont été rappelés pour reprendre le travail. Elle, elle ne veut plus y retourner. Elle est donc au domicile de son père à Moossou où chaque soir, elle vend des "gbofloto" (beignets) devant la cour.
Michel Kabangoué
Envoyé spécial à Moossou

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