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Ressources minières : Les richesses que la Côte d’Ivoire laisse échapper (2ème partie)
Publié le vendredi 29 juillet 2011   |  Le Journal De L'Economie




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Les ressources minières ont été longtemps mises à l’écart dans le processus de développement économique en Côte d’Ivoire.

Depuis la découverte des premiers puits de pétrole en 1970, les secteurs des mines, du pétrole et de l’énergie n’ont pas connu un véritable développement. Leur contribution à l’économie nationale se limite en effet à 8% du produit intérieur brut. Dixit Adama Toungara, ministre des mines et de l’énergie à l’occasion du séminaire gouvernementale tenu du 9 au 10 juin 2011 à Yamoussoukro, sur les perspectives de ces secteurs pour les 20 prochaines années. Ce constat amer montre clairement que les richesses minières et énergétiques n’ont réellement pas été la priorité des gouvernements ivoiriens. L’agriculture a été longtemps privilégiée. Diamants, or, fer, manganèse, bauxite, et autres sont aussi de potentielles sources de revenus à même d’insuffler une croissance économique solide.



Le diamant pris en otage

L’exploitation du diamant a commencé en 1948 à Tortiya avec la société Saremci (Société anonyme de recherches minières en Côte d’Ivoire) qui gérait une réserve de 830 000 carats sur 188 ha. Avec une production qui a atteint son point culminant en 1972 avec 260 000 carats, la société n’a pourtant pas pu tenir et a dû fermer en 1976. Une autre tentative de développement de l’activité s’est soldée par un échec à Seguela. Aujourd’hui, c’est l’exploitation traditionnelle qui domine l’activité diamantifère. Avec les crises militaro-politiques à répétition, le diamant ivoirien s’est enfoncé davantage. Notamment à travers l’extraction illégale effectuée par les anciennes forces nouvelles installées dans la partie nord du pays, riche en diamant. Celles-ci ont fait main basse sur l’extraction traditionnelle. Cette situation a été maintes fois décriée par les instances internationales à travers le processus de Kimberley qui voulait éviter l’utilisation des ressources diamantifères et aurifères dans les conflits armés. Malheureusement, selon certains experts, le trafic des diamants a même constitué le nerf de la guerre de l’ancienne rébellion des Forces nouvelles. Selon un rapport de l’organisation Global Witness produit en 2005, jusqu’à 300 000 carats extraits chaque année au nord-ouest du pays sont mis sur le marché international à travers le Mali et la Guinée. Entre 2000 et 2002, toujours selon Global Witness, près de 7 ,9 millions de dollars de diamant ont transité par le Mali seule (soit une perte de 3,6 milliards FCFA de recette pour la Côte d’Ivoire). Par ailleurs, en 2003 et 2004, aucune statistique nationale n’existe sur le diamant brut ou taillé, ce qui ne veut pas pour autant dire qu’il n y a pas eu d’activité. Les autorités gouvernementales, elles, estiment à 11,4 milliards FCFA le revenu possible tiré de la vente des diamants par ces réseaux illégaux. C’est une idée de ce que le pays perd dans ce secteur.



L’or et le fer, un engouement très récent

L’exploitation de l’or n’est pas récente en Côte d’Ivoire. Pendant longtemps, la société des mines d’Ity (SMI), exploitant la mine d’or éponyme, a été longtemps le flambeau de l’exploitation aurifère en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, il existe d’autre mines qui sont en activité, notamment la mine d’or de Bonikro, exploitée par la société minière Lgl Equigold, qui y a investi 50 milliards et celle de Tongon, qui est l’affaire de Randgold ressources. La dernière est considérée comme la plus grande mine d’or de Côte d’Ivoire avec une réserve de quatre millions d’onces (environ 120 tonnes d’or). Avec un investissement prévu de 140 milliards, la mine d’or a produit son premier lingot d’or de 9,5 kilos, présenté au gouvernement le 8 novembre 2010. Il existe également une mine d’or à Angovia, dont l’exploitation a été interrompue par Cogema du fait de la crise récente. Par ailleurs, la société Etruscan Côte d’Ivoire, filiale de la société canadienne Etruscan Ressources Inc, qui devait exploiter la mine d’or d’Agbaou à partir de fin 2010, a vu son activité compromise à cause de la situation de crise. Le vrai problème avec l’or, c’est que l’exploitation n’est pas encore optimale. Le pays reste un producteur marginal, comparativement au Ghana qui dispose, à quelques différences près, des mêmes réserves que la Côte d’Ivoire. La production annuelle de la Côte d’Ivoire est estimée à 4 tonnes contre 26 tonnes pour ce pays. Les investissements dans le secteur sont encore faibles et ne peuvent faire entrer beaucoup d’argent dans les caisses publiques. A l’heure où le prix de l’once d’or flambe (1615 $ l’once), il est impérieux de mettre l’accent sur les investissements dans ce secteur afin de faire entrer beaucoup plus de dividendes en Côte d’Ivoire.

Le fer est également un métal qui connaît un engouement depuis quelques années. Les projets concernés sont les gisements de fer du Mont Gao et du Mont Nimba, qui intéressent la société indienne Tata Steel et celle du Mont Klahoyo que convoite la société britannique Valleymist. Tata steel veut investir la somme astronomique de 1 milliard de $ (458,5 milliards de FCFA) dans le fer ivoirien mais elle n’a pas encore atteint l’étape de l’exploitation. Comme on le voit, on est encore au stade de projets en matière de fer alors que toutes ces réserves auraient pu être transformées en recettes pour l’Etat depuis belle lurette à travers les taxes et la participation de l’Etat dans le capital de ces sociétés.



Les autres minéraux sous-exploités

Les autres minéraux majeurs exploités en Côte d’Ivoire sont le manganèse, le Nickel, le cuivre, etc. Le premiercité est exploité à hauteur de 150 000 tonnes par an par la société Sodemi. Mais la Côte d’Ivoire peut aller bien au-delà. Avec la société publique chinoise China Geological and Mining corporation (CGM) cet objectif va être certainement atteint. Cette dernière investira 20 millions de dollars (9,16 milliards FCFA) à travers la compagnie minière du littoral (CML), détenue à 51% par la Sodemi. L’additif de l’acier proviendra de la mine de mokta à Lauzoua (Grand Lahou) à 180 km d’Abidjan. Par ailleurs dans le domaine du nickel, les réserves en Côte d’ Ivoire sont conséquentes. Cependant l’exploitation n’est pas encore à son maximum. ¨Pour l’heure la société canadienne Sama Nickel est en joint venture avec la Sodemi afin de développer les réserves de cuivre/nickel à platinoides de Samapleu dans la région de Biankouma. La répartition de capital se fait comme suit : jusqu’à l’étude de faisabilité Sama Nickel Corporation détiendra 100% du capital, après quoi sa participation passera à 60% contre 30 % pour la Sodemi et 10% pour l’Etat de Côte d’Ivoire. Les activités de recherche ont eu cours jusqu’en novembre 2010 avec au bout, le lancement d’un programme de forage à 9 000 m. Le processus est toujours en cours avec quelques succès selon les promoteurs. Mais la récente crise n’offre aucune sérénité. En dehors de Sama nickel, la société canadienne Tau Group vise également les gisements de nickel latéritique de Sipilou et de Foungbesso. Par ailleurs, la Sodemi avec un partenaire Indien a mis sur pied un projet d’exploitation de pierre ornementale dont une partie de la production sera transformée sur place, dans une usine de polissage. Les produits de revêtement polis ou non seront destinés au marché national et sous- régional. Les gisements d’argile intéressent également la société publique. Après avoir inventorié dans les régions du sud, de l’est et de l’ouest de la Côte d’Ivoire des gisements, elle compte les exploiter dans un proche avenir.

En somme, dans le domaine des mines, les projets sont très nombreux, reste à les mettre en œuvre afin de faire de la Côte d’Ivoire un pays minier majeur. Notons que parmi les minerais sous-exploités ou pas exploités se trouvent la bauxite, le tungstène, la tantalite, le cobalt, l’étain et des pierres ornementales.

Par Marius Nouza

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