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Justin Koné Katinan (Porte-parole du Président Gbagbo) : “C’est une reculade dans le processus de réconciliation”
Publié le samedi 20 aot 2011   |  Notre Voie


Justin
© Reuters
Justin Koné Katinan, Ministre du Budget du Gouvernment du Président Laurent Gbagbo


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“Je tiens à rappeler que je représente une personnalité - le président Laurent Gbagbo - qui est attachée fondamentalement aux lois de la Côte d’Ivoire, à la Constitution de son pays. C’est au nom du respect de cette Constitution qu’il a supporté les bombardements de sa résidence par les forces françaises. Sur cette base-là, je ne peux qu’être respectueux des procédures de mon pays. Un acte d’inculpation est un acte judiciaire qui intéresse en premier lieu, la personne visée.

Or, ni le président Gbagbo ni ses avocats n’ont été informés d’un quelconque acte
d’inculpation. Je viens de l’apprendre dans la presse comme tout le monde. J’ai instruit les avocats à l’effet de m’informer le plus rapidement possible de l’existence de cet acte d’inculpation.

En attendant le rapport des avocats, je tiens à préciser que si cela s’avérait, ce serait une reculade dans la recherche de la réconciliation en Côte d’Ivoire ; une réconciliation dont le plus grand bénéficiaire reste le président Ouattara. C’est lui qui a le plus besoin de réconciliation en Côte d’Ivoire pour construire sa légitimité quand on regarde les conditions dans lesquelles il est arrivé au pouvoir. Si cette inculpation s’avère, ça sera un acte de provocation inutile. Les Ivoiriens ont besoin de quiétude après tant d’années d’angoisse. Il relève de sa responsabilité, en tant que chef de l’Etat, de construire cette réconciliation. Le président Laurent Gbagbo bénéficie d’une immunité de juridiction qui ne peut lui être retirée par aucune institution de Côte d’Ivoire. Cette immunité est d’ordre public. Elle s’impose à n’importe quel juge de Côte d’Ivoire. Nous allons instruire les avocats pour que cela soit affirmé afin que le président Laurent Gbagbo recouvre la liberté.

Ce que je viens de dire vaut également, à quelques variances près, pour Simone Gbagbo qui est députée, et à cet titre, bénéficie d’une immunité parlementaire qui, du reste, n’est pas encore levée ».

Comme en 1992

C’est la deuxième fois qu’Alassane Dramane Ouattara jette Laurent Gbagbo en
prison. La première fois, c’était en 1992. A la suite d’une descente musclée des
éléments de la Force d’intervention rapide para-commando (FIRPAC), une unité
d’élite de l’armée ivoirienne d’alors, à la cité universitaire de Yopougon, dans la nuit
du 17 au 18 mai 1991, une enquête a été ouverte. Les conclusions ont établi des
violences graves sur les étudiants avec des cas de viols. Face au refus du régime
Houphouët de sanctionner les coupables, l’opposition conduite par le Front populaire
ivoirien (FPI) a projeté une marche, le 18 février 1992. Le gouvernement dirigé par le
Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, qui y était fermement opposé, a
planifié un complot, digne d’un scénario hollywoodien. Le 18 février 1992, alors que
la marche pacifique se trouvait à la gare Sotra, à la cité administrative (Plateau), des
épaisses fumées noires qui s’échappaient des véhicules incendiés se sont élevées
dans le ciel, à environ 300 mètres des lieux, du côté du Palais de la justice. Des
loubards armés de gourdin se livraient à des casses. Dans les minutes qui ont suivi,
la marche a été dispersée dans la violence, par les forces de l’ordre. Laurent
Gbagbo, le chef de l’opposition, et plusieurs autres responsables politiques et
syndicaux dont le président de la ligue ivoirienne des droits de l’homme (Lidho), le
professeur René Dégni Ségui, ont été sauvagement battus avant d’être mis aux
arrêts. Laurent Gbagbo a été arrêté ainsi que son épouse, Ehivet Simone Gbagbo.

Ils ont été rejoints quelques heures plus tard, par leur fils, Michel Gbagbo. Devant les
cameras, le Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, a expliqué que Gbagbo
a été arrêté, parce qu’il a été pris en flagrant délit de casse. Ainsi Ouattara a fait
passer la victime pour le bourreau. Le régime Houphouët était hostile à la
démocratie. Aussi a-t-il orchestré ce coup, pour tenter de liquider l’opposition. 19 ans
après, Alassane Dramane Ouattara remet ça. Alors que Laurent Gbagbo a été
proclamé vainqueur par le Conseil constitutionnel, Alassane Dramane Ouattara
proteste. Il engage les forces de la rébellion armée dans une guerre le pouvoir
Gbagbo. Ainsi plusieurs attaques sont menées qui se soldent par plusieurs centaines
de victimes civiles. Dans leurs avancées, les forces pro-Ouattara attaquent les
commissariats de Police et les brigades de gendarmerie ; détruisent plusieurs
mairies, des sous-préfectures et des préfectures. Les établissements bancaires n’ont
pas été épargnés. Plusieurs agences de banques ont été pillées, à Abidjan. Le
chaos se poursuit jusqu’au renversement de Gbagbo par l’armée française venue en
appui aux forces pro-Ouattara. Comme en 1992, Ouattara fait passer la victime
Gbagbo pour le bourreau. Depuis jeudi dernier, le procureur Simplice Kouadio Koffi a
inculpé Laurent Gbagbo pour crimes économiques. Le régime Ouattara accuse
Laurent Gbagbo et son épouse alors que les forces pro-Ouattara qui ont pillé les
banques, dépouillé les ministères, commis des crimes économiques et de sang sont
en liberté. Disons le tout net. Cette attitude de Ouattara dénote d’une peur bleue de
Laurent Gbagbo.

César Ebrokié
ebrokie2@yahoo.fr

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