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Inculpation du couple Gbagbo pour crimes économiques Le monde à l’envers !
Publié le samedi 20 aot 2011   |  Notre Voie




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La Justice ivoirienne, à double vitesse, a inculpé le président Laurent Gbagbo et de son épouse, Simone Ehivet Gbagbo, pour crimes économiques. On croirait rêver !

Totalement abasourdi par une situation extrêmement bizarre, qu’il n’arrivait pas à comprendre, mon grand père me disait un jour: « Lorsque je lève la tête vers le ciel, j’ai l’impression qu’il me tomber dessus. Et quand je baisse la tête pour regarder la terre, j’ai l’impression qu’elle aussi va se dérober sous mes pieds. De sorte que je ne sais pas dans quel monde, je me trouve avec ce qui se passe ». C’est exactement ce qui arrive aux Ivoiriens qui ont appris, jeudi 18 Aout dernier, l’inculpation du président Laurent Gbagbo et de son épouse, Simone Ehivet Gbagbo, pour crimes économiques. L’information a été livrée, le même jour, par le procureur de la République, Simplice Kouadio Koffi, au cours d’un point de presse. Il est notamment reproché au couple présidentiel, les faits de vols aggravés, détournement de deniers publics, pillages, corruption et d’atteinte à l’économie nationale. Ils sont, en effet, nombreux, les Ivoiriens qui se croiraient sur une autre planète. Ils se demandent si c’est bien de Laurent Gbagbo qu’il s’agit. Parle-t-on de l’homme d’Etat et du politique chevronné, Laurent Gbagbo, qui pendant 30 ans, s’est opposé au régime Houphouët en résistant à toute forme de corruption ? Ou du même Gbagbo qui, pendant les
10 ans passés à la tête de la Côte d’ Ivoire, a fait montre de transparence dans la
gestion des finances publiques malgré la guerre à lui imposée par ceux qui sont aux
commandes aujourd’hui ?

Un opposant intègre

En effet, Laurent Gbagbo est le seul véritable opposant historique de Félix Houphouët-Boigny, qui a dirigé de main de fer la Côte d’Ivoire, pendant plus de 30 ans. Le président Houphouët qui abhorrait la contradiction et les critiques, avait tout tenté, en se sevrant notamment du pouvoir d’argent, pour « ramener Gbagbo dans la maison », comme il aimait à le dire. Mais rien n’y fit. Pendant 30 ans, Gbagbo a résisté à toutes les formes de corruption orchestrées par la machine du parti unique tenue par Houphouët. Et pourtant, Gbagbo ne vivait pas dans l’opulence. Bien au contraire, enfant de paysan, il menait une vie modeste. Deux exemples illustrent ce constat. Premièrement, alors qu’il était en exil en France, le président Houphouët a envoyé un émissaire à Gbagbo, que nous ne nommerons pas, par pudeur. Cet émissaire était porteur, entre autre, de la somme de 2 milliards fcfa. « Le président Houphouët m’envoie te remettre cette somme. Il te demande de renoncer à ton
combat pour rentrer au pays. Il te nommera ministre d’Etat », lui avait dit l’émissaire
qui avait reçu Laurent Gbagbo dans un café Parisien. Réponse de Gbagbo : « Allez
dire au président Houphouët que je ne me bas pas pour l’argent. Je me bas pour que
mon pays devienne un Etat démocratique. Pour que les ivoiriens vivent décemment
des fruits de leur labeur. S’il prend les 2 milliards fcfa pour augmenter le prix du
kilogramme du café et du cacao des paysans, c’est à moi qu’il aura donné cet
argent ». C’était durant les années 80.Deuxième exemple, alors que Gbagbo était
toujours en exil, le président Houphouët avait fait virer son salaire d’Enseignant- chercheur pendant 6 ans. Quand Gbagbo est rentré d’exil en 1988 et qu’il a constaté que son salaire avait été viré, il a changé de compte et de banque sans y toucher.
Les Ivoiriens le sauront plus tard quand, lors de sa toute première conférence de presse en tant que secrétaire général du FPI, il sera interpellé sur cette affaire par

feu le journaliste Jean-Pierre Ayé, grand idéologue du Pdci-Rda, à l’époque. C’était à l’ex-Hôtel Sofitel, actuel Pulman. Réponse de Laurent Gbagbo : « Quand je suis rentré au pays et que j’ai constaté que mon salaire avait effectivement été viré, je n’y ai pas touché et j’ai aussitôt changé de banque. Parce que j’estime qu’il n’est pas normal qu’on soit payé pour un travail qu’on n’a pas fait. Dites à Houphouët d’aller récupérer l’argent qu’il m’a viré ». Combien sont-ils en Côte d’Ivoire, les hommes politiques à résister au pouvoir argent. En dehors de Gbagbo, ils sont rares.

Une gestion transparente des affaires de l’Etat

Quand Laurent Gbagbo a été élu en octobre 2000 à la tête de la Côte d’Ivoire, il n’a pas changé. Le pouvoir d’Etat ne lui a pas tourné la tête. Il est resté collé aux valeurs morales qui le caractérisent. Probité, intégrité, respect des lois, transparence dans la gestion des deniers publics etc. En effet, avant sa prise de fonction, le président Gbagbo, pour éviter toute suspicion, a déclaré ses biens. Il a demandé aux membres de son gouvernement d’en faire autant. Gbagbo a ensuite rendu public son salaire et son budget de souveraineté et les indemnités de ses ministres. Il est d’ailleurs le seul chef d’Etat ivoirien, à l’avoir fait. Le président Gbagbo a également lancé des appels à candidature pour les postes de directeurs généraux des régies financières. En ce qui concerne la filière café-cacao, principale source de revenus de l’Etat, le président Gbagbo a supprimé tous les intermédiaires qui grugeaient les paysans et qui, sans être propriétaires de plantations de café et de cacao, s’enrichissaient sur le dos des planteurs. Il avait confié la filière aux propriétaires que sont les planteurs. Conséquence positive, on a vu dans ce pays, des paysans s’acheter des grosses cylindrés et se construire de grosses villas. Laurent Gbagbo avait clairement indiqué qu’il n’est ni planteur, ni homme d’affaires. De sorte qu’il ne pouvait faire de concurrence ni à un planteur, ni à un opérateur économique. Il n’a jamais reçu de dessous de table de la part d’un opérateur économique désirant investir en Côte d’Ivoire. Et pour tout boucler, il prenait son budget de souveraineté pour apporter de l’eau et l’électricité dans les villages. Les populations du centre du pays en sont, par exemple, des bénéficiaires.

Et c’est sur ce terrain de la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat que les Ivoiriens attendent le nouveau chef de l’Etat, Alassane Dramane Ouattara, et son gouvernement. Les ivoiriens attendent qu’ils déclarent leurs biens, leurs salaires et qu’ils fassent preuve de transparence dans la gestion des régies financières. Mais que non ! Le régime Ouattara a juste pondu une charte d’éthique dont le vrai objectif est de distraire le peuple. Et c’est un tel pouvoir, issu d’une rébellion armée qui a pillé les ressources des parties Centre, Ouest et Nord du pays, qui accuse le président Gbagbo de crimes économiques.

C’est le monde à l’envers !

Les mesures prises à l’encontre de la Bceao et la nationalisation de certaines banques par le régime Gbagbo durant la crise postélectorale participaient de la résistance contre la volonté de la France de recoloniser la Côte d’Ivoire. L’action néfaste de la Bceao et des banques françaises en Côte d’Ivoire visait à affamer les Ivoiriens. Aucun homme d’Etat responsable ne pouvait l’accepter et laisser son peuple mourir de faim. Gbagbo se devait donc de réagir en prenant des mesures que nécessitait la situation pour permettre non seulement à l’Etat de fonctionner,

mais aussi aux Ivoiriens de jouir des fruits de leur labeur. Cela n’est pas un crime économique.

Boga Sivori
bogasivo@yahoo.fr

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