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Baisse de compétitivité, difficultés structurelles : Peut-on sauver la Poste de Côte d’Ivoire ?
Publié le mercredi 7 septembre 2011   |  Tam-Tam d’Afrique




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La série de grèves tournantes a cessé, mais le différend lié aux salaires et autres avantages sociaux perdure. L’autre jour, la Direction Générale a annoncé des innovations. Une bonne occasion d’examiner la situation actuelle de la poste ivoirienne et son avenir. Etablissement des actes administratifs à distance pour les requérants, relance du service de transfert d’argent, positionnement de la E-gouvernance, partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur destiné à permettre aux étudiants de se préinscrire ou de s’inscrire depuis l’intérieur du pays, transport de courrier et de logistique pour engranger des revenus, création de filiales, courtage. Bref, le Directeur Général de la Poste de Côte d’Ivoire a des projets plein la tête. Selon Mamadou Konaté, la situation de la maison s’est nettement améliorée. «Nous avons comblé une partie des arriérés de salaire (reste un mois), remis le personnel au travail et redonné confiance à nos partenaires », fait-il remarquer, saluant les efforts consentis par les autorités étatiques pour la redynamisation de la poste. Dans le cadre de différents plans de redressement opé-rationnel et financier, les autorités ont déjà débloqué plus de 2 milliards de FCFA. Malgré tout, la poste affirme encore avoir besoin de plus de 5 milliards pour la réalisation de ses projets. Autant l’avouer, l’administration postale est au bord de la banqueroute.
Encore un besoin de 5 milliards : En effet, la poste à qui l’Etat de Côte d’Ivoire avait conféré le privilège exclusif de la collecte, de la transmission et de la livraison des lettres aux destinataires, est en ruine. Au fil du temps, ce privilège a été érodé. Des services de messagerie ont lancé le marché du haut de gamme en s’appuyant sur une exception pour les lettres à caractère d’urgence qui sont transmises par un messager. Bien sûr, une telle concurrence n’est rien en comparaison de l’impact de l’Internet et du commerce électronique sur les activités à faible valeur ajoutée de l’entreprise publique. Les catalogues, les factures, les cartes de vœux, les lettres, les magazines et un certain nombre de documents n’ont plus besoin d’être livrés dans une forme physique. Conséquences, les nouvelles adresses ont diminué et les volumes de courriers ont reculé de 50% au cours des 10 dernières années. Même si l’on observe un changement à la tête de la société d’Etat, ces tendances ne risquent pas d’être inversées. Selon le rapport annuel, les revenus du transport de courriers ont littéralement fléchi. Une autre source de revenus prometteuse est le marketing direct dont le chiffre est tombé quelque peu en 2007 en raison de la récession. Là encore, la poste n’aspire probablement pas à être un système public de livraison de courriers indésirables. Il faut le dire, les circonstances actuelles exigent un changement radical. Tout, depuis la structure des coûts jusqu’à son modèle d’entreprise mérite un examen très affiné. Selon Elvis Loukou, expert en télécommunications, le point de départ évident est la mauvaise productivité des salariés. En 2004, la moyenne par salarié des journées non travaillées en équivalent temps plein était de 16 jours de travail, 60% de plus que pour les emplois manufacturiers et 20% de plus que la moyenne. La part de ses salariés attachés à des fonctions non productives est estimée à cinq fois la moyenne du secteur industriel. En pleine crise dans les années 2005-2006, les postiers travaillaient moins de 44% de leur temps imparti, soit 10% de moins que les autres employés. Ces chiffres doivent être appréciés en termes de coûts : en 2008, 44% des revenus ont servi à financer les charges du personnel. Ce montant était de 30 à 60% plus élevé que les chiffres équivalents pour le Mali, le Burkina, le Niger. «Si la main-d’œuvre de la poste est onéreuse aujourd’hui, elle peut être demain un fardeau financier encore plus lourd », explique M. Loukou. Etant donné le régime actuel de pensions sous forme de « prestations définies », les travailleurs recevront à la retraite un montant pré-déterminé. Un système rêvé pour les salariés mais très risqué pour l’employeur qui doit compenser la différence si les contributions plus le retour sur investissement sont insuffisants pour payer le montant dû. Un employeur qui accorde à ses salariés une prestation de retraite garantie au départ doit être certain que ses flux de trésorerie couvriront tout besoin de financement du système. Bien sûr, le management reconnaît la nécessité d’affronter le problème, mais travailler dans une entreprise publique dont la dette a une garantie implicite du Trésor public, la place certainement à l’abri des pressions incitant à trouver une solution. Malheureusement, une entreprise avec 10 milliards d’endettement et qui a été réduite à solliciter un « directeur marketing » dont le travail de Sisyphe est de convaincre les Ivoiriens à continuer à communiquer avec du papier.
Un travail de Sisyphe : L’autre point à considérer est le modèle de l’entreprise, à savoir son obligation de service d’intérêt général. Dans le principe, la société doit veiller à ce que tous les usagers/clients jouissent du droit à un service postal universel impliquant la mise à disposition permanente de la qualité des services postaux de base à tous les points de leur territoire, à des prix abordables. Avec le statut décerné à l’entreprise en tant que société d’Etat ayant le monopole sur le courrier, le gouvernement a clairement déclaré que la vocation de la Poste est et restera l’ingénierie sociale, c’est-à-dire un instrument de politique publique à travers la fourniture de services postaux aux Ivoiriens. Mais, les comparaisons internationales confirment la nécessité de réformer.

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