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Affaire “financement de la campagne de Chirac en 2002” : Comment Bourgi expose Sarkozy et Ouattara
Publié le mercredi 14 septembre 2011   |  Notre Voie


L’avocat
© Autre presse
L’avocat franco-libanais : Robert Bourgi
L’avocat franco-libanais : Robert Bourgi


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L’avocat franco-libanais, Robert Bourgi, «le repenti de la Françafrique», comme il le prétend, a visiblement condamné le président français, mais également Alassane Dramane Ouattara, en voulant «liquider» les potentiels adversaires sérieux de son ami Sarkozy à la prochaine présidentielle en France.
«Ce déballage de mon confrère Bourgi est ridicule. Puisque la Françafrique en Côte d’Ivoire, ce n’est pas du côté de Gbagbo qu’il faut la voir mais bien du côté de Ouattara que Sarkozy a installé au pouvoir sur du faux pour en tirer immanquablement profit. Je crois que Bourgi n’a pas aidé Sarkozy et Ouattara». C’est ainsi qu’un avocat du Président Laurent Gbagbo, qui a requis l’anonymat, s’est prononcé hier sur l’affaire «Financement de la campagne de Chirac en 2002». Une affaire qui défraie actuellement la chronique en France et en Afrique francophone. Puisque l’avocat franco-libanais, Robert Bourgi, héritier politique de Jacques Foccart (père de la nébuleuse françafricaine) et ami de Nicolas Sarkozy, a dénoncé Jacques Chirac et Dominique De Villepin pour avoir perçu, selon lui, de l’argent de la part de chefs d’Etat africains pour le financement de la campagne présidentielle de Chirac en 2002. Parmi ces chefs d’Etat africains, Bourgi cite l’Ivoirien Laurent Gbagbo qui aurait donné 3000 dollars US (soit environ 1,5 milliard de Fcfa). L’information a été confirmée par le professeur Mamadou Koulibaly, président de l’Assemblée nationale et témoin des faits, à l’époque. Robert Bourgi n’évoque pas les conditions dans lesquelles l’aide financière de Gbagbo à Chirac a été arrachée. Les pressions subtiles et promesses françaises à Laurent Gbagbo de mettre fin à la crise ivoirienne et de raisonner le poulain de Paris, Alassane Dramane Ouattara, qui ne semblait pas être étranger à la tentative de coup d’Etat de janvier 2001. Evidemment, l’Elysée n’a pas tenu parole. Bien au contraire, Paris a parrainé une rébellion armée pro-Ouattara avec pour base-arrière, le Burkina Faso, de «l’honorable correspondant» Blaise Compaoré, à partir de septembre 2002. Objectif, «dégommer Laurent Gbagbo du pouvoir», ce réfractaire à la Françafrique. Parce qu’à la vérité, Chirac n’a pas obtenu aisément les 3000 dollars de Gbagbo. Robert Bourgi le sait.
En plus de Jacques Chirac et Dominique de Villepin, Bourgi tire sur Jean-Marie Le Pen, ex-patron du Front national (parti d’extrême droite française) qu’il accuse d’avoir reçu, en 1998, pour la campagne électorale, de l’argent provenant d’Omar Bongo Ondimba, défunt chef de l’Etat gabonais. Après la «liquidation» heureuse, pour elle, de Dominique Strauss-Kahn, l’équipe de Sarkozy jette maintenant son dévolu sur les potentiels sérieux adversaires de l’actuel Président français à l’élection présidentielle d’avril 2012. C’est dans cette logique qu’on pourrait situer la sortie de Robert Bourgi. Le poulain de Jacques Foccart a engagé la bataille pour son ami, Nicolas Sarkozy. Les véritables cibles sont Dominique De Villepin et Marine Le Pen. L’un est très proche de Chirac et a récemment dévoilé son non- soutien à Sarkozy. L’autre est la fille de Jean-Marie Le Pen. En tentant de disqualifier Chirac et Le Pen, Bourgi veut ternir l’image, dans l’opinion française, des filleuls de Chirac et Le Pen. A savoir, Dominique De Villepin et Marine Le Pen.

Sarkozy, Ouattara et les multinationales françaises

Le Françafricain Robert Bourgi risque d’être pris à son propre piège puisque «ce déballage» arrive à point nommé pour ouvrir les yeux sur le financement de l’élection présidentielle française de 2012. Les adversaires de Sarkozy focaliseront leur regard sur la Côte d’Ivoire où Sarkozy a installé Alassane Dramane Ouattara, en avril dernier, au terme d’un coup d’Etat contre le Président Gbagbo. A l’issue d’une crise postélectorale liée à une présidentielle ivoirienne émaillée de fraudes et d’exactions sur les électeurs. Paris a couvert ce déni de démocratie et a manipulé la Cedeao, l’Ua etc., pour mettre son pion au pouvoir en Côte d’Ivoire. Cet activisme de l’Elysée n’était pas pour «défendre la démocratie» comme le prétend Sarkozy. Qui a curieusement refusé le recomptage des voix, un acte démocratique, exigé par Laurent Gbagbo. Alors qu’en Haïti, le recomptage des voix a été appliqué pour désigner le vrai vainqueur de la présidentielle, pour la Côte d’Ivoire, la France, les Etats-Unis, l’Onu…n’ont pas voulu en entendre parler.
En vérité, l’enjeu n’était pas la défense de la démocratie mais le contrôle des ressources de la Côte d’Ivoire via un chef de l’Etat, «ami et Françafricain». En effet, depuis 1991, alors qu’il était Premier ministre d’un Houphouët croulant, Alassane Dramane Ouattara a fait prévaloir les intérêts français sur ceux de la Côte d’Ivoire. C’est d’ailleurs lui qui a donné le téléphone fixe et l’électricité à la multinationale Bouygues à 1Fcfa symbolique. Très proche de Nicolas Sarkozy, Bouygues a été actif aux côtés de Ouattara durant la campagne présidentielle et bien avant. Des sources concordantes soutiennent même que cette multinationale française serait foncièrement anti-Gbagbo et aurait eu des proximités avec la rébellion armée pro-Ouattara de septembre 2002. C’est sans surprise que le consortium Bouygues revient en grande pompe en Côte d’Ivoire et que l’on retrouve Marcel Zadi Kessy, proche parmi les proches de Martin Bouygues, nommé à la tête d’une Institution ivoirienne par Alassane Dramane Ouattara. Selon des sources, l’Elysée voulait que Zadi Kessy occupe la charge de Premier ministre avant de se raviser.
Concernant le pouvoir Ouattara, Sarkozy le dirige depuis l’Elysée. Selon La Lettre du continent n°618 du 8 septembre 2011, Sarkozy pourrait affecter Yannick Prost, chargé de mission au sein de la cellule Union pour la Méditerranée (Upm), comme conseiller de Ouattara chargé des réformes de l’Administration et de la Justice ivoiriennes. Au nombre des pratiques «françafricaines» figurent celles consistant en la transaction financière entre multinationales françaises exerçant en Afrique et hommes politiques français. L’exemple Elf est édifiant à cet effet. Pour tout le mal qu’il s’est donné pour eux, Ouattara, par le biais de Bouygues, ne témoignera-t-il pas sa reconnaissance à Sarkozy ? Des révélations sont à venir en France et peut-être en Afrique, sait-on jamais.

Didier Depry

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