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Cérémonie d’installation de la Commission Dialogue, vérité et réconciliation : l’Allocution de SEM Alassane Ouattara, Président de la République
Publié le vendredi 30 septembre 2011   |  Présidence


Cérémonie
© Abidjan.net par Comino Junior
Cérémonie d’installation officielle du président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR): le sans-faute de Charles Konan Banny
Mercredi 28 septembre 2011. Yamoussoukro. Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. Le chef de l`Etat, SEM Alassane Ouattara installe officielllement le Président Charles Konan Banny et son bureau, et les charge de réconcilier les Ivoiriens. Photo: le Président Ouattara et la première dame, Dominique Ouattara à leur arrivée


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Monsieur le Premier Ministre, Guillaume Kigbafori SORO,
Monsieur Charles Konan BANNY, Président de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation,
Messieurs les Vice-Présidents,
Mesdames et Messieurs les Membres de la Commission,
Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions,
Monsieur le Président John Kuffuor,
Messieurs les Représentants des Présidents Wade, Compaoré et Toumani Touré
Messieurs les Ministres d’Etat,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions Internationales,
Honorables Chefs Traditionnels et religieux,
Mesdames et Messieurs,
Chers compatriotes,

Quelque part en Côte d’Ivoire, une famille pleure.

Elle pleure la disparition d’un père, d’une mère, d’un enfant, d’un proche, arraché trop tôt à son affection, victime innocente des multiples crises qui ont ébranlé notre pays depuis 1999.

Je voudrais, à nouveau, exprimer ma profonde compassion à toutes ces familles éplorées et aux victimes des événements tragiques que notre pays a connus.

Comme dans tout pays qui a connu la guerre, les cœurs et les esprits sont remplis de questions. Des questions sur ce douloureux passé, mais aussi des questions sur le présent et sur l’avenir.

Si nous sommes rassemblés aujourd’hui, c’est pour nous donner les moyens de trouver des réponses à ces questions.

Nous le devons à nos concitoyens. Nous le devons à toutes les familles endeuillées, mais surtout aux générations futures.

Mes chers compatriotes,
Depuis quelques mois, la Côte d’Ivoire est au travail.

Mais notre plus grand chantier demeure celui de la reconstitution de la Nation ivoirienne. Nous devons travailler sans relâche au retour de la confiance entre toutes les filles et tous les fils de notre pays.

C’est pourquoi, lors de la campagne électorale, j’ai indiqué que mon projet aussi ambitieux soit-il ne connaîtra un début d’exécution que si deux conditions sont réunies : la paix et l’unité nationale pour une réconciliation vraie.

Aux premières heures de mon accession au pouvoir, j’ai donc souhaité qu’une Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation soit mise sur pied, afin de tirer des leçons de la crise et ne plus répéter les mêmes erreurs.

Pour avancer sur la voie de la réconciliation, nous devons affronter notre Histoire.
Notre histoire, c’est d’abord celle d’un pays qui s’est forgé dans la diversité, dans l’unité et dans la fraternité.

C’est aussi celle d’un pays qui, contre toute attente, s’est détourné de ses valeurs et a connu une grave crise identitaire. Aujourd’hui, une immense tâche nous attend.
Pour bâtir une société démocratique fondée sur l’Etat de droit et la justice, il nous faut semer ensemble la graine de la paix, dans le dialogue, la vérité et le pardon.

Le DIALOGUE implique que nous réapprenions à nous parler et à nous faire confiance.
La VERITE nécessite que nous nous exprimions à cœur ouvert, en ayant le courage d’aborder des questions sensibles telles que le foncier rural, l’immigration, les questions identitaires, les représailles et les violences perpétrées sur les populations.

Quant au PARDON, il n’interviendra que si nous commençons nous-mêmes à demander pardon. Alors, demandons pardon autour de nous, demandons pardon à chaque Ivoirien, pour toutes ces souffrances et ces vies gâchées.

La RECONCILIATION doit être l’affaire de tous. Je lance donc un appel à tous mes compatriotes.

Je demande à chaque ivoirienne et à chaque Ivoirien de participer à ce processus.
Je compte tout particulièrement sur l’implication massive des partis politiques et de nos élites politiques et militaires, afin de renforcer le champ d’action de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation.

Je compte également sur la participation de nos chefs traditionnels, des religieux et des représentants de la société civile. Vous qui êtes en contact permanent avec les populations, vous pouvez largement faciliter les relations entre les Ivoiriens et la commission.

Nous ne saurions parler de Dialogue, de Vérité et de Réconciliation, sans parler des victimes.

Pour la plupart d’entre vous, la Commission permettra de parler pour la première fois des épreuves que vous avez traversées.

Sur la base de vos témoignages, nous allons établir la vérité et obtenir la reconnaissance des faits par leurs auteurs.

La priorité sera donnée à la justice et au processus de guérison par le pardon.
Vous retrouverez votre dignité et vous obtiendrez réparation pour les préjudices que vous avez subis.

Je voudrais maintenant m’adresser aux média. Vous qui constituez un puissant vecteur d’information et d’influence, accompagnez-nous dans ce processus. Faites-le pour la Côte d’Ivoire.

Face à vos choix personnels ou politiques, donnez la priorité à l’information fiable et impartiale, dans le respect des règles d’éthique et de déontologie.

J’exigerai notamment des media d’Etat qu’ils se montrent irréprochables en la matière.
A vous, honorables membres de la Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation, je veux dire que vous avez été choisis parce que vous êtes représentatifs de la Nation ivoirienne, à travers votre ethnie, votre région, votre origine ou votre religion. Les ivoiriens vous font confiance. Les habitants de Côte d’Ivoire aussi.

Pendant les audiences, ils vous ouvriront leurs cœurs et vous confieront leurs souffrances.

Je souhaite que votre intégrité et votre esprit critique vous orientent dans les décisions que vous aurez à prendre en toute indépendance.

Monsieur le Président de la commission, mon frère Charles Konan Banny : tu es un homme d’expérience et d’équité, connu pour ton ouverture d’esprit et ta tolérance. Ta mission est difficile, mais pas impossible.

Je suis convaincu que tu sauras conduire ce processus à terme avec des résultats probants.

Ivoiriennes, Ivoiriens, mes chers compatriotes,
Les tentatives de réconciliation, il y en a déjà eu en Côte d’Ivoire. Je pense notamment au Forum de réconciliation en 2001.

Malheureusement, malgré notre bonne foi, nous n’avons pas réussi à chasser les démons de la haine et de la division. Je suis sur que beaucoup se demandent ce qui fera la différence aujourd’hui.

Je crois pour ma part, que tout comme la Paix, la réconciliation n’est pas un vain mot, c’est une décision qui doit aller au-delà de nos ressentiments.

C’est un processus qui se construira patiemment dans nos cœurs.

Je crois également que nous Ivoiriens, quelles que soient nos différences, avons en partage, l’Amour pour notre pays.

Considérons donc le processus de réconciliation, comme une thérapie nationale qui nous permettra d’identifier les véritables problèmes de notre pays.

Donnons-nous une chance de réussir. Parlons-nous, dans nos familles, dans nos quartiers, dans nos entreprises, dans nos écoles, dans nos églises, nos temples et nos mosquées. Apprenons à accepter nos différences.

Par notre engagement et notre implication totale, donnons des réponses et surtout des solutions à toutes ces familles qui malgré les souffrances vécues, ont raison de croire en l’avenir d’une Côte d’Ivoire nouvelle, une Côte d’Ivoire réconciliée et développée.

Vive la Côte d’Ivoire.

Je vous remercie.

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