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Visite au Ghana: Ouattara va-t-il négocier : le rapatriement des exilés Ivoiriens ?
Publié le jeudi 6 octobre 2011   |  Le Temps


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© Présidence par Aristide
Mini sommet extraordinaire de la Cedeao: le Président Alassane Ouattara à Abuja (Nigeria)
Samedi 10 septembre 2011. Abuja (Nigeria). Le Président Alassane Ouattara assiste à un mini sommet de la CEDEAO sur la sécurité à la frontière ivoiro-libérienne


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Alassane Dramane Ouattara court toujours. Il effectue aujourd’hui, une visite à son homologue ghanéen John Atta-Mills, à Accra. Si les gouvernants de ces deux pays voisins, la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui partagent une histoire et une culture, ont naturellement des sujets d’échanges, les circonstances actuelles que vit la Côte d’Ivoire, laissent suspecte la démarche du numéro un ivoirien. Depuis qu’il a pris le pouvoir, M. Ouattara court dans tous les sens, harcelant les gouvernements voisins afin qu’ils consentent à ne pas offrir leur sol comme base-arrière, à une quelconque rébellion contre son régime, comme le Burkina Faso de Blaise Compaoré fut la base-arrière de la rébellion contre le régime de Laurent Gbagbo.
La violence inouïe, lancée par ses hommes dès le 28 mars 2011, avait fait plusieurs morts et blessés. De même, plusieurs milliers d’Ivoiriens, y compris de nombreux militaires des ex-Forces de défense et de sécurité (ex-Fds), craignant pour leur sécurité, ont pris la route de l’exil. Le Libéria et surtout le Ghana sont envahis par des compatriotes en détresse. A un moment, le pouvoir Ouattara a accusé les militaires exilés au Ghana de vouloir préparer un coup d’Etat contre son régime. Des missions ont défilé au pays de Kwame Nkrumah afin d’éviter une attaque. L’officier ivoirien le plus redouté au Ghana, Konan Boniface, ayant consenti à rentrer à Abidjan, avec un certain nombre de frères d’armes, Ouattara s’était senti soulagé dans une certaine mesure. Mais la navette de ces militaires entre Abidjan et Accra et la présence encore massive de dignitaires du Front populaire ivoirien (Fpi) et de la Majorité présidentielle qui avait accompagné Laurent Gbagbo aux élections, ne tranquillisent pas l’ami de Nicolas Sarkozy. Qui soupçonne toujours le Ghana de lui réserver une surprise inamicale. Et c’est la dernière réunion du Fpi dans ce pays, afin de se concerter sur l’attitude à tenir face aux enjeux des législatives qui a jeté la panique dans le camp Ouattara. A cause de cette rencontre, des voix s’étaient élevées au Rhdp, groupement politique soutenant Ouattara, pour menacer pratiquement de rapatriement les ressortissants ghanéens en Côte d’Ivoire.
Le voyage de Ouattara au Ghana, ne peut donc s’inscrire que dans le cadre de la sécurisation de son régime pourtant déjà bien blindé par les armées de l’Onu et de la France. Pour certains observateurs, Ouattara irait même négocier auprès de celui qui, depuis le 7 janvier 2009, préside aux destinées de la 4e République ghanéenne, le rapatriement des opposants ivoiriens sur son sol. Mais quelles garanties M. Alassane Ouattara attend-il, sur ce schéma, de son homologue ghanéen ? Le Ghana a une tradition d’hospitalité. Et ce n’est pas au moment où Ouattara sévit en Côte d’Ivoire, emprisonne à tour de bras ses opposants, et active même la Cpi pour se débarrasser de son adversaire Laurent Gbagbo, que le Président John Atta-Mills va livrer ces hommes et ces femmes. Ce n’est pas aujourd’hui où M. Alassane Ouattara laisse toujours ses Frci tuer impunément, séquestrer encore les populations suspectées d’avoir de la sympathie pour Gbagbo, qu’Accra va abandonner ces réfugiés, sachant le sort qui les attend. La différence entre Accra et Abidjan, sur la question des droits de l’homme, de l’humanisme même et des libertés, vient de très loin. Et reflète celle entre le Commonwealth et la Francophonie. Le Ghana, appelé au départ Côte-de-l`Or, est anglophone. Indépendant du Royaume-Uni le 6 mars 1957. De cette date jusqu’au 1er juillet 1960, il est dirigé par Elizabeth II (reine de la Côte-de-l`Or), assistée de Kwame Nkrumah, Premier ministre, avant de devenir officiellement la République du Ghana. A l’opposée, lorsque, le 8 mai 1959, Premier ministre, Félix Houphouët-Boigny formait son premier Gouvernement avant l’indépendance, la Côte d’Ivoire était colonie française. Donc francophone. Les Anglais ont une telle notion et une si grande sensibilité de l’humanité et des libertés, qu’ils ont su se détacher de leurs anciennes colonies. Anciennes colonies libres de se développer, de se façonner et de s’épanouir à partir de leurs ressources naturelles disponibles. Mais les Français, avec l’âme éternellement colonisatrice, ont lié le développement et le rayonnement de leur pays, au pillage des ressources de ses anciennes colonies. «Face aux enjeux économiques, on ne s’encombre pas de morale en politique», telle est la devise informelle de la Françafrique qui crée des guerres tribales et des misères en Afrique. Ce peu d’humanisme est du nombre des facteurs qui fragilisent l’inter-culturalité et même les relations de confiance entre la Francophonie, le Commonwealth, l’Hispanophonie, la Lusophonie et l’Arabophonie. La hargne d’Abidjan, d’en finir avec tout ce qui est proche de Gbagbo, qui serait donc souverainiste, est une politique de l’Elysée, soutenue par la Francophonie. C’est pour la même raison impérialiste que le Premier ministre français, François Fillon, après sa récente visite de repositionnement de la France à Abidjan, était passé dire un mot à l’oreille du Président John Atta-Mills. Alassane Ouattara peut aller autant de fois qu’il souhaite au Ghana. Y envoyer autant de fois qu’il peut Hamed Bakayoko, ministre de l’Intérieur. Mais tant que les Ivoiriens exilés dans ce pays ne se sentiront pas en sécurité en Côte d’Ivoire, ils éviteront cette destination. Parce que pour l’instant, le suicide ne les habite pas.

Germain Séhoué (gs05895444@yahoo.fr)

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