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Claude Brissi Takaléa, Sg de Lider et ex-exilé Fpi à Accra : “Le dialogue, Alassane Ouattara l’avait voulu mais…”
Publié le samedi 8 octobre 2011   |  Nord-Sud




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La guerre des clans a eu raison de certaines têtes au Fpi, en l’occurrence l’ex-chef d’Etat, Laurent Gbagbo, à en croire Claude Brissi Takaléa, transfuge dudit parti et actuel secrétaire général de Lider.

Pourquoi Lider est-il jusque-là absent de l’échiquier politique national ?
Depuis 3 mois, nous sommes en train d’implanter notre parti. Nous sommes encore dans la procédure administrative. C’est mardi dernier (27 septembre) que les enquêtes de moralité se sont pratiquement achevées par la prise des empreintes digitales des membres-fondateurs et la visite de notre siège par les renseignements généraux. Cela dit, nous continuons de faire notre travail sur le terrain. Le handicap que nous avons est que nous n’avons pas un journal du parti, c`était un choix délibéré. Donc, les Ivoiriens ne savent pas au quotidien ce que nous faisons.

Que représente aujourd’hui Lider en chiffre?
Notre méthode consiste à faire des fiches individuelles par adhérent, par quartier, par ville ou village. Pour nous, il y a une distinction nette à faire entre sympathisants et militants. Aux dernières nouvelles, nous enregistrions neuf mille inscrits. Ceux qui viennent à Lider, pour la plupart, représentent près de 25% de transfuges du Fpi (Front populaire ivoirien, ndlr), 25% de transfuges du Rhdp (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et pour la paix, ndlr) et 50% de personnes qui n’ont jamais fait de politique. C`est cette frange qui nous intéresse.

Les 25%, quelles raisons vous ont-ils données de leur départ du Fpi?
Pour certains, c`est par déception du FPI et de son fonctionnement depuis son accession au pouvoir. Pour d`autres, ils étaient et ils sont toujours convaincus que c’est Mamadou Koulibaly qui peut sauver la situation de Laurent Gbagbo par ses revendications et non par des slogans comme « libérez Gbagbo ».

Mamadou Koulibaly avait-il, lui, suffisamment promu son idée?
Bien sûr ! Il y a même beaucoup des nôtres qui l’ont compris en son temps. En réalité, il a dit à travers Jeune Afrique que Gbagbo n’est pas la priorité dans la nouvelle lutte, qu’il fallait d’abord restructurer le parti, remettre toutes les forces de l’opposition en rangs de bataille. Ainsi, une fois la coalition des forces de l’opposition installée, le problème de Gbagbo pouvait être posé. N`oubliez pas qu`en ce moment-là, il était seul à monter au créneau. Ceux qui le critiquent aujourd`hui étaient pour certains à la Pergola ou en exil. D`autres ont dit que c’est plutôt l’inverse qu’il faut faire. Pour eux, il faut libérer d’abord Gbagbo avant de restaurer le parti. C’est de là qu’est partie l’incompréhension parce que cette frange dirigeait de haute main depuis l`exil ou de la prison où une ‘’direction du parti‘’ donnait pour consigne stricte de ne pas céder le parti à Mamadou Koulibaly.

C’est ce moment que vous avez choisi pour suivre M. Koulibaly?
Non, pour moi c’est un autre problème.

Lequel ?
Sachez avant tout que je suis issu de la même région (Gagnoa, Fromager, Ndlr) que le président Laurent Gbagbo. En tant que député sortant, j’ai voté à Abidjan. Cela veut dire que je n’ai pas voté dans ma circonscription (Gnagbodougoua, Ndlr), puisque je ne m’y étais pas fait enrôler. Depuis la date de l`enrôlement, en 2008, le président de la République, chef de l’État qu’il était, devait savoir ou savait que son député ne s’étant pas inscrit dans sa circonscription d’origine, il n’allait plus s’y présenter à nouveau. Cela veut simplement dire que, pour des raisons personnelles, je ne me représenterais pas sous les couleurs du Fpi, aux législatives à venir. Je l’ai dit une fois à table, chez le président Laurent Gbagbo, devant son épouse Simone Gbagbo et Sokouri Bohui. Je leur ai dit que je ne me représenterais plus sous les couleurs du Fpi. Depuis cette époque, la ligne de partage avait été tracée.

Votre commentaire sur le ‘’dialogue républicain‘’ ?
J’ai toujours dit que Mamadou Koulibaly avait une longueur d’avance sur nous tous au Fpi quand nous y étions encore. Lui et moi avions été les premiers à reconnaître qu’Alassane Ouattara avait gagné. Si le contentieux post-électoral continuait de prospérer, il avait gagné militairement, diplomatiquement, financièrement et sur tous les plans. Certains de nos camarades nous ont assurés que Yao Ndré avait déclaré la vacance du pouvoir et qu’il appartenait à Mamadou Koulibaly de jouer le rôle que la Constitution lui recommandait… sauf qu’ils ne savaient pas où se trouvait Yao Ndré, celui-là même devant lequel Mamadou Koulibaly était censé prêter serment.

Que s’est-il passé ensuite?
Gbagbo en prison, avec Miaka Oureto, nous avons rédigé une déclaration pour reconnaître la victoire d’Alassane Ouattara. Après cela nous sommes rentrés du Ghana, pour la 1ère fois, le 22 avril dernier. Le dialogue, Alassane Ouattara l`avait voulu mais il ne savait plus avec qui discuter vu que la cacophonie régnait dans nos rangs. Si, aujourd`hui, le dialogue républicain que nous avions amorcé se fait, nous, à Lider, nous en sommes fiers, puisque notre slogan « l`amélioration de l’indice global de la tranquillité des Ivoiriens pour reconstruire notre pays » se met en marche.

Quelle leçon tirez-vous de cette étape décisive ?
Aujourd’hui, je pourrais dire que nous sommes heureux d’avoir pris cette décision parce qu’elle a sauvé de nombreuses vies humaines. On ne sait pas ce qui se serait passé si, à un moment donné, des Ivoiriens comme Mamadou Koulibaly n’avaient pas pris la responsabilité de dire : « ça suffit !». Je pense qu’en son for intérieur le président Alassane Ouattara doit dire heureusement qu’il s’est trouvé des Ivoiriens pour que la belligérance cesse.

Quelle est donc la politique de Lider pour l’avenir de Laurent Gba­gbo?
Je disais que ce n’est pas par des injonctions péremptoires, du genre « libérez Gbagbo », que nous parviendrons à obtenir sa libération. Pour rappel, Laurent Gbagbo est celui-là même qui, à l’époque du ‘’front républicain‘’, a fait une tournée au nord de la Côte d’Ivoire avec (feu) Djéni Kobina, pour un RDR naissant. Ils ont parcouru le nord à bord de ma voiture, un véhicule de type 4x4. C’est le même Laurent Gbagbo de qui, Amadou Gon me parlant, disait qu’Alassane Ouattara a dit qu’il n’oubliera jamais ce que Gbagbo a fait pour lui. L’armée était devant chez lui, avec des chars, pour demander sa pièce d’identité. C’est également ce même Laurent Gbagbo qui, en prenant, l’article 48 a permis à Alassane Ouattara d’être candidat à l’élection présidentielle, je ne pense pas que ADO veuille vraiment expédier Laurent Gbagbo au TPI.

Quelle moralité faut-il tirer de ce rappel historique ?
Je pense que Laurent Gbagbo a écrit en lettres d’or certaines pages de l’histoire de notre pays, il en a sali d`autres comme ADO et comme Bédié en tant qu`homme politique. L’homme que nous avons aidé à être président de la République, moi en premier, n`était plus le même puisque son arrestation a signé notre désespoir commun. Prisonnier qu’il était d’un système. Cette façon de traiter un tel monsieur me froisse énormément. Je pense même que beaucoup parmi ceux qui crient aujourd’hui ne souhaitent pas le retrouver.

Pourquoi ?
Mais parce que je pense que, dans les derniers instants passés dans le ‘’bunker‘’, il a dû se rappeler de beaucoup de choses et chercher ceux qui l’ont mis dans une telle situation. Je ne pense pas que ceux qu’il cherchait se trouvent dans la direction où les gens veulent orienter les regards. Ce n’est pas dans notre direction ; je serais très fier si Gbagbo était libre, demain, de le regarder en face. Nous pourrons nous comprendre parce que le 10 mars 2011, il a appelé Mamadou Koulibaly et moi pour nous livrer, lui-même, le compte-rendu fait par Affi Nguessan qui revenait d’Addis Abeba à la rencontre des résultats du Panel. Ils ne sont pas nombreux qui peuvent dire qu’ils ont été consultés en ces moments difficiles pour et par Laurent Gbagbo.
Seriez-vous en train de dire que Laurent Gbagbo a été induit en erreur?
Non seulement il a été induit en erreur mais je parlais tantôt de factions au sein du Fpi. Il s’agit des mêmes personnes qui ne voulaient pas qu’on fasse un bilan. Pourtant, il aurait fallu que nous demandions pardon à nos militants, à ceux qui nous ont soutenus et dont les enfants étaient recherchés ou sont morts. Il aurait fallu dire à ceux-là, nous vous demandons pardon pour ce que nous avons souhaité faire pour vous et n’avions pas réussi à le faire. Demander pardon à l`ensemble des Ivoiriens qui nous avaient confié leur destin et même aux autres partis politiques. Nous avons beaucoup à gagner dans la paix retrouvée. J`ai peur que les positions radicales n`auto-entretiennent la difficulté des autorités à régler avec élégance le cas de Laurent Gbagbo.

Vous tentez de lui trouver une excuse.
Je vous renvoie à ma réponse concernant l`amélioration de l`indice global de la tranquillité en Côte d`Ivoire.

Quelles sont vos rapports avec l’ex-chef d’État ?
Pour être proche de Gbagbo, je l’étais et je le suis encore. N’oubliez pas que je suis son dentiste. Gbagbo a dit publiquement qu’un ami l’a trimbalé au Maroc. Eh bien, c`est moi. Mais je pense qu’il y est parti en toute confiance. Oui, il est un ami et j’ai mal qu’il soit dans cette situation.

Son voyage au Maroc a fait grand bruit à l’époque…
Le départ pour le Maroc, c’était juste pour régler un problème ponctuel qui pouvait l’être ici mais cela nous aurait pris au moins 6 mois. En six jours, nous l’avons évacué et nous sommes revenus. Beaucoup de déclarations ont été faites à l`époque et je me souviens qu’une fois, alors que nous étions à table, on avait annoncé qu’il avait un gros souci médical et que l`on cachait quelque chose de grave aux Ivoiriens. Nous en avions ri... Normalement, tous les six mois, je dois pouvoir le contrôler et je suis en pleine démarche pour mes obligations de médecin.

Interview réalisée par Bidi Ignace

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