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Mort de Kadhafi : Vers la fin des dictateurs en Afrique
Publié le jeudi 27 octobre 2011   |  Parole d'Afrique




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Les forces de l’Otan et du Cnt sont arrivées à bout de l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi qui fit près de 42 ans au pouvoir. Une époque vient ainsi d’être fermée ; s’ouvre alors une autre : la fin des pseudo démocrates dont les règnes semblent s’éterniser.

La Libye est officiellement entrée dans une ère nouvelle ce dimanche. Trois jours après que Mouammar Kadhafi ait été tué à Syrte, les nouvelles autorités du pays ont en effet célébré la « libération totale » de ce pays, après plus de quarante ans passés aux mains de celui qui se voulait le « roi des rois d'Afrique ».Fort d'avoir réussi à capturer Kadhafi dans son bastion, avec l’aide de l’Otan, le Conseil national de transition (Cnt) peut désormais entamer les discussions nécessaires à la formation d'un gouvernement de transition. Celui-ci devrait ensuite organiser, sous huit mois, l'élection d'une Assemblée constituante, laquelle sera notamment chargée de rédiger la nouvelle constitution du pays mais aussi, d'organiser des élections générales et ce, dans un délai d'un an. Cette nouvelle ère de changement qui s’ouvre pour la Libye devrait l’être pour toute l’Afrique. L’on devrait, désormais, mettre fin à la longévité au pouvoir. Un état de chose qui bloque l’alternance démocratique. Cela entraine ce que tout le monde décrie aujourd’hui un peu partout à travers le monde : une longévité infructueuse au pouvoir. En Afrique, ce record était détenu par le guide libyen Mouammar Kadhafi qui est resté à la tête de la Jamahiriya (État de masse) depuis 42 ans. Le Swaziland, une autre monarchie absolue, subit depuis 24 ans, le règne du jeune et remuant Mswati III. La longévité de ces monarques au trône ne se comprend et ne s’accepte plus. A côté de ce groupe, il y a ceux qu’on nomme les pseudo démocrates. Ils ont à la tête des républiques plusieurs décennies de pouvoir. Toutes choses qui ne s’expliquent pas car, dans un État de liberté où l’on a la prétention d’ouvrir le jeu démocratique, certains analystes politiques estiment que lorsqu’un homme passe déjà plus de deux décennies à la tête de son pays, il est considéré, ni plus ni moins, comme un dictateur. L’Afrique est la partie du monde la plus riche en monarques déguisés en démocrates dans la République. Des hommes comme José Eduardo dos Santos d’Angola ou Téodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée Équatoriale ont pu faire, chacun, plus de 32 ans au pouvoir. Mais, ces deux cas ne sont pas isolés. Ils battent seulement d’une petite année leur homologue du Cameroun, Paul Biya, parachuté à la tête de l’État suite à la démission du premier président de la République, Ahmadou Ahidjo ; "l’illustre successeur" qui s’apprête d’ailleurs à célébrer, le 6 novembre prochain, ses 28 ans de magistrature suprême à la tête de l’État du Cameroun. Denis Sassou Nguesso, chassé par voie d’élection en août 1992, et qui est revenu aux affaires le 25 octobre 1997, cumule 27 ans de pouvoir au Congo Brazzaville. Dans cette short liste des monarques pseudo-démocrates figurent en bonne place les Yoweri Kaguta Yussef Mouseveni d’Ouganda (24 ans), Blaise Compaoré, plus de 23 ans de règne sans partage, arrivé au pouvoir à la suite d’un coup d’Etat. Idriss Déby Itno du Tchad plus de 19 ans, Issayas Afeworki d’Erythrée plus de 17 ans, etc.
Mettre fin à la monarchie au pouvoir et la duplicité de langage
Tous ces records situent la durée moyenne au pouvoir en Afrique autour de 20 ans, tandis que ailleurs en Europe, aux Amériques ou même en Asie, la même moyenne est presque de moitié. Cet écart pourrait davantage se creuser entre l’Afrique et les autres parties du monde puisque beaucoup de ces thuriféraires, arrivés au pouvoir par des erreurs de l’histoire ne laissent même pas entrevoir la moindre intention de prendre leur retraite. Pendant ce temps, le rythme d’alternance au pouvoir sur les autres continents est rapide. En Amérique par exemple, le plus long règne est à ce jour celui du président haïtien René Garcia Préval, avec 14 ans de pouvoir. Très peu de personnes auraient imaginé une fin de règne tragique pour l’ancien guide libyen. Tant l’homme s’était, au cours de son long règne, élevé au rang de super star de la politique, une imperturbable icône. Tous les grands du monde le courtisaient au gré des péripéties de l’histoire. Mais, aujourd’hui, au moment où il vient de tomber sur le champ de bataille, ceux qui lui avaient jadis déroulé leurs tapis rouges jubilent. Cela devrait faire réfléchir ceux qui veulent s’éterniser au pouvoir. La communauté internationale a, en signant avec le Cnt la fin de règne de Kadhafi signé également celle des pseudo démocrates. Elle qui célèbre aujourd’hui la mort de Mouammar Kadhafi comme une victoire lui avait en son temps déroulé le tapis rouge. Il y a quelques années encore, il s’entendait à merveille avec tous ceux dont l’action a été déterminante dans sa chute. C’est ainsi que sa visite en France en 2007 est demeurée mémorable. A l’époque, Rama Yade avait essuyé de sévères réprimandes pour l’avoir dénoncé. Pourtant, à ce moment-là, recevoir l’ex-Guide de la révolution libyenne et s’afficher avec lui était plutôt une tendance. A propos, il faudra rappeler que c’était en provenance de Lisbonne où il avait pris part au sommet Europe-Afrique que Kadhafi avait atterri à Paris, avant de planter sa tente bédouine dans le jardin de Luxembourg. Quelques mois plus tôt, c’est Nicolas Sarkozy qui s’était déplacé à Tripoli pour, avait-il écrit dans le livre d’or, « parler d’avenir ». En 2004, c’est le plutôt « sage » Jacques Chirac qui s’y était rendu. La même année, l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair, de son côté, n’avait pas résisté à la tentation de rencontrer le richissime Guide libyen que Kadhafi était à l’époque. Mais, le pire, c’est certainement ce souhait de « chaleureuse bienvenue » qu’Hillary Clinton adressait le 21 avril 2009 à Moatassim Kadhafi, en tant que conseiller pour la sécurité nationale, en visite aux Etats-Unis. A la veille de l’assassinat de Mouammar Kadhafi et de ce même Moatassim, la même secrétaire d’Etat était aux côtés du nouveau pouvoir libyen, à Tripoli-même. Quoique le changement d’attitude de la communauté internationale à l’égard de Kadhafi est compréhensif. Dans la mesure où, l’intervention de la coalition internationale en Libye a été motivée par des raisons humanitaires, de droits humains ou encore de promotion de valeurs démocratiques. Vu que l’ancien guide s’apprêtait « à mater dans le sang » une révolte populaire contre son régime. Il faut souhaiter qu’à l’avenir, la communauté internationale soit plus intraitable vis-à-vis des chefs d’Etats qui tentent de s’éterniser au pouvoir.
Kouassi Victoire.

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