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Après la crise à Abidjan: la peur parfois, la faim souvent
Publié le mercredi 7 decembre 2011   |  AFP


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Abidjan - "La vie commence à reprendre, avec la peur au ventre", confie Camille, fonctionnaire: à Abidjan certains ont du mal à tourner la page de la crise du début 2011, mais pour la plupart dominent "la faim" et la recherche d`un "boulot", loin des législatives de dimanche.

"On entend par moments de petits coups de fusil", d`origine indéterminée, raconte à l`AFP cet agent administratif, Camille Ballou, en circulant à Sicogi, un secteur de son quartier de Yopougon (ouest).

L`immense et très populaire "Yope" reste un bastion de l`ex-président Laurent Gbagbo. Echoppes et voitures partout, vacarme incessant, affiches éparses de campagne: en pleine journée, difficile d`imaginer qu`il fut l`un des quartiers les plus frappés par les violences durant la crise post-électorale de décembre 2010-avril 2011, aux quelque 3.000 morts.

Mais la nuit, ajoute Camille, on croise parfois des hommes en armes
"incontrôlés" qui installent des barrages de fortune et rackettent les
habitants. Des individus qui sont l`un des casse-tête du régime d`Alassane Ouattara huit mois après la fin du conflit.

Mais pour le fonctionnaire à l`allure décontractée, qui avait voté Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010, "la vie reprend" et "les gens commencent à se fréquenter, à oublier la crise".

Après l`épreuve, entre voisins des deux bords politiques, "on s`est vus et on a dit: +vivons ensemble+", explique Kossougro Zézé, un sexagénaire. Dans une ruelle en terre battue, ce sympathisant du chef d`Etat déchu vend des oeufs, des tomates et des oignons à l`ombre d`un parasol.

"quelque chose à manger"

Son souci majeur est aujourd`hui de nourrir sa nombreuse famille: "nous demandons chaque jour que Dieu permette qu`on ait quelque chose à manger". Assise près de lui, l`une de ses quatre filles, Julienne, 33 ans et au chômage, sourit tristement.

Plus loin, sous un manguier, Ousmane Camara passe le temps en jouant au scrabble avec un ami, la trentaine comme lui. En début de semaine, le jeune homme au maillot de foot s`est rendu à la zone industrielle de Yopougon. Mais il n`a cette fois pas été pris comme journalier par une usine de cosmétiques.

Les législatives? "Nous, on ne connaît pas les politiciens!", lance-t-il, en colère. Ce qu`il cherche, c`est un "bon petit boulot" pour quitter ses parents et louer une chambre où vivre avec sa "copine" et leur enfant.

A Abobo (nord), fief pro-Ouattara et quartier martyrisé par les forces pro-Gbagbo pendant la crise, les affiches des candidats du parti présidentiel, aux sourires rayonnants, contrastent avec la pauvreté ambiante.

Mais nombre d`habitants font toujours confiance à leur champion et une
militante chevronnée proclame: "Abobo-la-guerre" (vieux surnom du quartier) est devenu "Abobo-la-paix".

Cependant au marché les femmes se plaignent des prix élevés des produits de première nécessité, les odeurs restent nauséabondes dans les ruelles non bitumées et le travail manque, malgré la promesse du candidat Ouattara de créer 200.000 emplois par an.

Or, souligne Brahima Dao, un jeune chauffeur qui passe à pied dans une
allée où des obus étaient tombés en mars, il faut faire quelque chose de tous ces jeunes désoeuvrés, alors qu`en une décennie les recalés ont toujours grossi les rangs des groupes armés: "ça pousse à faire des bêtises quand tu as faim".

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