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Économie Publié le vendredi 9 décembre 2011 | Le Patriote

ADO aux diplomates : “J’ai la conviction que la Côte d’Ivoire va se repositionner ”

© Le Patriote Par Aristide
Activités du chef de l`Etat: en visite de travail en Belgique, le Président Alassane Ouattara reçu par le Président de la Chambre de commerce belge
Jeudi 24 novembre 2011. Bruxelles (Belgique).
La Côte d’Ivoire ne veut pas rester recroquevillée sur elle-même. La vision des nouvelles autorités est qu’elle s’ouvre au monde entier. Hier à la salle des pas perdus du Palais de la Présidence, Alassane Ouattara a indiqué sa vision au niveau des relations avec les autres pays du monde au cours de son mandat.

Le p- Madame et Messieurs les Présidents d’Institutions,
- Monsieur le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères,
- Messieurs les Ministres d’Etat,
- Mesdames et Messieurs les Ministres,
- Monsieur le Nonce Apostolique, Doyen du Corps Diplomatique,
- Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Chefs de Missions Diplomatiques,
- Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales,
- Mesdames et Messieurs les anciens Ambassadeurs,
- Monsieur le Gouverneur du District d’Abidjan,
- Monsieur le Préfet de la Région des lagunes,
- Monsieur le Maire du Plateau,
- Honorables Invités
- Mesdames et Messieurs,

C’est avec un grand plaisir que je vous accueille au Palais de la Présidence de la République.

J’ai eu certes l’occasion de rencontrer certains d’entre vous à maintes reprises, mais c’est la première fois que je reçois l’ensemble du Corps Diplomatique à cette cérémonie officielle. Je voudrais donc vous adresser mes sincères remerciements pour avoir répondu si nombreux à notre invitation.

Votre présence en grand nombre atteste de l’amitié que vous avez toujours manifestée à la Côte d’Ivoire, tant dans les périodes fastes que dans les moments difficiles.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Au lendemain de mon investiture en mai dernier, j’ai décidé d’inscrire dans mon programme d’activités, le principe de rencontrer, une fois par an, le Corps Diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire ; ceci en dehors de la traditionnelle cérémonie de présentation de vœux.

Je me réjouis donc de l’occasion qui m’est offerte aujourd’hui de pouvoir partager avec vous les priorités de l’action gouvernementale dans le contexte actuel ainsi que les grands axes de la politique étrangère de la Côte d’Ivoire à l’horizon 2015.

Comme vous le savez, mon pays a été particulièrement éprouvé ces dix dernières années par une grave crise socio-politique. La récente crise post-électorale s’est soldée par des pertes en vies humaines, de nombreux déplacés et réfugiés ainsi que par l’exacerbation de l’insécurité. Ces crises ont profondément mis à mal les valeurs cardinales de paix, de stabilité, d’hospitalité et de solidarité chères au père fondateur de la Côte d’Ivoire moderne, le Président Félix Houphouët-Boigny. Ces valeurs ont servi de ciment dans la consolidation des relations d’amitié et de coopération de notre pays avec le reste du monde et ont assuré son rayonnement, notamment dans la sous-région.

Pendant cette douloureuse période, la Côte d’Ivoire a pu bénéficier de la solidarité et de l’appui nécessaire de la Communauté Internationale pour le triomphe les principes universels de justice, de démocratie et de l’Etat de droit. Les membres du Corps Diplomatique et Représentants des Organisations Internationales que vous êtes ont, dans leur rôle d’interface, été d’un précieux concours.

C’est pourquoi, tout en vous remerciant, je voudrais vous demander de bien vouloir transmettre à vos autorités respectives, la gratitude du gouvernement et du peuple ivoiriens pour ce soutien inestimable.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

A présent, la Côte d’Ivoire a renoué avec la paix et la stabilité. Les efforts du gouvernement s’articulent autour de trois grands défis à relever :

l La sécurité,
l La réconciliation nationale
l La reconstruction et la relance économique.

Concernant le Premier défi, la sécurité, le gouvernement s’emploie à normaliser et à renforcer la situation sécuritaire sur toute l’étendue du territoire. Bien entendu la sécurité des Missions Diplomatiques, des Organisations Internationales et de leurs membres figure en bonne place.

A cet égard, l’Etat, avec le concours de la Communauté Internationale, nous nous attelons à restructurer l’armée et les forces de l’ordre.

La nomination des grands commandements de l’Etat major de l’Armée, de la Gendarmerie et de la Police ainsi que les actions vigoureuses initiées, contribueront à renforcer la sécurité. Nous envisageons de faire de ces forces, un outil moderne, discipliné et soucieux du respect des droits de l’Homme.

Par ailleurs, des dispositions sont prises pour renforcer leur formation et les doter d’équipements indispensables à l’accomplissement de leurs missions.

Ainsi, en vue de familiariser et de sensibiliser les forces de l’ordre et de sécurité au respect des dispositions des Conventions de Vienne de 1961 et 1963 relatives aux privilèges et immunités diplomatique et consulaire, un séminaire a été organisé à Yamoussoukro à leur intention, les 2 et 3 décembre 2011, par le Ministère des Affaires Etrangères.

Dans le souci de ramener la sécurité dans les zones les plus sensibles, notamment à l’Est et à l’Ouest, et en vue de faciliter le retour volontaire des refugiés, notre pays a signé des accords tripartites ainsi que les modalités pratiques de leur mise en œuvre avec le HCR et les principaux pays d’accueil des réfugiés que sont le Libéria, le Ghana, le Togo et la Guinée.

Pour les autres pays d’asile ayant moins de mille (1 000) refugiés connus, il est prévu la signature d’un accord bilatéral.

Ces Accords, qui consacrent le caractère volontaire du rapatriement, prévoient notamment la réhabilitation des zones d’accueil des refugiés ainsi que la restitution aux rapatriés des terres et autres biens meubles ou immeubles qu’ils ont perdu lors du départ en exil.

Je voudrais exprimer ici, la gratitude du gouvernement à tous ces pays, à leurs gouvernements respectifs, ainsi qu’aux Organisations Internationales pour l’accueil, l’assistance et l’aide inestimable qu’ils ont accordées et continuent de le faire en faveur de nos compatriotes expatriés dans les différents pays d’accueil.

Nos efforts pour ramener la sécurité, avec le concours de la Communauté Internationale ont commencé à produire des résultats encourageants. J’en veux pour preuve le retour progressif en Côte d’Ivoire des Ambassades, des Organisations Internationales, et de certaines entreprises étrangères qui avaient délocalisé, en raison de la crise.

Toujours pour répondre à ce besoin de sécurité, nous devons aussi renforcer nos capacités à sécuriser le milieu des affaires en dotant le pays d’un système judiciaire plus moderne, plus efficace et plus transparent.

La poursuite de ces efforts qui devrait également s’étendre à la lutte contre la cybercriminalité permettra de ramener la confiance de nos partenaires économiques et de rassurer davantage ceux qui hésitent encore à se tourner vers la destination Côte d’Ivoire.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Le Deuxième grand défi à relever concerne l’indispensable réconciliation de toutes les filles et de tous les fils de notre pays.

Le processus de réconciliation que nous avons amorcé, constitue l’une des priorités de notre action. Cette réconciliation que nous appelons de tous nos vœux se fondera sur le dialogue et la vérité, sans pour autant s’accommoder de l’impunité.

En même temps qu’elle fait appel à la repentance des mis en cause et au pardon consenti par les victimes, elle devra se réaliser conformément aux lois nationales et internationales.

Tous ceux qui se seraient rendus coupables de crimes graves doivent répondre devant les juridictions compétentes, l’Etat ayant le devoir de faire justice à toutes les victimes sans discrimination aucune.

La Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation (CDVR), officiellement investie en septembre dernier, a pour objectif d’amener, à travers des actions concertées, tous les Ivoiriens et notamment les acteurs de la vie politique à s’inscrire résolument dans le processus de réconciliation, en vue de consolider la paix et la cohésion nationale.

Sur le plan politique, les élections législatives prévues le 11 décembre prochain, devraient marquer une avancée notable dans le processus de démocratisation de notre pays. D’ores et déjà, je peux vous confirmer que toutes les dispositions sont prises pour que cette consultation électorale, la première depuis la sortie de crise, soit juste, libre et transparente.

Nous voudrions encore pouvoir compter sur le concours de l’ensemble de la Communauté Internationale pour parachever le processus électoral avec l’organisation en 2012 des élections municipales et régionales.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Le Troisième grand défi porte sur le vaste chantier de la Reconstruction et de la relance économique.

Je voudrais d’abord souligner que le gouvernement a pris l’engagement d’imprimer l’efficacité, la rigueur et la transparence dans la conduite des affaires de l’Etat. A cet effet, j’ai institué l’organisation de séminaires gouvernementaux périodiques pour assurer un meilleur cadrage et une évaluation continue de l’action gouvernementale.

En matière de bonne gouvernance, le gouvernement a élaboré une charte d’éthique, à l’intention de ses membres ; cette charte a été signée dans cette même salle du Palais Présidentiel.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La longue crise politico-militaire a gravement affecté l’économie de la Côte d’Ivoire. Les récents événements post-électoraux ont fait chuter le taux de croissance a -5% en 2011 selon les dernières estimations des Institutions de BRETTON WOODS en septembre dernier.

D’ailleurs en juin dernier, ce chiffre était estimé a -10%. Mais l’important travail effectué depuis lors par mon équipe gouvernementale a permis de contenir fortement cette baisse.

Depuis mai 2011, plusieurs financements ont été obtenus ou sont en cours de finalisation pour engranger des centaines de milliards de francs CFA en provenance, tant des partenaires bilatéraux que multilatéraux.

La Côte d’Ivoire est reconnaissante de l’aide, combien utile que lui accorde la communauté Internationale à travers les divers programmes de développement.

Il convient de souligner que c’est avec l’assistance effective du Fonds Monétaire International (FMI), de la Banque Mondiale, de la Banque Africaine de Développement (BAD), de l’Union Européenne et autres donateurs internationaux et bilatéraux que notre pays a bénéficié et continue de bénéficier de plusieurs programmes économiques et sociaux pour relancer son économie.

Par ailleurs, avec l’aide des partenaires au développement, la Côte d’Ivoire n’est pas loin d’atteindre le point d’achèvement de l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE).

Au terme de tous ces programmes, ce sont près de six (6) milliards de dollars US qui seront annulés au profit de la Côte d’Ivoire.

Je mesure la responsabilité qui est la notre, d’orienter le bénéfice de ces programmes vers des projets porteurs de croissance et de bien - être pour les populations ivoiriennes.

C’est pourquoi, dès la mise en place de mon Gouvernement, le 1er juin 2011, il a été demandé à tous les ministres, à travers le Programme de Travail Gouvernemental (PTG) du 2ème semestre 2011, de proposer des actions dont l’exécution pourra améliorer rapidement les conditions de vie de nos compatriotes.

J’envisage pour mon pays une croissance forte et soutenue dans les années à venir. Pour l’année 2012, les prévisions de croissance sont estimées à près de 9%, avec pour objectif une croissance à deux chiffres à l’horizon 2014-2015.

Cette croissance sera soutenue par le Plan National de Développement (PND 2012-2015) qui va fédérer tous les programmes économiques et sociaux dans lesquels est engagé la Côte d’Ivoire.

Il incombe désormais au gouvernement ivoirien de stimuler cette croissance par un soutien réel du secteur privé, à travers un Partenariat Public-Privé (PPP) nouveau.

La Côte d’Ivoire est actuellement engagée dans une dynamique ambitieuse en faveur de la croissance et du développement à travers notamment la reconstruction et l’emploi. Tous les secteurs de l’économie nationale sont concernés. L’agro- industrie, les mines et de l’énergie, le tourisme, le logement et les infrastructures socio-économiques attendent des investissements nationaux et internationaux.

Ce sont là des facteurs qui fondent nos appels à nos compatriotes vivant à l’extérieur à venir investir en Côte d’Ivoire. Le gouvernement étudie d’ores et déjà les facilités qu’il pourrait accorder à ces investisseurs potentiels. J’ai à ce propos instruit le ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères d’organiser un forum de la diaspora en 2012 pour montrer tout notre attachement à cette communauté dont le nombre est estimé à plus de deux (2) millions de personnes. Un recensement exhaustif de nos compatriotes à l’extérieur sera par ailleurs effectué en 2012 par la Nouvelle Direction Générale des Ivoiriens à l’Etranger dudit Ministère.

L’objectif est d’augmenter le sentiment de participation de tous les Ivoiriens, où qu’ils se trouvent à la vie quotidienne du pays et surtout considérer les Ivoiriens vivant à l’étranger comme des acteurs essentiels du développement national.

C’est également le lieu de faire appel à tous nos partenaires au développement afin qu’ils saisissent les nombreuses opportunités ainsi offertes ; opportunités d’autant plus intéressantes que le pays va disposer d’un nouveau code des investissements très incitatif et que le gouvernement est prêt à améliorer davantage.

Dans le secteur agro-industriel, le gouvernement envisage une plus grande transformation locale de ses matières premières pour obtenir une plus grande valeur ajoutée locale et une bonne contribution à la création d’emplois, notamment pour les jeunes, en vue de favoriser la croissance.

En ce qui concerne le secteur minier, la Côte d’Ivoire regorge, entre autres, d’importants gisements de fer, de nickel, de bauxite, de pétrole et de gaz naturel, d’or et de diamants qui attendent d’être exploités.

S’agissant de la production énergétique, l’Etat entend renouveler les structures de production et de distribution. Il est prévu la construction d’un barrage hydroélectrique à Soubré et le renforcement des turbines de gaz et des centrales thermiques dont dispose le pays.

Je voudrais donc, après ce tableau prometteur, saisir l’opportunité de cette rencontre pour vous demander d’inviter les opérateurs économiques de vos pays et institutions respectifs à venir nombreux investir en Côte d’Ivoire, en faisant confiance à notre pays qui a retrouvé sa stabilité.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Au moment de son indépendance en 1960, la Côte d’Ivoire a fait le choix judicieux du libéralisme économique et de l’ouverture sur le monde pour son développement. A ce propos, je voudrais rappeler la pensée du Père fondateur de la nation, le Président Félix Houphouët-Boigny : « La Côte d’Ivoire est l’amie de tous et l’ennemie de personne ».

Plus que par le passé, mon pays s’engage fermement à renforcer la coopération exemplaire avec tous ses amis traditionnels et accueille favorablement l’ouverture vers de nouveaux partenaires désireux de partager ses ambitions dans le cadre d’un partenariat où chaque partie est gagnante.

Je voudrais, Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, vous réaffirmer la volonté de mon pays de développer une coopération de confiance, dynamique et mutuellement bénéfique avec l’Afrique, l’Europe, l’Amérique, comme avec l’Asie et l’Océanie.

Au niveau Africain, la Côte d’Ivoire compte reprendre son rôle de locomotive de la sous région et de partenaire de premier plan sur le continent.

Aujourd’hui, l’objectif est de sortir notre pays d’un certain isolement passé en vue notamment de renforcer sa coopération et ses échanges commerciaux en direction des Etats frères du continent. En bref, la Côte d’Ivoire doit devenir une zone d’importance stratégique pour les entreprises et les industries ivoiriennes.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La Côte d’Ivoire entend désormais affirmer une responsabilité particulière au service de l’intégration régionale, de la solidarité internationale et du multilatéralisme.
Dans ce nouveau monde où s’estompent les frontières entre les questions internationales et

les enjeux intérieurs, la Côte d’Ivoire fidèle à son histoire et forte de son expérience porte l’ambition de promouvoir l’intégration africaine.

Autrefois relativement prospère et stable, la sous région ouest africaine fait face aujourd’hui à une pauvreté grandissante ; il est donc impératif de se porter à l’avant-garde du combat pour l’intégration économique afin de permettre aux Etats membres de mieux prendre leur destin en main.

Les différentes crises et plus particulièrement celle en Côte d’Ivoire qui a fortement fragilisé la stabilité et le progrès économique de la région, nous obligent à la revitalisation de nos instruments réussis d’intégration tels que l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA), la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), dont le Nigéria assure la Présidence, et l’Union Africaine, sans oublier l’Union du Fleuve Mano, l’AMENAGEMENT du BASSIN du FLEUVE du NIGER et le CONSEIL de l’ENTENTE.

La plus ancienne de ces Institutions, le Conseil de l’Entente, qui réuni depuis 1959 le Burkina Faso, le Bénin, le Togo et le Niger, a permis de dépasser les rivalités historiques pour faire de l’ensemble des pays membres une zone de paix, un pôle de stabilité et un modèle pour les autres régions ; il mérite d’être préservé et redynamisé.

La survie du Conseil de l’Entente est pour les Etats membres, la garantie de leur sécurité, de leur développement économique et de leur place dans le monde. C’est à tous les Etats membres de la sous région qu’il incombe d’enclencher le processus permettant de consolider ces acquits, car la cohésion fait notre force.

La réussite de l’intégration régionale assure l’enracinement de la paix et de la démocratie sur notre continent. C’est le processus d’une croissance plus soutenue et d’échanges intensifiés entre nos peuples.

La Côte d’Ivoire s’engage avec confiance dans ce progrès fédérateur et je m’emploierai au cours de mon mandat à être le défenseur de cette cause pour laquelle se sont engagés, avec succès, beaucoup d’autres Chefs d’Etat de la région. A cet égard, je voudrais citer le Burkina Faso, pour son rôle dans la résolution de la crise ivoirienne à travers l’Accord Politique de Ouagadougou ou encore le Sénégal, qui n’a cessé d’être un partenaire privilégié.

Nous devons collectivement poursuivre cette intégration pour répondre aux attentes des citoyens. Il faut agir et évoluer ensemble pour atteindre de nouvelles avancées qui incarnent une vision et une ambition du continent.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

La Côte d’Ivoire est profondément attachée à la coopération avec l’Europe, notamment la France avec laquelle elle a des liens historiques et une vision commune de l’avenir. L’Europe est un partenaire privilégié qui a énormément contribué au développement de la coopération et des échanges avec les Etats Africains. Nous devons continuer de les faire progresser.

C’est dans cette optique que j’ai effectué récemment une visite en Belgique ; et je me rendrai en France en janvier prochain dans le cadre d’une visite d’Etat à l’invitation du Président Nicolas Sarkozy.

La coopération ivoiro-européenne a été d’un apport considérable pour le développement de notre pays. Mais ces relations ont connu un affaiblissement au cours de la dernière décennie du fait de la crise en Côte d’Ivoire.

En effet, l’éclatement de la crise en 2002 a eu pour conséquence non seulement la fermeture ou la délocalisation de certaines missions diplomatiques, mais également la suspension de l’aide et de certains projets dans le cadre de la coopération bilatérale.

La contribution des pays européens à la sortie de crise et au rétablissement de l’ordre constitutionnel a été remarquable et s’est traduite sur le terrain par une forte mobilisation et une marque de solidarité de l’Europe à l’endroit de la Côte d’Ivoire.

De loin les premiers partenaires économiques de la Côte d’Ivoire, aussi bien au niveau commercial qu’au niveau des investissements, les pays européens sont fortement impliqués dans plusieurs secteurs d’activités tels que l’industrie pharmaceutique, l’agro-alimentaire, les banques, les finances, les mines et les hydrocarbures, l’environnement, l’éducation et la santé.

Fidèle à ses amitiés, la Côte d’Ivoire entend donner sa pleine dimension à son partenariat avec le continent européen en accordant une forte priorité à son industrialisation.

Pays essentiellement agricole, la Côte d’Ivoire compte au cours des prochaines années accentuer sa coopération dans le sens d’une industrialisation accrue, par la transformation de ses matières premières agricoles, la collaboration technique et les investissements privés.

Je forme donc l’espoir que l’Europe, consciente de ses responsabilités et au premier rang des combats pour la démocratie, la justice et le respect des droits de l’homme, s’engage davantage à nos côtés pour relever le défi du développement. Je souhaite, que la crise de l’euro trouve des solutions rapides grâce, au leadership de la France, de l’Allemagne et du Royaume Uni.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Depuis son accession à l’indépendance, la Côte d’Ivoire entretient d’excellentes relations avec le continent américain.

Toutefois, la coopération a également connu une forte régression surtout avec l’Amérique du Nord, en raison notamment de l’application, depuis le coup d’Etat de 1999, des sanctions BROOKS, dans le cadre de la loi autorisant le gouvernement américain à suspendre partiellement ou totalement sa coopération avec les régimes considérés comme anti démocratiques.

Depuis la fin de la crise post-électorale, cette coopération connait un regain de vitalité au quintuple niveau politique, économique, culturel, social et sécuritaire.

Dans ce cadre, j’ai effectué, à l’invitation de Son Excellence Monsieur Barack Obama, Président des Etats-Unis d’Amérique, une visite officielle de travail aux Etats-Unis d’Amérique, du 26 au 30 juillet 2011, en compagnie de mes homologues, du Bénin, de la Guinée et du Niger.

Je me réjouis de constater que les relations entre les deux pays sont désormais excellentes.

A preuve, la Côte d’Ivoire est à nouveau éligible depuis le 27 octobre 2011 à l’AGOA (Africa Growth Opportunity Act), ce qui va lui permettre d’écouler ses produits sur le marché américain, favoriser la création d’emplois et attirer des investisseurs américains dans notre pays.

Notre pays attend également d’être admis au Millenium Challenge Corporation (MCC), une agence du gouvernement américain dont le rôle est de soutenir et d’assister les pays en développement.

Quant au Canada, il a une coopération intense et diversifiée avec notre pays. Il est présent dans les domaines aurifères, pétroliers, environnementaux, et agricoles, sans oublier l’aide multiforme qu’il apporte aux Etudiants ivoiriens.

Concernant nos relations avec les pays d’Amérique latine et des Caraïbes, il est à noter qu’elles apparaissent plus importantes avec le Brésil et le Mexique quoique susceptibles de fortes améliorations. Il importe donc de les revitaliser tant au niveau de ces deux pays qu’au niveau des autres pays de la région.

Depuis l’établissement des relations diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Brésil le 12 août 1969, nos rapports sont basés sur une amitié confiante et une coopération fructueuse constamment renforcées par le développement de la solidarité sud-sud.

Les deux pays ont des ressemblances, non seulement au niveau du climat, mais également au niveau des productions agricoles. En effet une grande partie du Brésil est située sous les tropiques comme la Côte d’Ivoire. Les deux pays sont, en outre, des producteurs de café, cacao, banane, ananas, bois tropicaux, palmier à huile, hévéa coton, anacarde, coprah, etc.

Mais à la différence de la Côte d’Ivoire dont l’économie est essentiellement basée sur l’agriculture, le Brésil a réussi à se doter d’une industrie compétitive qui reste un modèle pour les pays du sud. Son agro-industrie, qui représente 25% de son PIB, est aussi d’une importance capitale pour notre pays.

En décidant de redynamiser ses relations extérieures notamment avec les pays d’Amérique latine, mon Gouvernement vise à renforcer ses relations avec les pays émergents dont le Mexique qui est la douzième puissance économique mondiale.

Notre représentation diplomatique au Mexique a été instruite à l’effet de proposer un cadre juridique propice à la promotion et au développement des relations de coopération bilatérale.

Au total, les relations de coopération entre le continent américain et la Côte d’Ivoire offrent des perspectives prometteuses. Les potentialités économiques et la volonté d’une coopération plus étroite de nos gouvernements constituent des atouts majeurs.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Située aux portes de l’Afrique, l’Asie est un allié naturel et historique du continent africain. Les liens qui unissent ces deux continents ont traversé le temps et les évènements.
Mon pays qui, confronté à la plus grave crise de son histoire, a bénéficié de l’assistance et du soutien ininterrompus des Etats de ce continent, ne peut que fonder beaucoup d’espoir dans le développement futur de cette coopération.

Activement engagée dans la phase de la reconstruction post crise, la Côte d’Ivoire compte donner une impulsion décisive au grand développement de la coopération avec chacun des pays de ce grand continent.

Avec ses grands partenaires traditionnels comme le Japon, la Chine, l’Inde et la Corée mais aussi avec ses nouveaux alliés, nous comptons examiner de nouveaux projets porteurs pour démonter notre réel engagement à poursuivre cette fructueuse collaboration.

Au Moyen Orient, toutes les pistes doivent être exploitées sur des formes innovantes de
partenariats promoteurs pour le développement de nos échanges. Dans cette quête, nous devons compter sur l’expérience des partenaires de longues dates comme le Liban, l’Arabie Saoudite, Israël, la Turquie et l’Iran qui entretiennent déjà des échanges et des partenariats avec notre pays.

Dans cette volonté affichée d’élargir le champ de nos amitiés, la Côte d’Ivoire souhaite approfondir des consultations et coopérations avec le Qatar, le Koweït, les Emirats Arabes Unis en tenant compte non seulement des potentialités économiques dont disposent ces pays mais aussi de leur influence dans la région.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Nous voyons se renforcer chaque jour d’avantage l’avènement d’un village planétaire avec la montée de nouvelles puissances comme la Chine, le Brésil, l’Inde, l’Afrique du Sud, membres des « BRICS ». En quelques années, des nations entières se sont arrachées de la pauvreté pour se lancer à la conquête de la prospérité et de la puissance économique.

Ailleurs, nous assistons malheureusement à l’émergence d’un monde marqué par des inégalités criardes qui perdurent sur de nombreux continents, notamment en Afrique.

Sur notre continent et aux portes de l’Europe, les peuples mènent le combat pour l’avènement de la démocratie dans leur pays. En Egypte, en Tunisie et en Lybie des soulèvements populaires ont précipité des bouleversements qui n’ont pas fini de dérouler leurs effets. La priorité plus que jamais est d’aider ces peuples à obtenir des garanties de paix, de démocratie et de prospérité auxquelles ils aspirent.

En Syrie et au Yémen, les populations payent un lourd tribut pour réaliser leurs objectifs de plus grande démocratie et de plus grande prospérité.

Il est fortement à souhaiter que dans ces pays, s’engagent rapidement des négociations et des réformes indispensables pour avancer vers la paix sociale, les libertés individuelles, le progrès de la démocratie et le développement économique.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

En ce qui concerne l’Océanie, les perspectives bien que relativement nouvelles sont porteuses d’espoir notamment en ce qui concerne l’Australie et la Nouvelle Zélande.

S’agissant de l’Australie, notre souhait est d’intensifier la coopération dans le domaine de l’agriculture, des mines, de l’environnement et de la sécurité transfrontalière. C’est pourquoi j’opterai pour la création d’une commission mixte qui serait salutaire pour le renforcement de la coopération entre nos deux pays.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

Concernant les grandes questions de notre planète, les problèmes de l’eau et de l’énergie, la mondialisation, la préservation des grands équilibres écologiques, etc., je reste convaincu que tous les défis globaux requièrent aujourd’hui l’engagement, la confiance et l’ambition de tous les acteurs responsables.

Pour les objectifs du développement du millénaire que sont la santé, l’eau, l’éducation, les infrastructures, la réduction de la pauvreté, nous devons être imaginatifs et trouver des solutions innovantes pour mieux servir nos ambitions.

Excellences, Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,

J’ai bien conscience des perturbations, des questionnements, des doutes que peut engendrer la situation encore fragile de notre pays ; mais je voudrais vous assurer, que notre pays est aujourd’hui sur une trajectoire prometteuse qu’il faut amplifier.

Je voudrais réaffirmer la confiance que nous plaçons dans votre soutien indéfectible pour nous donner la pleine dimension de votre coopération et de votre partenariat. Mais c’est surtout la confiance que nous avons dans nos choix, le choix d’appuyer la paix, la démocratie, le choix d’assurer l’éducation, la formation, la santé, le progrès social et l’emploi, le choix de coopérer au service du développement durable et de la solidarité internationale.

J’ai la ferme conviction que la Côte d’Ivoire, consciente de ses responsabilités, va très rapidement se repositionner pour redevenir un pays modèle et moderne, créateur de richesses et de prospérité économique, et être comme je l’ai indiqué, un pays émergent à l’horizon 2020.

Tel est le message que je voudrais vous demander de transmettre à vos gouvernements, à vos institutions et à vos peuples.

Je vous remercie de votre attention.
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