Accueil    Shopping    Sports    Business    News    Annonces    Cuisine    Nécrologie    Publicité
class=logo NEWS


Accueil
News
Necrologie
Article



Dernières dépêches



Comment

Necrologie

Musique : Mort de Cesaria Evora / Ce qui a tué la Diva aux pieds nus !
Publié le lundi 19 decembre 2011   |  Le Patriote




Vos outils
height=28

PARTAGEZ

Elle a fini, hélas, par perdre l’ultime combat qu’elle menait. Celui contre le mal pernicieux qui la rongeait depuis quelques mois et qui l’avait obligé en septembre dernier à se retirer de la scène musicale, mettant ainsi un coup d’arrêt brusque à sa tournée internationale. « J’arrête tout. Je n’ai pas de force, pas d’énergie. Je regrette infiniment de devoir m’absenter pour cause de maladie », confiait-elle, quelque peu amaigrie, avec un brin de tristesse, au journal Le Monde, à cette période. Elle était de passage à Paris pour des examens à l’hôpital américain de Neuilly. Samedi, Cesaria Evora a donc tiré sa révérence à l’hôpital Baptista de Sousa, sur l’île de Sao Vincente, qui l’avait vu naître, il y a 70 ans. L’annonce de sa mort a été faite par le ministre capverdien de la Culture, Mario Lucio Sousa.La veille, vendredi soir, la chanteuse y avait été admise à cause d’une « insuffisance respiratoire » et d’une « tension cardiaque élevée », rapporte l’agence de presse portugaise Lusa.

Née le 27 août 1941 d'une mère cuisinière et d'un père musicien disparu alors qu'elle était âgée de sept ans, Cesaria Evora commence, dès l’âge de 16 ans, par chanter sur de petites scènes locales ou dans des bars de l'archipel. Elle émerveille le public avec ses chansons qui évoquent l’amour, la pauvreté, la tristesse, mais ce ne sont que des succès d’estime. Elle restera dans l’ombre jusqu’en 1988. Alors qu’elle a 47 ans, elle fait la rencontre, lors d’un concert à Lisbonne, au Portugal, du producteur José da Silva, patron du label Lusafrica. Il donne sous le charme de cette quadragénaire à la voix touchante. Il lui propose d’enregistrer son premier album. Cesaria Evora sort « La Diva aux pieds nus », chez Lusafrica. C’est un succès fulgurant. La suite, on la connaît… Cesaria enchaîne, au fil des ans, les opus (15 au total) : « Mar azul » (1991), « Miss Perfumado » (1992), qui comprend sn chef d’œuvre baptisé tout simplement « Sodade », avec deux triomphes au Théâtre de la Ville à Paris. Elle sillonne également les quatre coins du monde : Etats-Unis, Suède, Japon, Sénégal ... Ses concerts sont bercés par de belles mélodies, tantôt langoureuses, tantôt dansantes. Sur scène, elle ne porte jamais de chaussures. Ce qui titille les regards et la singularise. Cesaria Evora devient « La Diva aux pieds nus » et surtout un nom qui inspire le respect dans le giron de la world music. En plus de 20 ans de carrière, elle a fait connaître dans le monde la « morna », musique originaire du Cap-Vert. Cesaria Evora, c’était aussi une passion pour la cigarette et l’alcool. Un tantinet provocatrice, elle n’hésitait pas parfois, sur scène, à s’arrêter pour prendre une gorgée de cognac ou griller une cigarette. Amoureuse de Paris, elle y séjournait régulièrement et entretenait de solides amitiés avec des artistes comme Bernard Lavilliers, Cali ou encore les Nég' Marrons. Un amour que la France lui rend bien en l’honorant : chevalier dans l'ordre des Arts et des Lettres en février 2004, puis chevalier de la Légion d'honneur en France en mars 2008. Peu après, elle est victime d'un accident vasculaire cérébral et contrainte de ralentir son rythme. Epuisée par la maladie, elle mettait un terme à sa carrière en septembre dernier, avant finalement de déposer définitivement le micro avant-hier. Avec sa mort, la « morna » perd son icône. L’Afrique, un immense talent.

Y. Sangaré

LIENS PROMOTIONNELS