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Mgr Antoine Koné (Evêque d’Odienné) : “L’Ivoirien de 2012 doit abandonner la haine, la superstition…”
Publié le samedi 24 decembre 2011   |  Nord-Sud




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L’évêque d’Odienné ne fait pas parler de lui que par la pertinence de ses  homélies. Il est aussi célèbre pour son attachement à l’agriculture. A l’occasion de la fête de Noël, Mgr Antoine Koné a accepté de nous parler de Dieu, mais aussi et surtout de ses projets agricoles. Et, bien qu’originaire de Ferké, le développement de la région du Kabadougou et l’épanouissement des ses populations constituent une réelle préoccupation pour lui.

Vous avez réalisé des centaines d’hectares de toutes cultures, depuis les céréales jusqu’aux vergers de manguiers et d’anacardiers. Comment le prélat que vous êtes est-il devenu un si grand agriculteur ?
Dès mon arrivée à la tête de ce diocèse, j’ai décidé de montrer  l’exemple. Montrer que tout est possible s’il y a la volonté. J’ai en ce moment un domaine de 150 hectares à Ziévasso (village sitiué à 10 Km d’Odienné). A Odienné-Sienso, ce sont au total 100 hectares déjà  plantés. Ailleurs dans le diocèse, vous trouverez des domaines similaires. Je pense à Mankono, Séguéla, Borotou-Koro. La surface mise en valeur atteint les 300 hectares et je projette atteindre les 6. 000 hectares dans les années à venir.

Qu’est-ce que vous cultivez ?
Un peu de tout. Depuis les maraîchers jusqu’au verger en passant par les céréales.  Vous trouverez aussi dans mes champs du manioc et du morenga (Ndlr : arbre tropical riche en vitamines.) Beaucoup de variétés.

A quoi  sont destinées toutes ces denrées?
Ma devise est «Ut diligatis invicem», en français «Aimez-vous les uns les au­tres ». Quand on a une telle devise, on doit se donner les moyens de réaliser cet amour. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils Unique afin que quiconque croie en lui, ne s’en perde pas, mais ait la vie éternelle (Jean 3,16).  C’est dans cette  dynamique de l’Amour de Dieu qui doit se manifester par le partage, que je m’efforce d’être. Vous savez, l’Eglise-Famille de Dieu qui est à Odienné, doit rayonner l’amour de Dieu pour tout homme. En effet, l’amour préférentiel de Dieu va d’abord au pauvre, matériellement et spirituellement : ce pauvre qu’il faut mettre debout pour qu’il se prenne en charge dans la grâce de Dieu avec l’aide des autres humains. Si nous devons nous aimer les uns les autres, c’est en actes et en vérité comme l’a dit le disciple bien-aimé monnayant la pensée du Maître. A Odienné, nous devons nous efforcer d’entrer dans cette dynamique spirituelle et économique de l’amour à la suite de toute l’Eglise.

Les récoltes de vos champs ne sont donc destinées à rien d’autre qu’au partage ?
Effectivement. Dans cette même dynamique d’Amour de Dieu, le Christ nous dit tous les jours : «Donnez leur vous-mêmes à manger” (Marc 6, 37). On ne doit pas laisser les autres le faire. On ne doit pas orienter les pauvres vers les ONG et autres structures humanitaires. Ce serait se dérober à sa mission. C’est la raison qui me conduit à produire abondamment, c’est la volonté d’accomplir l’œuvre de Dieu qui voudrait qu’on partage. On ne peut pas partager quand on n’a rien sous la main. Moi, je produis pour donner à ceux qui sont dans le besoin. Je veux ressembler à Dieu. Je crois que ce doit être la mission de tous de le faire. Nous devons tout faire pour ressembler à Dieu, et le faire, il faut donner à ceux qui en ont besoin. Parce que plus on partage, on ressemble un peu à Dieu qui, par le partage ouvre les esprits des hommes à l’amour des uns et des autres. Car l’image de Dieu en l’hom­me, c’est l’Amour. On ne ressemble à Dieu au maximum ni par l’intelligence, ni par autre chose que par l’Amour envers les autres. Cet amour se manifeste par un partage désintéressé. La vie de l’homme n’a de la valeur que dans le partage. Quand j’entends dire de quelqu’un qu’il est riche et que je constate qu’il est entouré de pauvres, ça fait sourire. Ceux qui prétendent être riches doivent avoir honte de leur richesse quand ils sont entourés de pauvres.  L’homme repu et opulent qui n’a cure du pauvre ressemble au bétail qu’on abat et qui n’a plus aucun avantage ou de postérité ni sur terre ni dans l’au-delà divin.

Pouvez-vous être plus précis ?
Le partage que Dieu opère veut faire grandir l’homme qui partage et celui qui reçoit. La dignité de la personne humaine interdit de faire des pauvres, des mendiants chroniques. Dieu donne pour élever l’homme à la dignité des fils dignes de son Nom et de son amour universel. Le pauvre qui reçoit, doit apprendre à se prendre en charge pour partager à son tour. Les millions distribués par l’Occident chrétien pour aider les pauvres de nos pays ne sont pas d’abord donnés par des riches, mais par des gens sensibles à la misère d’autrui et à sa pauvreté transparente dans l’expression de ses besoins économiques. Les bonnes familles éduquent les enfants au partage. Et il faut féliciter les parents qui, dès le jeune âge, inculquent aux enfants le sens du partage. C’est réconfortant pour la santé spirituelle quant à l’esprit de solidarité, quand on voit des enfants aller jeter des piécettes dans le panier de la quête pendant la messe. Ce serait intéressant que les parents chrétiens ou non habituent leurs enfants aux différents gestes de solidarité qui expriment l’amour du prochain.

Vous faites donc de l’humanitaire avec le fruit de vos labeurs ? Un peu comme certaines ONG ?
L’Eglise est experte en humanité comme le dit le magistère romain et donc en humanitaire, parce que l’homme est la route de l’Eglise selon la méditation du bienheureux Jean-Paul II. Mais il faut faire la différence entre la charité de l’Eglise et celle des ONG. Les gestes ne sont pas les mêmes. L’Eglise donne pour sa foi en Dieu et en l’homme. Sans souvent faire de bruit. L’Eglise ne mobilise pas les mass-médias pour l’organisation de sa charité qui est celle du Christ. Le regard de l’Eglise porté sur les bénéficiaires de son aide est un regard d’a­mour jeté sur un frère du Christ, chrétien ou musulman ou adepte d’au­tre religion. Il y a certes de la philanthropie dans le geste de l’Eglise, à la suite du Christ, parce que l’homme, route de l’Eglise, est la raison de la rédemption apportée par le Christ. Mais l’Eglise va au-delà de la philanthropie, parce qu’elle met Dieu au cœur de cet amour pour l’homme créé à l’image de Dieu. On pourrait déplorer que certains organismes donnent sans même regarder ceux à qui ils donnent. Et nous devons dénoncer les dons faits avec mépris de l’homme et de sa dignité. L’Africain doit conquérir sa dignité dans sa pauvreté pour ne pas se laisser déconsidérer et devenir le jouet (ballon) aplati ou gonflé selon l’air du temps. Aussi faut-il féliciter les ONG qui mettent l’homme en avant sans les calculs éhontés et cupides que l’on connaît. La charité de l’Eglise se fait avec déférence. Parce que le pauvre a une dignité, et la seule façon de donner c’est de partager avec foi. Il faut aimer l’autre en lui-même et ne rien attendre en retour. Quand on a une telle conception de l’homme, on l’assiste dans la plus grande des discrétions. «Que ta main gauche ignore ce que fait ta main droite» (Mat 6.3). Il faut se considérer comme un serviteur inutile et souffrant. En faisant le bien, nous devons considérer que nous ne faisons que notre devoir. On ne doit même pas s’attendre à un merci.  Il faut aimer l’autre pour lui-même. Et non parce qu’on peut tirer quelque chose de lui.  Il faut donc faire la différence entre les philanthropes dont les gestes sont superficiels et la charité divine qui est grandement profonde. Le sac de riz du croyant (chrétien/  musulman) à un nécessiteux est certes le même qui provient d’une structure de bienfaisance. Mais les gestes sont totalement différents. Le premier donne par foi et amour. Les autres donnent parce qu’on leur a demandé de donner. Souvent même, ils gardent par devers eux une partie des dons.  

Vous projetez d’atteindre 6.000 hectares dans les années à venir. Cette perspective de produire à grande échelle ne frise-t-elle pas  la poursuite de richesses temporelles ?
J’envisage d’atteindre les 6.000 hectares comme vous le dites. Mais comme je vous l’ai expliqué, je ne suis guidé que par l’Amour de Dieu. Vous savez, dans la notion de partage, il faut faire la différence entre les personnes à qui il faut donner les vivres et celles qu’il faut aider à produire. Les premières sont les personnes âgées. A celles-ci, il faut ajouter les veuves et autres invalides. Pour les autres, les jeunes surtout, il faut les aider à travailler. C’est en comptant sur tous ces bras valides en proie au chômage que j’ai nourri ce projet.  Je veux me donner les moyens pour accomplir cette mission qui consiste à rendre la vie, et abondamment, à nos populations qui sont paupérisées par plusieurs années de crise. “Le Seigneur dit : je suis venu pour qu’on ait la vie et qu’on l’ait abondamment” (Jean 10, 10). Je veux atteindre 6.000 hectares pour rendre possible la création d’une usine dans la région. Cela permettra de développer la région. Chacun à quelque niveau qu’il soit, doit travailler à rendre possible la vie aux autres. Je crois que pour ma part je suis déjà engagé.
La richesse dont vous parlez n’est pas une mauvaise chose quand elle sert l’homme que l’on tourne vers Dieu. Saint Jean-Chrysostome disait aux chrétiens de Constantinople que c’est à cause de leur manque de générosité et de charité envers les plus démunis que l’Eglise est amenée à posséder des biens. Si les chrétiens se prenaient mutuellement en charge, et j’ose élargir, si le croyant prenait en charge la pauvreté de son frère, l’Eglise n’aurait pas besoin de posséder des richesses par elle-même : les biens des fidèles étant leurs biens propres ! Mais la réalité est de constater qu’il faut que l’Eglise en tant que structure intervienne comme une personne morale dans la conduite de certaines affaires de ce monde, au risque parfois de se détourner de l’aspect le plus profond de sa mission : annoncer l’amour de Dieu et le faire célébrer en actes et en liturgie ! L’Eglise se sent la mission de développer la région où elle est implantée ; mais il s’agit d’un développement intégral qui prent en compte l’homme dans toutes ses composantes humaines et spirituelles. L’Afrique et l’Eglise en Afrique doivent de se départir de cette mentalité qui oppose foi et développement ! Certains missionnaires devraient s’examiner à ce propos !

Développer la région ?
Oui, d’abord en termes de création d’emplois. Nous voudrions permettre à beaucoup de jeunes de s’occuper. Dans ces plantations d’abord, puis dans les usines que nous envisageons faire monter dans la région.  Quand je suis venu ici, j’ai convoqué les jeunes d’Odienné pour leur dévoiler mes ambitions pour eux. Je leur ai expliqué que la pauvreté n’est pas une fatalité. Aussi, je les ai engagés à se disposer à travailler pour mettre fin à cette grande pauvreté qui sévit dans la région.
 Pour ma part, j’ai pris l’engagement de les aider à trouver les moyens pour atteindre cette fin. Vous savez, c’est une honte pour nous de voir que le PAM (Programme alimentaire mondial) distribue des vivres dans une région bien fertile comme ici. Je suis donc convaincu que si nous nous y mettons, nous allons donner à ces jeunes les moyens de s’épanouir. Je considère donc cette mission comme une Mission divine. Mais j’ai expliqué aussi aux jeunes que personne ne viendra faire leur bonheur à leur place. Dieu a besoin de nous et de nos efforts pour nous rendre heureux. Le bonheur, nous allons le construire ensemble par la grâce de Dieu; en ce qui me concerne, je m’engage à courir partout dans le monde pour rencontrer des amis qui vont nous aider à trouver les moyens de production. A l’heure où je vous parles,  déjà des tracteurs sont en route ; nous allons aider tous ceux de nos jeunes qui ne sont pas habités par la paresse. Je leur ai demandé de s’organiser en corporations.

Avez-vous d’autres projets à part l’agriculture ?
Je ne me limite pas seulement qu’aux activités agricoles. J’ai demandé aussi que ceux d’entre eux qui ont déjà une activité se mettent ensemble selon la corporation à laquelle ils appartiennent. Que les maçons, les menuisiers, les ferronniers et autres artisans se mettent ensemble. Pour que nous tentions de leur apporter un soutien conséquent. Avec les femmes,  déjà, les choses marchent bien. 

Vous venez aussi de créer un centre de formation, cette année, au sein de l’école catholique…
Dans cette école qui a déjà ouvert ses portes cette année, on alphabétise, on forme à l’art culinaire, et à la couture, à la coiffure, au maraîchage  et la puériculture. Nous formons les femmes et les filles-mères dans ces disciplines. Vous voyez que ce n’est pas normal qu’alors que le Cafop, le lycée professionnel et bien d’autres structures rouvrent leurs portes à Odienné, on ne dispose pas de personnels pour faire la cuisine et qu’on soit obligé d’aller chercher des gens ailleurs pour faire ce travail. Nous croyons que cette école de formation viendra combler un vide tout en permettant à ces apprenantes de s’occuper.

Quelles sont les conditions à remplir pour entrer dans cette école ?
La seule condition, c’est la disponibilité. En dehors de votre disponibilité et de votre volonté, tout y est gratuit. Tout est pris en charge. Pour les élèves qui ont de petits enfants, nous avons commandé des vivres (du lait, des boîtes de conserve) pour eux. Pour cette année scolaire, nous comptons plus d’une centaine de femmes. A la fin de cette année, je vais trouver à chacune d’elles une machine à coudre.

Tout ce que vous entreprenez fait-il partie de l’évangile ?
Tout à fait. Evangélisation rime avec promotion de l’Homme. Tout ce que nous faisons, c’est en vue de la promotion de l’homme. Et, le développement contribue sans conteste à la promotion de l’homme. Notre vision, c’est de dynamiser le développement de nos villages. Et cela est possible si nous le voulons. Si nous réussissons à faire installer une usine de traitement de l’anacarde ou de quelque autre spéculation  dans notre région, nous allons vendre à des prix plus dignes le travail des paysans. Nous n’allons pas nous limiter à donner aux producteurs des prix rémunérateurs, nous allons encore les assister dans leur choix. Vous voyez, par exemple, cette année, des gens ont acheté plusieurs motos avec l’argent de leurs récoltes. Pourtant, il leur aurait été plus avantageux de construire en dur. Aujourd’hui, la question du dédouanement de ces motos se posant, ils se voient confrontés à une situation difficile. Donc, je pense que nous devons assister nos paysans et les orienter dans leur choix. Si le Seigneur nous conduit à atteindre notre objectif, nous allons aider les populations à développer les villages. A travers les lotissements, la construction des villages.

Ne faites-vous pas le travail de l’Etat à sa place ?
Nous agissons dans la logique de notre foi. Nous intervenons quand nous sentons la défaillance de l’Etat. Nous pensons que nos actions ne sont que complémentaires à celles de l’Etat. Mais sachez que nous agissons par nous-mêmes. Nous ne laissons notre responsabilité à personne ;  ce que nous pouvons faire voire devons faire nous essayons de l’accomplir avec la grâce de Dieu et le soutien des amis d’ici et d’ailleurs. Oui, nous sommes toujours dans la dynamique de l’Amour de Dieu. « Donnez leur vous-mêmes à manger », avait dit le Christ devant une foule affamée venue l’écouter parler du royaume de Dieu. Avec quelques pains et quel­ques poissons, fruits des hommes, Jésus a nourri des milliers d’auditeurs de la parole de Dieu. Ce doit être la vision de tous d’œuvrer pour le bonheur de l’homme. Pour nous, c’est un devoir de réfléchir au comment donner plus de joie dans ce monde. Je suis un serviteur inutile et souffrant. Et je souhaite que chacun tende vers cette vertu. Agir pour le bonheur de l’Homme, sans rien attendre de lui. C’est en cela que je considère que beaucoup d’intellectuels ont failli à leur devoir. Parce qu’ils ont appris tout ce qu’ils savent dans les écoles sans pouvoir mettre ce savoir au service de leurs populations. L’on comprend que beaucoup d’entre eux ne soient pas choqués par la thèse sarkozyenne de «l’immigration choisie». Malheureusement en Afrique, nous choisissons les restes ou ersatz, on nous en donne avec de grands discours à l’appui, et nous nous en contentons en magnifiant la générosité du donateur qui n’a cure de notre reconnaissance, puisqu’il va la prendre sur le meilleur de nos produits!

Qu’attendez-vous des intellectuels africains ou ivoiriens?
Celui dont on a besoin aujourd’hui comme intellectuel, c’est celui-là qui est capable de se mettre au service de la communauté. Par exemple, que l’ingénieur agronome vienne organiser ses parents pour leur faire bénéficier de ce qu’il a appris dans les écoles supérieures. C‘est ça le vrai intellectuel qui a appris les techniques modernes et qui vient prendre ses parents pour faire route avec eux. Le vrai intellectuel dont nous avons besoin en Afrique, c’est celui qui sait que le développement de l’Afrique passe par l’effort et les sacrifices des guides ou de l’élite intellectuelle rompue au service de la nation. Cette élite intellectuelle en est une qui manifeste son attachement à la cause nationale, régionale, villageoise et familiale. L’intellectuel doit pouvoir vivre de sa science, mais dans l’attention à la cause du développement du pays et des populations. C’est en ce sens qu’il peut être désintéressé,  parce qu’il n’amasse pas pour lui seul ni contre les autres, ni encore à leur détriment. C’est vrai que c’est une tâche difficile, mais tous ceux qui savent quelque chose doivent tendre vers cet objectif : aider ses parents de façon désintéressée.
Un politicien régional qui n’incite pas concrètement, ni ne travaille d’arrache-pied au bonheur de sa région est un piètre individu, incapable de sacrifice. Jean de Constantinople avait dit de ces gens-là : rien de plus vain qu’un chrétien non prompt à développer (sauver) son frère. Et l’on peut transposer : rien de plus inutile qu’un intellectuel plus préoccupé de lui-même que du bonheur des autres. Il perd sa dignité d’homme !

A l’orée de l’année 2012, quels vœux pouvez-vous formuler pour la Côte d’Ivoire qui vient de sortir de la crise la plus meurtrière de son histoire ?
Des vœux de paix, de fraternité et de réconciliation. Que le Seigneur fasse de l’Ivoirien, un Ivoirien nouveau par la force de son Esprit. Qui abandonne la haine, les discours d’exclusion. Qui rompt avec un nationalisme étriqué. Et que cet Ivoirien nouveau soit moins superstitieux. Que les discours que nous allons avoir les uns envers les autres soient des discours d’Amour, c’est-à-dire des paroles d’hommes et de femmes responsables des autres et conscients qu’ils n’ont rien qui leur appartienne en propre qui ne soit donné par Dieu. Que la nouvelle Côte d’Ivoire soit un havre où l’on célèbre la fraternité universelle. Où le frère accueille son frère et le considère comme un don de Dieu, un frère sans lequel personne ne peut se suffire à soi tout seul. Qu’il le considère et le célèbre comme une chance offerte sur le chemin de la vie. Que chacun devienne le «sababou»  de l’autre, c’est-à-dire la grâce offerte pour l’épanouissement de l’autre. Ainsi, adviendra la Côte d’Ivoire nouvelle où Dieu est reconnu comme Père de tous. C’est à ce prix que la paix que les Ivoiriens vont se souhaiter, au début de l’année nouvelle 2012, les uns aux autres sera la paix venue de Dieu que chacun et chacune transmet à son frère et à sa sœur, toutes origines confondues. Et, c’est ainsi que Dieu bénira l’année 2012 pour chacun et pour tous !

Interview réalisée par Ténin Bè Ousmane à Odienné

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