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Maca/Comment les détenus vivent leur sexualité
Publié le mercredi 4 janvier 2012   |  Nord-Sud


La
© Reuters
La Maison d`arrêt et de correction d`Abidjan (MACA) a réouvert ses portes


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Dossier

Presse 2011
La sexualité en milieu carcéral est un sujet tabou. Cependant, nous avons tenté d’investiguer sur la question.


C’est avec un responsable de l’administration pénitentiaire que nous entamons ce lundi, la visite de la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Objectif : percer le mystère de la sexualité en milieu carcéral. Le guide nous conduit au bâtiment des femmes ou ‘’le kremlin’’, situé à droite du bloc administratif. Sur le mur peint en jaune, on peut lire : « Bienvenue au bâtiment des femmes ». Il est situé en face de la cuisine du pénitencier. Un garde ouvre le portail de couleur verte. « Voici les femmes détenues. Elles sont éloignées des hommes », nous précise l’autorité. Avant d’entrer à l’intérieur du bâtiment proprement dit, nous apercevons une garde en treillis, assise derrière une table. Elle écaille des poissons pour le restaurant tenu par les détenues. Poursuivant toujours la visite, nous rencontrons, sous une tente, plusieurs gardes pénitentiaires de sexe féminin, habillées en tenue militaire. A la vue de leur supérieur, elles se lèvent et se mettent au garde-à-vous. Le patron nous présente à ses subalternes. De là, nos regards se hasardent vers une cellule vide et obscure non loin de l’endroit où nous nous tenons debout. Juste à côté, à la vue des toilettes ouvertes à tous, on comprend que l’intimité n’est pas de mise dans la prison. Notre guide nous dirige à l’espace consacré au ménage des prisonnières. Quelques unes d’entre elles accomplissent des tâches ménagères sous un hangar. Le chef en profite pour parler des pratiques sexuelles de certaines prisonnières qui, pour lui, sont dues à l’ennui. En effet, cet espace est visible depuis certains bâtiments pour hommes. Précisément les cellules qui se trouvent en hauteur.

Technique de femmes

Profitant donc de cette opportunité qui leur permet de se faire voir par certains détenus, des femmes voulant satisfaire leur envie sexuelle en se faisant désirer, se rendent en ce lieu en imitant des stripteaseuses. Elles se mettent donc à poil, exécutent des attouchements sur tout le corps. Ce, en présence d’autres détenues. Evidemment, les voyeurs enfermés dans leurs cellules ne peuvent pas les rejoindre. Elles se contentent donc du plaisir tiré de l’exhibition. Cette pratique propre aux jeunes filles en âge d’activité sexuelle n’existerait plus, selon l’administrateur. Les prisonnières susceptibles de s’y adonner sont désormais occupées par les travaux du restaurant ouvert après la réhabilitation. Une assistante sociale vêtue d’une blouse blanche confirme les révélations de notre interlocuteur  «Vous voyez, elle vient de le confirmer», renchérit le guide. A quelque longueur de là, nous sommes devant un bâtiment pour hommes. A l’entrée de chaque cellule, un règlement intérieur est affiché au mur. A chaque arrivée de nouveau prisonnier, ce texte est lu par le chef de cellule, appelé ‘’commis’’. Par exemple, à l’entrée de la cellule 106 du bâtiment C, l’on peut lire entre autres : interdit de voler et de mentir, interdit de pratiquer l’homosexualité et de se masturber. Le commis ou son adjoint veille à ce que ce règlement ne soit pas violé à l’intérieur de la cellule. Résultat, tous les cinq ans, en moyenne un seul cas de violation d’un interdit serait enregistré. Et, il s’agirait généralement de cas de masturbation. Selon nos informateurs, cette pratique est le moyen le plus utilisé par les détenus pour satisfaire leur libido. Mais elle se fait en cachette. D’où la rareté des interpellations. Selon le règlement, celui qui se fait prendre, se fait rouer de coups par ses co-détenus. Autre bâtiment, autre réalité. A la différence des autres prisonniers, les assimilés, eux, auraient droit à des moments d’intimité avec des partenaires venus de l’extérieur. Ainsi, en son temps, une prisonnière du café-cacao aurait eu régulièrement droit à ce privilège, dans le bureau du régisseur ou à l’infirmerie. Il arriverait aussi que des assimilés (hommes) en manque de partenaires extérieures bénéficient sur place des largesses de certaines femmes, gardes pénitentiaires. Mais ces faits n’ont pas été reconnus par notre guide. Malgré tous les palliatifs qu’ils essaient de trouver, le manque de liberté sexuelle fait partie de la pénitence des bagnards. La preuve, lorsque les portes de la Maca ont été ouvertes en 1999 à l’occasion du coup d’Etat militaire, certains détenus se sont immédiatement dirigés dans la cellule des femmes pour les violer. Des détenues ont trouvé la mort à l’issue de ces viols.

N.B. (stagiaire)

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