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Opération pays propre, Six mois après : Un bilan mitigé
Publié le mardi 17 janvier 2012   |  Le Patriote


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© Abidjan.net par DR
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Photo d`archives. Mme Anne Désirée Ouloto, porte-parole principale de campagne du Dr Alassane Ouattara (RDR)


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Au ministère de la Salubrité urbaine, l'heure est au bilan. L'opération pays propre qui a fait de la première responsable de ce département ministériel, Anne Désirée Ouloto, l'un des ministres les plus redouté du gouvernement Soro, est à la croisée des chemins. En cette année 2012, le ministre veut explorer d'autres voies, afin d'obtenir des résultats probants, mais durable.

Anne Désirée Ouloto n'est pas satisfaite du bilan de l'opération « pays propre ». En effet les actions engagées n'ont pas donné les résultats escomptés. Six mois après le lancement de l'opération, le ministre de la Salubrité urbaine reconnait qu' '' Abidjan est toujours sale''. Pourtant, loin d'être insignifiantes, les actions menées par celle que la population a fini par surnommer « Maman bulldozer », sont perceptibles à plusieurs endroits de la capitale économique et même à l'intérieur du pays.

Les actions « barracuda » ou encore ''actions d'éclat'' ont donné un nouveau visage au boulevard Valérie Giscard d'Estaing (VGE). Les vendeurs de véhicule d'occasion, les commerçantes de poisson frais et autres articles qui avaient défiguré le VGE ont été déguerpis des différents carrefours. Aujourd'hui, force est de constater que le boulevard ''respire mieux''. A Yopougon, la célèbre ''Rue princesse'' a été visitée par les bulldozers. Si elle n'a pas été entièrement détruite, ''la Rue'' a connu un réaménagement avec la démolition des maquis géants construits sur les emprises du domaine public.

A Cocody également, plusieurs commerces occupant le domaine public ont été démolis sans état d'âme. A ces ''actions d'éclat'' s'ajoutent plusieurs opérations de déguerpissement et d'embellissement plus ciblées. Notamment le déguerpissement des commerçants installés anarchiquement, la destruction des commerces construits sur les emprises de domaine public, le ravalement des façades de certaines bâtisses publiques. L'amélioration dans le système de collecte des déchets ménagers est aussi une réalité. Les sociétés de ramassage pour la plupart (il y a encore quelques récalcitrantes qui refusent de se conformer aux nouvelles réglementations), opèrent la nuit. Cela, conformément au souhait de l'Agence Nationale de la Salubrité Urbaine (ANASUR). Les rues sont régulièrement balayées par les femmes.

Celles-ci ont même vu leur problème de solde réglé, suite aux injonctions du Président de la République. Malgré tout ce travail abattu, Abidjan est toujours la perle des ... ordures. Les ordures sont hélas encore là. Et le désordre a toujours pignon sur rue. Les sites déguerpis continuent d'être la cible des commerçants qui jouent à longueur de journée à cache-cache avec les agents de la brigade de la salubrité. Certains domaines sont même parfois recolonisés. C'est le cas des grands carrefours de Marcory et de Koumassi qui sont revenus à leurs anciennes amours. Ainsi que de l'espace situé à la montée du pont de Marcory Anoumabo, anciennement centre de groupage des ordures pré collectées. En dépit des efforts fournis par les balayeuses, les rues ne sont toujours pas propres. Les caniveaux toujours bouchés par les ordures. En tout cas, maintenir propre la capitale économique révèle d'un véritable casse-tête chinois. Les vieilles habitudes ayant la peau dure.

Les populations, a déploré Anne Ouloto, sont réfractaires au changement. Beaucoup n'ont pas encore intégré en eux le geste de l'éco- citoyen. C'est-à-dire du citoyen qui prend soin de son cadre de vie. Les poubelles déposées sont parfois ignorées par la population ou servent à autre chose. Notamment comme récipient pour recueillir de l'eau. A cela s'ajoute le manque d'adhésion des mairies. Selon le Ministre de la Salubrité urbaine, les maries chargées de relayer le ministère sur le terrain ne le font pas. Toute chose qui engendre l'impuissance de la brigade de salubrité qui a du mal à couvrir tout le district d'Abidjan. Face à un tel constat, Anne Ouloto a décidé d'attaquer le mal à la racine. Elle a compris que pour obtenir des résultats probants, il faut non seulement que la population se sente concernée, mais qu'elle contribue également à maintenir son cadre de vie toujours propre.

Une amende de 150.000 Fcfa

C'est tout le sens de la série d'échanges qu'elle vient d'initier avec différents acteurs de la vie socio- économique. Ainsi, les jeudi 12 et vendredi 13 janvier 2012, elle a échangé avec les syndicats de transporteurs et les commerçants du vivrier, précisément les responsables des marchés à l'hôtel du district, au Plateau. Le ministre de la salubrité urbaine n'est pas passé par quatre chemins pour asséner ses vérités aux transporteurs.

« Ce ne sont pas tous les endroits d'Abidjan qui sont sales. Il y a des endroits plus sales que d'autres. Le constat est que les gares routières, du fait de leur fréquentation par une masse humaine importante, sont sales. Pourtant, ce sont vos sociétés et vous qui brassiez des millions FCFA en ces endroits. Cela n'est pas normal et il faut que ça change », a-t-elle martelé. Poursuivant, Anne Ouloto, tout en déclarant ''ne pas jeter la pierre à quelqu'un'' demande aux chefs de gare d'aider le ministère à mettre fin à cette situation qui n'honore pas la nouvelle Côte d'Ivoire que le Président Alassane Ouattara est en train de bâtir. C'est-à-dire un pays propre où il fait bon vivre, prospère et émergent à l'horizon 2020. « La plupart des gares sont installées anarchiquement. Nous sommes en discussion avec les parties concernées pour vous trouver des sites de recasement.

Le district d'Abidjan a plusieurs projets dans ce sens. Mais en attendant que cela ne soit une réalité, il faut maintenir les gares propres. Vous êtes les responsables de ces lieux, c'est à vous de veiller à leur propreté. Chaque gare doit avoir son comité de salubrité. Nous sommes prêts à vous accompagner en vous offrant des poubelles », a-t-elle soutenu. Aux femmes du vivriers, la première responsable de la salubrité a tenu le même langage. « Les marchés sont vos lieux de travail. Mais ces marchés sont très sales alors que vous êtes des femmes. Cela n'est pas normal. Nous pouvons revenir aux bonnes habitudes. Par le passé, les marchés étaient lavés et c'était bien ainsi », a-t-elle indiqué. Les transporteurs, tout comme les commerçantes, ont convenu avec leur hôte de la justesse de sa remarque. S'engageant à changer de comportement.

Ils ont même fait des propositions pour changer la donne. Ainsi, dans les tout prochains jours, des brigades de salubrité verront le jour dans les marchés et dans les gares routières. Comment cela pouvait-il en être autrement. «On ne va pas sensibiliser éternellement. Il y aura bientôt des sanctions lourdes contre les contrevenants. Toute personne prise en flagrant délit paiera une amende de 150 000FCFA », a-t-elle prévenu. Des sanctions rentreront donc en vigueur. A cet effet, dans les prochains jours, le ministre de la salubrité compte rencontrer les responsables des forces de l'ordre afin d'associer les policiers et les gendarmes à cette lutte. Singulièrement ce qui concerne la gestion des corridors qui, il faut le reconnaître, sont des lieux très sales. Pourvu que cette nouvelle approche produise des fruits.

Dao Maïmouna

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