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Musique / Engagement : Tiken Djah s’attaquera-t-il un jour à Ado?
Publié le lundi 20 fevrier 2012   |  Le Democrate




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Il fait partie des artistes qui n’ont pas la langue de bois. Ses différentes œuvres discographiques causent généralement d’énormes soucis aux régimes politiques. Ici comme ailleurs en Afrique, son nom est associé au combat pour la démocratie, la liberté, le respect du droit de chaque peuple à disposer de son destin etc. S’il est vrai que les mélomanes de manière générale vouent à ce reggae maker, une admiration folle eu égard à son engagement et son courage, il n’en demeure pas moins qu’il a toujours été un cauchemar pour certains dirigeants africains. En Côte d’Ivoire, lorsque l’Ivoirité battait son plein à une certaine époque, l’un de ses titres à succès «Nationalité» avait suscité la furia du pouvoir en place. Et plus tard lorsque, le général Robert Guéi, qui soutenait aux lendemains de son punch, «être venu balayer la maison» pour laisser le pouvoir à un civil a au bout du compte fait volte-face pour se présenter à l’élection présidentielle de l’an 2000, Tiken Djah était là pour lui dire : «Le peuple te regarde, quitte le pouvoir comme tu l’avais promis». Malheureusement, il n’a pas été écouté et ce qui devait arriver, arriva. Sous la Refondation, l’enfant d’Odienné a non seulement, dénoncé les conditions calamiteuses d’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo, mais bien plus, la politique peu orthodoxe que pratiquait ce dernier. En tout cas avec Tiken Djah, les Refondateurs n’ont jamais connu la paix, jusqu’à leur chute du pouvoir, l’an dernier. Lorsqu’on observe la carrière de cet artiste, on se rend bien compte qu’elle a été constante, d’autant que l’artiste n’a jamais troqué ses convictions contre une quelconque prérogative. On comprend dès lors pourquoi il a passé tant d’années en exil. Aussi, quand on connaît tout le soutien qu’il a apporté à l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara, depuis l’opposition, jusqu’à son arrivée au pouvoir, on se demande bien si Tiken aura un jour, le cran et le courage nécessaires pour dénoncer les abus ou les dérapages qui pourraient subvenir lors de la mandature du président Ouatara. En tout cas, il semble que le 25 février prochain, la star du reggae ivoirien, sortira deux singles intitulés « Alerte » et «La Porte de l'histoire». Ce deuxième titre demande aux chefs d’Etat africains d’éviter de se maintenir au pouvoir au mépris de la constitution de leurs pays. Et pour ce faire, il prend l’exemple de Nelson Mandela. Dans tous les cas, des interrogations persistent. On se demande si Tiken Dja pourra éviter le piège que n’a pas su éviter Serges Kassi, sous la Refondation. On se souvient que ce dernier, dont les œuvres ont combattu Houphouët et Bédié, n’a pas su rester hors du cercle des pontes de l’ancien régime, si bien qu’il n’a pu voir les misères qu’a vécues le peuple ivoirien sous Laurent Gbagbo. Même si pour l’heure, il est de plus en plus question de réconciliation, l’entrée de Tiken Dja dans les instances dirigeantes du Burida peut faire craindre une dérive vers le copinage, la complaisance, ce qui pourrait lui ôter son sens du combat et de l’engagement au service des peuples, des qualités qu’on apprécie chez cet artiste.

Francis Kouamé (stg)

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