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Entretien / MC Solaar, rappeur français : ‘’Il y a quatorze ans, j’ai rencontré Mme Dominique Ouattara et je suis’ fier d’Omar Sy’’
Publié le mardi 28 fevrier 2012   |  L'intelligent d'Abidjan




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MC Solaar ou Claude comme il aime se présenter (Ndlr ; Claude M’Barali est son vrai nom) était à Abidjan pour ‘’trois soirs’’ à l’occasion du dîner-gala de la Fondation Children of Africa qui s’est tenu le vendredi 24 février 2012. Mais en dehors des événements pour lesquels il a été sollicité, le rappeur vient en Côte d’Ivoire ‘’au minimum deux fois par an’’ depuis vingt (20) ans pour trouver du repos. «Le soleil, le garba le matin, c’est très bon», confie MC Solaar. Rencontré le samedi 25 février à l’hôtel Ivoire à quelques heures de son départ pour Paris, le rappeur français aborde ici quelques sujets d’actualité. Entretien.
Vous avez compté parmi les invités de la Fondation Children of Africa pour le dîner-gala le samedi 25 février au Palais des congrès de l’Hôtel Ivoire. Pouvez-vous partager avec nous vos réflexions pendant cette soirée ?
Je suis tombé par hasard il y a presque quinze (15) ans sur Children of Africa avec Mme Ouattara (Ndlr ; Dominique Ouattara). C’était en Europe. L’idée était forte et la cause noble. Car, cela vise les enfants, l’éducation, la santé. J’y ai mis mon cœur et j’ai participé à quelques événements, sans me rendre compte de la portée. Presque quinze ans après, c’est la preuve que ce n’était pas juste une idée pour faire quelque chose de ponctuel. C’est quelque chose qui tenait vraiment à cœur à cette dame. J’en ai la preuve aujourd’hui. Quelquefois on voit des choses ponctuelles qui ne sont pas suivies mais, là, ça été suivi. Les artistes chaque fois qu’on fait des choses pour des gens, c’est facile de suivre et on essaie de suivre.

Que retenir selon vous des axes qui ont orienté la soirée?

Ce n’est pas la soirée qui est importante. C’est la réussite de l’événement même. Les organisateurs ont réussi à capitaliser une somme pour payer une grande partie de l’hôpital. Cette fois, ce sont des gens qui ont été généreux. Ils ont pris des tables, ont participé. Beaucoup de ces personnes qui travaillent en Côte d’Ivoire et ont donné en retour. Pouvoir redonner, est une chose parfaite. La soirée s’est déroulée avec différents protagonistes. Mais, c’est surtout un grand pourcentage de l’hôpital qui a été construit.

C’est en compagnie de la Première dame, Dominique Ouattara, la princesse Ira de Fürstenberg (marraine de la Fondation) et plusieurs célébrités d’Afrique, d’Europe et d’Amérique que vous êtes allé à la rencontre des pensionnaires de la «Case des enfants».

En y étant, qu’est-ce qui a retenu votre attention ?
C’était super. Ce sont des enfants qui ont une chance après avoir connu des malheurs. Ils ont une seconde chance. C’est rare dans la vie d’avoir une deuxième chance. J’ai vu – ce ne sont pas des sourires – des gens qui ont l’air apaisé et qui auront une chance de repartir dans la vie. Parmi ces enfants, il y a des internes et d’autres qui viennent y prendre des cours. J’ai parlé avec certains qui croient aux chances de réussite.

De quoi avez-vous parlé ?

Savoir par exemple ce qu’ils faisaient là. J’ai su qu’ils ne faisaient pas partie du nombre des internes et qu’ils venaient de l’extérieur pour y étudier. Cela fait du bien de savoir qu’il y a des institutions qui permettent à des gens de continuer. Ils ont une chance d’être dans une telle institution. J’ai été heureux de les voir. Finalement, leur malheur leur apporte une chose en plus. C’est-à-dire un encadrement bien fait.

Mener ce type d’actions sociales doit-il être le fait de personnes riches car d’aucuns diront que la Première dame a les moyens de sa politique?

Il ne faut pas avoir les moyens pour mener ce type d’actions. Parce que, Première dame ou pas, elle a bon nombre d’enfants. Si d’autres personnes font pareil dans d’autres endroits, ce ne seront que des enfants sauvés. La bienfaisance, c’est le seul domaine où il n’y a pas de concurrence. C’est plutôt un domaine où il faut enrôler les bonnes volontés pour pouvoir aider. Je suis allé voir quelquefois dans des pays, des gens au Danemark ou d’autres pays scandinaves qui faisaient de petites choses avec à peine vingt (20) personnes. S’il y a un domaine dans lequel il n’y a pas de polémique c’est quand on fait le bien et quand il y a les preuves visibles. Un enfant a perdu ses parents ou qui est malade et qui apprend à vivre et à lire. Il ne faut aucune polémique là-dessus !

De plus en plus d’artistes ou footballeurs investissent dans des actions sociales ou mettent en place une fondation pour venir en aide à des couches sociales défavorisées. Cette idée vous a-t-elle parcouru l’esprit ?

Non, en tout cas pas pour le moment. Et, je ne sais pas le faire. Il faut rencontrer des gens qui ont la volonté et qui enrôlent l’artiste. Parce que l’artiste, lui, c’est un rôle de mise en lumière. Il y a des professionnels de la gestion des ONG (Ndlr ; Organisation non gouvernementale), de la gestion d’aide humanitaire, des avocats du droit social. Des gens qui savent comment gérer. Ce sont des gens qu’on ne voit pas mais qui font des choses les plus importantes. Mais, quand quelqu’un a la chance de pouvoir avoir de la lumière ou des relations, cela permet à ces professionnels de réussir leur cause.

Parmi la génération d’artistes qui suivent vos pas dans le rap, certains vous trouvent «has been» (Ndlr ; dépassés). Cela vous frustre-t-il ?

Pas de frustrations. Je pense que chaque artiste dit ce qu’il a à dire. Si c’est important de dire cela, c’est bien. C’est leur avis, donc cela ne me gêne pas du tout ! Mais on est ce qu’on est. Un baobab reste un baobab, une orange reste une orange, un poète reste un poète. Je trouve que je suis plutôt stable dans ce que j’ai fait depuis le début de ma carrière jusqu’à aujourd’hui. C’est difficile de répondre, parce qu’il ne faut pas répondre. Ce sont des artistes et je leur souhaite le bien, le bonheur et même plus que ce que j’ai et ce que j’ai eu. Je leur souhaite réellement d’être heureux dans la musique.

Par le biais de sa musique qu’est-ce que Solaar a eu qu’il n’espérait pas avoir dans la vie?

J’ai eu l’équilibre. On vit en France dans une période où la vie est dure pour tout le monde.
On exerce une passion et on arrive à en vivre. Rien que ça, c’est fantastique. On a du temps, on s’exprime, on donne des orientations à des gens. Quelquefois, on fait des morceaux récréatifs pour le fun. C’est fantastique. Je crois que j’ai eu beaucoup de chances grâce à la musique. C’est pour cela que je souhaite la même chose aux autres. Et qu’ils le vivent aussi pareillement quel que soit ce qu’ils racontent. C’est un bonheur pour eux pour chacun d’entre eux. Et surtout, je les aime tous. Je ne me suis jamais trompé d’ennemis.

D’un autre point de vue, cela a dû être pour vous un bonheur de voir Omar SY remporter le César du meilleur acteur pour son rôle dans ‘’Les intouchables’’ ?
Très heureux pour lui. Parce que l’homme est très sympathique. On se voit de temps en temps mais on ne se connaît pas plus que ça. Certes on se connaît mais je ne sais pas à quels niveaux. Je suis très content pour lui parce que le film est magnifique et c’est surtout un travail de longue haleine. Ce n’est pas son premier film, il a dû en faire une quinzaine avant. C’est le résultat de son travail. Oui, c’est une fierté.

Une nouvelle page s’ouvre pour la Côte d’Ivoire qui sort d’une situation de crise. Cependant, des secousses se font sentir dans des pays comme le Mali, au nord. Etant fils d’Afrique, trouvez-vous une explication à ces troubles sur le continent ?

Il faut savoir que le mode opératoire du développement, du progrès et de la liberté, c’est la démocratie. J’espère que les gens vont se rabibocher mais, l’objectif prioritaire doit être la démocratie. Toutes les autres façons d’exercer le pouvoir ne doivent plus exister. C’était un exemple, il faut que ça le redevienne. En réalité, je ne sais pas exactement ce qui se passe au Mali. Mais je sais que cela fait plus de douze (12) ans que ça bouge d’Algérie jusqu’au Tchad.

Réalisé par Koné Saydoo

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