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Interview / Black Jack, artiste-chanteur : ‘’Je suis engagé par amour pour mon peuple’’
Publié le samedi 17 mars 2012   |  L'intelligent d'Abidjan




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Le fondateur de Democrates D, l’Ivoirien Black Jack (Hassane Soumahoro) était récemment sur les bords de la lagune Ebrié où il comptait parmi les invités de la Fondation Children of Africa lors du gala du 24 février 2012. Pour comprendre son engagement dans l’action sociale et musicale, il invite à suivre ses pas depuis son jeune âge à Adjamé.
On ne saurait parler de Black Jack qui prépare certes un album solo sans évoquer Democrates D, le groupe de Rap que vous avez créé. Quelles sont les nouvelles de Democrates D ?

Democrates D a fêté ses vingt ans (20) d’existence l’année dernière (Ndlr ; 2011) – même si on n’a fait que deux (2) albums en 1991 et 1995. Mais je peux vous dire qu’on prépare un nouvel album après quinze ans. Il y a surtout le projet annexe qui est mon album solo. Il est fini et va sortir entre mai et juin (Ndlr ; 2012). Mais Democrates D reste ma plate-forme. J’ai aussi mon association qui s’appelle Democrates D Studio qui donne l’opportunité à tous les artistes de collaborer tout en me faisant parvenir leurs projets de sorte à les réaliser ensemble. C’est surtout pour créer une plate-forme pour les jeunes Ivoiriens qui font du Rap. C’est aussi créer une connexion autour de l’art, du Hip hop.

Sur la scène du rap ivoirien, y a-t-il des noms qui vous reviennent?
J’en connais quelques-uns, Winch Way, Nuka, sans oublier Garba 50 qui sont déjà confirmés et que j’ai vus pendant mes nombreux voyages au pays. L’association Democrates D existe depuis deux (2) ans. C’est justement pour cela que je suis venu au gala (Ndlr ; Children of Africa) dans le cadre du soutien aux enfants, aux jeunes et à l’art. Je vais promouvoir mon projet et voir ce que je peux faire pour ces jeunes dans le domaine de la musique.

En étant en France, comment Black Jack apporte-t-il sa pierre à l’édifice culturel ivoirien ?
J’ouvre les bras depuis très longtemps. Je pense que tout le monde le sait. J’ai produit Almighty, MAM et j’aurais voulu en faire plus. J’ai soutenu des artistes tels Winch Way avec mon frère Don King. Quand je suis de retour au pays, je vais voir autant les mineurs à la Maca (Ndlr ; Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan) que les jeunes qui dorment dans la rue au Plateau. Je me mets ainsi au service des autres tout en répondant à leurs attentes. Ma contribution sera ma disponibilité en tout temps et elle est surtout sociale parce que je représente ce jeune qui a quitté son quartier à Adjamé et qui est parti en France pour y étudier. Et via le Rap, il a pu faire parler ailleurs de son pays, de l’Afrique, du racisme, des problèmes des Noirs dans le monde. Ce jeune a eu véritablement son nom gravé dans ce mouvement. Il a également pu créer des vocations car il y a d’autres jeunes qui s’expriment à travers le Rap. Le Rap est lié à la réalité de tous les jours. Mon objectif aujourd’hui, c’est de faire en sorte que les jeunes s’épanouissent par leur art et qu’ils puissent se faire connaître. L’art est au cœur de tous les sujets. C’est pour cela que vous verrez à chaque fois, que ce soit le théâtre, la danse, le Rap, le slam, l’écriture, le cinéma, des armes de propagande – soit dans le mauvais sens soit dans le sens d’élévation d’un peuple. Nous sommes là pour élever le peuple via notre musique et nos écrits.

Black Jack est connu très engagé de par ses textes, qu’est-ce qui amène l’artiste à s’inscrire dans cette dynamique ?

C’est pour l’amour de mon peuple. Raison pour laquelle le deuxième album de Democrates D est baptisé ‘’La voix du peuple’’. L’engagement par les mots mais aussi par les actes. C’est de pouvoir aller à la rencontre des gens, les soutenir et surtout d’être la voix des sans voix. Depuis mon jeune âge, je me suis engagé dans l’action sociale. Que ce soit dans les comités inter-quartiers (à Adjamé), que ce soit dans les banlieues en France pour l’organisation des concerts ou des ateliers d’écriture. C’est en cela qu’en 1990, du temps du multipartisme – par mes écrits tels ‘’Afrique tolérance’’, ‘’Liberté au peuple noir’’ qui touchaient les problèmes de l’Afrique – j’ai fait la connaissance de Claude (Ndlr ; Mc Solaar) il y a vingt (20) ans quand on est venu en tournée en Afrique. Je ne le fais pas dans le sens de m’engager mais dans le sens humain. Chaque artiste tire son inspiration de quelque part et c’est la réalité dans l’art qui m’inspire. C’est ma vérité face à ma réalité. Si cela devient une forme d’engagement, tant mieux ! Parce que justement cela ouvre les yeux à certains qui ne voient pas la réalité autour d’eux. Si cela réconforte les victimes de cette dure réalité, tant mieux, on aura tout gagné.

Cette réalité est aussi chantée dans ‘’A bas les armes’’, un titre que vous composez durant la crise qu’a vécue la Côte d’Ivoire…

‘’A bas les armes’’, je l’ai fait sur le tac parce que j’étais choqué de voir les miens comme je ne les avais jamais vus. Alors j’ai fait ce titre que j’ai envoyé à toutes les chaînes, les médias français, en Côte d’Ivoire, etc. Je peux dire que j’ai été content de l’avoir fait. J’ai d’ailleurs été le premier à réagir face à cette situation. Ce qui était marrant c’est que tous les gens trouvaient que ma démarche était sincère. Mais comme je prenais position pour le peuple, cela ne rentrait pas dans les créneaux de certains. Pour moi, il n’y avait pas de discussion car je voyais le peuple. C’est justement par ma réaction que je me suis retrouvé dans ce gala. Je remercie en plus tous les gens qui ont adhéré, tous les journalistes – des gens comme vous – qui ont fait parler de ce morceau. C’est un morceau intemporel puisque sa position est populaire. C’est un morceau qu’on peut écouter à chaque moment qu’on aura besoin d’entendre l’avertissement qui dit au peuple : «Attention, pensez à vous, à vos aspirations, à vos enfants d’abord. Pensez à ne pas vous entretuer, pensez à ne pas vous faire la guerre et après on verra». C’est cela mon message parce que, voir les miens s’entretuer et mon pays aller dans ce sens, je me suis rendu compte de l’importance de notre existence, de l’avenir de notre pays. Je suis un ambassadeur ivoirien. En tant qu’artiste, je tiens à défendre cette Côte d’Ivoire.

On a toujours besoin des artistes pour soigner les maux comme vous le dites. Mais il est de tout temps que l’artiste a été un messie car il a toujours prévenu des dangers...
Quand on écrit les chansons surtout quand on écoute ‘’A bas les armes’’ on verra tout de suite que j’ai expliqué d’où ça venait. Et que ça allait arriver. C’est justement ce qui nous faisait peur et on se disait qu’il ne fallait pas que ça arrive. En octobre, je suis venu en tant qu’invité surprise de Booba pour un concert humanitaire. Cela a permis de faire un travail de pansement. Cela m’a fait du bien car cela faisait quatre mois qu’on sortait de la crise. J’ai donc pu voir ces regards heureux de ne pas entendre ces bombes et balles qui sont tirées dans tous les sens. Cela m’a permis de voir l’importance de mon métier et de mon engagement.

Des critiques font entendre que le Rap ivoirien est à plat. Est-ce votre avis ?
Non, le Rap ivoirien n’est pas à plat et il ne le sera jamais parce que le Rap ivoirien fait partie dès le départ du Rap français. Avec moi sans compter les autres Ivoiriens qui ont participé à l’émancipation du Rap en France et dans tous les autres pays francophones et aux Etats-Unis, le Rap ivoirien est par excellence le Rap en Afrique. Maintenant, il connaît des moments de baisse, mais très vite il va retrouver sa place initiale.

Que retenir du gala de la Fondation Children of Africa auquel vous avez participé ?
Le gala était accentué sur le bien-être de l’enfance. On a vu des enfants heureux, soulagés et rassurés pour l’avenir. Je remercie tous les gens qui travaillent autour de ce projet pour qu’il aille plus loin et que les enfants soient protégés. C’est très important.

Réalisée par Koné Saydoo

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