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Interview/Mme Yoda, née Mariam Koné (Directrice des Sports de haut niveau) : “Le ministre Légré n’a pas perdu 90 millions à la CAN”
Publié le vendredi 30 mars 2012   |  Le Patriote


Mondial
© Ministères par DR
Mondial 2010 - Sur les traces des Ivoiriens en Afrique du sud: passeports et visas
Abidjan. Le comité d`organisation s`affaire à remettre les passeports et visas aux membres de la délégation. Photo: Mlle KLA Estelle (à gauche) et Mme YODA Mariam (à droite) s’attellent à finaliser les démarches administratives


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C’est désormais elle qui pilote la direction des sports de haut niveau. Elle c’est Mme Yoda née Mariam Koné. Sportive de grande renommée, Mme Yoda fait à présent son trou dans l’administration sportive. Dans cet entretien, elle fait, avec votre quotidien préféré le tour de l’actualité sportive et des questions brulantes de l’heure. Entretien.
Le Patriote : La Côte d’Ivoire reste sur une autre défaite en coupe d’Afrique de football. Comment le ministère des sports a vécu cette finale ratée ?
Mme Yoda Mariam Koné : Nous avons vécu difficilement cette défaite en finale de la CAN. Mais dans le même temps, il fallait se refaire un moral et penser aux prochaines échéances surtout que 2013 n’est pas loin. Il ne fallait pas rester longtemps sur cette déconvenue. Comme on le dit, on se sert des défaites pour préparer les victoires. C’est pour cela que dès le lendemain de cette finale perdue, nous avons essayé d’évacuer pour nous remettre d’aplomb. Cette défaite a été d’autant plus difficile que le ministère, le gouvernement et toute la population ivoirienne attendaient cette coupe pour booster davantage la réconciliation qui est chère à la Côte d’Ivoire. Mais Dieu en a décidé autrement. Mais je reste convaincu que le meilleur reste à venir.

LP : Une fois encore, des problèmes d’organisation au niveau des supporteurs a gêné la quiétude de cette compétition. Comment le clash est-il survenu entre vous et le CNSE ?
YMK : A mon avis et je pense que c’est également l’avis du ministère, il n’y a vraiment pas eu de problème entre le ministère avec le CNSE. Il y a des gens qui voulaient qu’il ait des problèmes mais avec panache, nous avons évité tout malentendu parce qu’en réalité, il n’y avait aucun problème. Le plus important pour nous était d’amener les supporteurs à Malabo et à Libreville. Notre équipe a senti le soutien de ses supporteurs et c’était le plus important. Face ceux qui ont voulu tirer les choses ici et là, nous nous sommes mis au-dessus. Ce que l’Etat devait décaisser pour les supporteurs a été fait et ces derniers sont allés supporter et soutenir les Eléphants sans problème.

LP : On a le sentiment que le CNSE échappe au contrôle du ministère qui pourtant l’a créé. Est- ce aussi votre sentiment ?
YMK : Evidemment, le CNSE est une structure du ministère et son président est nommé par arrêté du ministre du sport et loisirs. C’est à juste raison que je vous disais qu’il ne saurait avoir de problème entre le CNSE et le ministère. Face à certaines difficultés, nous savons toujours nous asseoir pour ensemble recentrer les choses.

LP : Pour la demi-finale, un avion qui devait transporter les supporteurs les a finalement abandonnés à Abidjan ?
YMK : Je ne voudrais pas polémiquer autour de cette question mais il faut savoir que les supporteurs ne sont pas partis juste des raisons financières. Mais le plus important est que des solutions ont été trouvées et les supporteurs ont pu aller à la finale.
LP : IL y a eu également cette affaire de 90 millions que le ministre aurait perdus. Qu’en est-il actuellement ?
YMK : Nous sommes habitués à ce genre de ragots au ministère des sports. Chaque ministre qui a fait une CAN a son histoire de millions. Avant le ministre Legré, les précédents ont eu leur affaire de millions. Aujourd’hui, c’est au tour du ministre Legré. Nous avons appris comme vous que le ministre Legré aurait perdu 90 millions à Malabo. Pour ma part, je pense que les 90 millions n’existent que l’esprit de ceux qui veulent encore coller une affaire de millions sur un ministre des sports. Humainement et techniquement, le ministre Legré ne pouvait pas avoir sur lui 9O millions.

LP : Soyez un peu plus clair ?
YMK : Pour la simple raison que le ministre ne gère pas l’argent. Il ne peut donc pas avoir avec lui 90 millions. La gestion de l’argent pour cette compétition est l’affaire du régisseur qui n’a rien à voir avec le ministre des sports. Le ministre s’informe si les dépenses ont été exécutées ou pas. C’est tout. Il ne peut donc pas avoir 90 millions sur lui jusqu’au point de les perdre.

LP : Il se raconte que cet argent avait été engagé comme frais de réservation d’un hôtel pour les ministres qui finalement n‘a pas été utilisé ?
YMK : IL est vrai que nous avions fait une réservation. Et comme son l’indique, nous n’avions pas payé toute la facture. Et quand il y a eu des changements de dernière minute, nous sommes entrés en contact avec les propriétaires de l’hôtel et nous leur avons expliqué ces changements qui n’étaient pas de la volonté du ministère. Nous avions discuté avec l’établissement hôtelier et le propriétaire avec qui avions fait la réservation nous a compris. Il a accepté d’annuler la réservation. Voilà la vérité. Il n’y a jamais eu une affaire de 90 millions.

LP : Pourquoi depuis la CAN, le ministre n’a-t-il pas fait le bilan de la CAN?
YMK : Je pense que le ministre est en train de préparer son bilan de la CAN et quand l’occasion va lui être donnée, il va en parler.

LP : Et vous, quel bilan dressez-vous?
YMK : Je pense pour ma part que cette CAN a été positive sur plusieurs plans. D’abord, c’est la première fois que nous avons eu un environnement sécurisé et assaini autour des Eléphants. C’est l’une des rares CAN où la presse n’a pas sorti des scoops sur les disfonctionnements organisationnels de l’équipe. Ensuite, nous avons eu l’occasion de voir un groupe soudé et rassemblé autour d’un idéal. Un groupe où les égos ont disparu pour ne regarder que les intérêts de la nation. Enfin, sur l’aspect technique, on peut noter le parcours sans faute des Eléphants. La Côte d’Ivoire fait une CAN où elle marque 9 buts sans en encaissé un seul. Vous, en tant que journaliste sportif, savez comme moi que les tirs au but sont une épreuve aléatoire et je dirai que le reste est une affaire de Dieu. Sur ces trois faits, je pense que le bilan est positif.

LP : D’ordinaire, les relations sont tendues entre le ministère et la fédération. Mais cette fois, l’atmosphère ressemblait plutôt à une complicité ? Est-ce votre avis ?
YMK : Les deux structures, depuis l’élection du président Sidy Diallo jusqu’à la préparation de la CAN, ont travaillé la main dans la main. Dans les relations entre deux entités, quand le volet communicationnel marche bien, on parvient à vite aplanir les petits problèmes. Nous avons deux structures qui sont prêtes à travailler, prêtes à se mettre au même niveau d’information et je pense que c’est ce qui facilite leur collaboration. Et c’est tant mieux pour le football ivoirien.

LP : L’actualité c’est cette médaille gagnée récemment par Murielle Ahouré. Une grande satisfaction pour vous et tout le ministère ?
YMK : Nous sommes effectivement heureux parce que cela fait toujours plaisir d’avoir une athlète qui atteint une performance aussi énorme. Murielle fait aujourd’hui la fierté de notre pays. Et elle fait également la fierté de cette jeunesse qui a réellement besoin de s’affirmer positivement. Elle fait aussi la fierté du mouvement sportif ivoirien. C’est vraiment une grande athlète. Tout ce que je peux souhaiter à cette jeune fille, c’est bon vent
LP : Pourtant cette athlète a failli échapper à la Côte d’Ivoire ?
YMK : C’est pour cette raison que je voulais saluer le patriotisme de cette jeune fille. Parce que quelles que soient les difficultés, elle a toujours voulu défendre les couleurs de son pays et cela est à saluer. Aujourd’hui, nous ne pouvons que dire merci à toutes les autorités qui se sont impliquées pour aider cette fille pour qu’elle puisse courir pour la Côte d’Ivoire. Nos remerciements vont principalement au Président de la République, Alassane Ouattara et son conseiller qui ont pesé de tout leur poids afin que cette athlète pétrie de talent puisse offrir cette belle victoire à la Côte d’Ivoire.

LP : Quelle politique votre direction met-elle en place pour la détection et le suivi des athlètes de haut niveau ?
YMK : Depuis 2002 au niveau du ministère des sports, il existe une sous-direction chargée du suivi et de la détection des athlètes. C’est dire que des dispositions ont été prises sur le plan institutionnel. Mais il faut préciser que la détection des athlètes de haut niveau se fait en collaboration avec les fédérations. A notre niveau, nous avons des points focaux avec des agents de toutes les disciplines qui suivent la prestation de tous ces athlètes pour au final établir un tableau. L’Etat a également instauré une bourse pour appuyer les athlètes de haut niveau. Il y a des dispositions qui sont donc mises en place afin d’avoir un répertoire bien élaboré pour pouvoir appuyer ces athlètes à travers des bourses.

LP : Les jeux olympiques sont dans trois mois. Comment votre direction prépare-t-elle cette grande échéance?
YMK : Nous préparons activement ces jeux olympiques. Nous travaillons d’abord en collaboration avec le CNO (Comité national olympique) et l’IPC (comité paralympique). Nous avons des séances de travail pour être même niveau d’information en ce qui concerne l’organisation des JO et des jeux paralympiques. Nous travaillons pour régler les problèmes d’hébergement et d’accréditation des athlètes déjà qualifiés. Pour la préparation des athlètes déjà qualifiés ou en phase de qualification, le ministère a élaboré une communication relative à leur préparation. Tous les ministres signataires ont signé et le document est au secrétariat du gouvernement pour l’attestation afin que le conseil des ministres donne son accord pour la prise en charge financière de cette préparation. Nous avons besoin de médailles à ces JO et il faut pour cela permettre aux athlètes de bien se préparer trois mois avant la compétition.

LP : L’autre grande attente du mouvement sportif, c’est la loi sur le sport. Après les états généraux, le conseil de gouvernement et l’Assemblée Nationale, où en êtes-vous avec ce projet de loi ?
YMK : Comme vous le savez, le projet de loi a été rejeté à l’Assemblée Nationale alors que tout était mis en œuvre pour que cette loi passe. Malheureusement, l’Assemblée Nationale ne l’a pas adoptée. Mais avec l’arrivée au pouvoir du Président Alassane Ouattara et après la formation de son deuxième gouvernement, nous avons soumis à nouveau le projet de loi au ministre des sports. Nous avons apporté quelques corrections en interne et nous l’avons soumis au conseil du gouvernement. Sous le Président Ouattara, le projet est passé en conseil de gouvernement. Nous attendons qu’il passe en conseil des ministres avant de le soumettre à l’Assemblée Nationale qui va siéger bientôt.

LP : La Côte d’Ivoire organise le championnat du monde francophone en juin prochain. L’inquiétude pourrait venir du palais des sports encore en réfection ?
YMK : Le ministre des sports et loisirs est en train de tout mettre en œuvre pour que le palais des sports soit prêt. Nous n’avons aucun doute à ce niveau. Nous attendons les équipements qui doivent arriver d’ici peu pour que nous achevions les travaux du palais Je peux vous garantir que le huitième championnat francophone de taekwondo va se dérouler au Palais des sports.

LP : Les autres fédérations se plaignent très souvent du fait qu’elles sont pas bien loties au niveau de la prise en charge de leurs compétitions. Quelles solutions comptez-vous apporter ?
YMK : C’est en cela que la loi sur le sport sera une aubaine pour tous. Parce que cette loi va permettre de mettre en place le fonds de promotion et de développement du sport. Si cela est fait, nous n’attendrons plus l’Etat pour la préparation de nos athlètes. Mais en ce qui concerne la direction des sports, dès que nous avons les projets de budgets relatifs à la participation des clubs à une compétition nous faisons tout pour que la communication soit dans le circuit trois mois avant la compétition. Nous faisons notre travail mais où ça coince très souvent, c’est au niveau des finances. Mais dans tous les cas, nous parvenons toujours à trouver une solution.
Réalisée par Koné Lassiné

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