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Hommage à Zadi Zaourou / Avant l’aller sans retour de Yacolidabouo : L’ASCAD magnifie un homme multidimensionnel
Publié le mercredi 18 avril 2012   |  L'intelligent d'Abidjan


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© Abidjan.net par Prisca
Académie des sciences, des arts, des cultures d`Afrique et des diasporas (Ascad): les Immortels rendent hommage au Pr Samba Diarra
Mercredi 28 juillet 2010. Abidjan. Photo: le sociologue Lanciné Sylla


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«Il se nomma Jean de la Lune en classe de 6ème au collège de Bingerville, puis Dinard Nawayou, Soukoukalba, Odwapayi dans la fiction, et Zadi Zaourou Bernard devint Bottey Moum Koussa». Voici présenté sous différents angles de sa vie le Professeur Zadi Zaourou. Le lundi 16 avril 2012, au domicile de Marcel Zadi Kessi, frère ainé de Bernard Zadi Zaourou, un hommage académique à été rendu au professeur disparu le 20 mars 2012. Dans la cour où se trouve dressé un chapiteau VIP, un portrait de Zadi Zaourou orne une des façades du mur. Sous le chapiteau, un piquet d’honneur, des témoignages et des religieux marquent le moment. A la suite du porte-parole de l’Ascad, le Professeur N’Guessan Kouakou François, l’oraison funèbre a été dite par Pr Séry Bailly. L’adieu du Gbizrè (la panthère rouge), tel est intitulée l’oraison qui a parcouru l’œuvre de Zadi Zaourou. Sa dernière rencontre, s’est-il souvenu, avec le défunt remonte au 6 mars dernier quand Zadi Zaourou a été sollicité pour scénariser la cérémonie de clôture du rituel ‘’deuil et de purification’’ projeté par la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation. L’histoire d’un grand espoir qui n’a pas abouti, a-t-il dit. Entre autres personnalités culturelles de la Côte d’Ivoire, Zadi Zaourou avait souhaité travailler sur ce «projet de spectacle grandiose» baptisé ‘’Triangle de feu’’ avec Wèrè Wèrè Liking, Bienvenu Neba, Valen Guédé. Malgré son état de santé fragile, Zadi Zaourou, témoigne Séry Bailly était enthousiasmé de «retrouver son énergie créatrice de jadis». «Lui, voyait la grande œuvre qui devait sans doute couronner sa carrière et nous venions solliciter une bien modeste scénarisation, même si celle-ci se situait dans la grande mission de réconciliation de notre peuple. Hélas, les « trompes des trépassés » ont retenti avant même qu’il n’ait pu donner son premier coup de cymbales !», a-t-il indiqué. En parcourant le personnage de Zadi Zaourou telle une œuvre d’art qui se découvre, Séry Bailly admet que le «Maître a amplement mérité d’être appelé Gbizrè». Il évoque trois types de raisons. A savoir biologique, idéologique et tactique. «D’abord, en regardant son teint, on ne peut s’étonner ni contester qu’il soit Gbizrè. Ensuite, le nom renvoie à la puissance et au combat de l’homme de gauche, lutte que symbolise par ailleurs son fer de lance. Enfin, la souplesse et l’agilité de la panthère font penser au maître de la dialectique», a-t-il expliqué. Cependant, décrire exclusivement «Moum Moussa» comme une panthère «qui ne fait que rugir et dont on doit craindre les coups de griffes», serait erroné.
Car, laisse-t-il entendre, «la panthère savait aussi rentrer ses griffes et montrer une patte affectueuse». Pour Séry Bailly, «il s’est présenté aussi comme une ‘’goutte d’eau sur la feuille de taro’’ pour dire une fécondité à préserver et une fragilité qui doit le rendre précieux aux yeux de son peuple». Des qualités artistiques de Zadi Zaourou, Séry Bailly relève : «On connaissait les écrivains publics, voici ce que peut faire un poète public». Il raconte ainsi cet épisode ‘’émouvant’’ dans lequel Zadi Zaourou écrit, pour un co-détenu à la prison de Dimbokro, un poème d’amour qu’il met en musique. Pour le professeur Séry, le prisonnier poète de Dimbokro oublie ainsi son propre sort et se met «non pas dans la peau mais dans le cœur d’un autre pour donner forme à ses sentiments». D’où la générosité du poète qu’il évoque. Décryptant les enseignements, les prises de positions politiques ou culturelles, Séry Bailly est convaincu que Zadi Zaourou est «devenu esprit et ses cadets peuvent l’invoquer en disant Gbizrè!». Si la panthère rouge, précise Sery Bailly, s’est retirée dans la forêt ou sur «les berges paradisiaques du Nawa», Gbizrè est parvenu bien avant à articuler les dimensions du beau, du vrai, et du juste. «Il est de la lignée des politiques poètes comme Césaire, Senghor, Neto, Dadié, Vaclav Havel et autres», dixit Séry Bailly. Aujourd’hui, a lieu à l’Insaac sis à Cocody une veillée artistique.

Koné Saydoo

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