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A Zadi Bernard…
Publié le mercredi 18 avril 2012   |  L'intelligent d'Abidjan




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‘’Bernard Zadi est un roman grandeur nature qui se créait avec des personnages vivants ’’

Le jeudi 12 avril dernier, lors de la veillée académique au GRTO (Groupe de recherche sur la tradition orale), le témoignage de l’écrivain-journaliste, feu Noël X Ebony a été lu devant parents, amis, universitaires, hommes de culture et étudiants.
« Bien avant d’être universitaire, Bernard Zadi est un artiste. Bernard Zadi est un tel artiste que cet homme-là est un art. Zadi est un roman grandeur nature qui se créait avec des personnages vivants et où chacune de ses œuvres terminaient de ponctuations majuscules. Avant de le rencontrer, je l’imaginais fort, grand avec une barbe, jusqu’à ce que j’entende parler de lui, c’était comme un diable aigri assoiffé de sang avec le couteau entre les dents. Toutefois, (…) Je résolus que cet homme-là qui, aussitôt s’était mis à me tutoyer avec le cœur, ce poète (…) vraiment ce grand frère ne pouvait pas être mauvais. Oui, j’ai un peu mieux sympathisé avec l’homme qui avant de s’endormir, rêve parfois d’amour entre Caterpillar et Mercedes, les personnages de son prochain roman. Cet homme-là, s’il n’est pas artiste, c’est qu’il est quelque chose au-dessus de l’art dont Zadi Bernard est le maître. Les critiques feront leur travail pour disséquer son œuvre. Comme le laisse le mien de témoigner de cet homme engagé, j’ai voulu compléter chacun des souvenirs de nos rencontres, des voyages dont trois villes encore dans ma mémoire créent une émotion spéciale. Un à Paris (France), un second à Yamoussoukro, libre de tout engagement, je le suivais en tournée. Et le dernier à Yacoulidabouo, son village natal pour une fête dont je me souviendrais comme d’un rêve. Tellement elle était belle. Tellement elle paraissait irréelle. A Paris (France). Avec Toualy, cet éminent professeur d’Université, ce respectable linguiste, cette autorité de critique venue à Paris pour achever sa thèse d’Etat sur la poétique africaine. C’est alors que mon ami se changea, se métamorphosa et de doyen de Fac, il devint artiste total. A peine élu, il entama un deuxième puis un troisième, et nous reprenions en chœur les refrains. Nous rythmions nos chants. Puis, toute la soirée, au dernier étage de l’immeuble en face du cimetière, pour le compte d’Eloïse et Abelard, cette nuit-là, par la grâce de Bernard Zadi, naquit un village africain en plein 20ème Arrondissement, dans la ferveur d’une veillée. (…) Au village natal. Mais, je n’ai pas dit ce qui m’a fasciné à Yacoulidabouo. Ce qui m’a fasciné là-bas, c’était Bernard Zadi chanteur. A Yacoulidabouo, la chose étrange est que tout le monde est musicien. Je devais dire musicienne. Des mères et des sœurs, toutes de noir vêtues, ont entonné un chant. Un chant doux et lointain. Une mélopée fragile tandis que coulait la nuit et s’écoulait le flot des voix. Des voix qui belles et incandescentes, livraient comme chargées d’un lourd tribut. Et au milieu de ces voix païennes, un seul mâle, Bernard Zadi, et il chantait. On n’aurait pas voulu distinguer sa voix des autres. Elles sont fondues en elle, mélodieuses dans un parfait harmonie…».

Propos de Noël Ebony
Retranscrit par Patrick Krou

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