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Noix de cajou : La Côte d’Ivoire veut mettre fin à l’exportation frauduleuse
Publié le jeudi 19 avril 2012   |  Le Patriote




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La bataille contre la fuite des noix de cajou est engagée. En effet, l’autorité de régulation du coton et de l’anacarde (ARECA), appuyée par le gouvernement veut mettre fin à l’exportation frauduleuse de la production nationale des noix de cajou vers les pays limitrophes. Samedi dernier, à l’occasion du lancement officiel de la campagne de commercialisation (le prix bord champ est fixé à 310 francs contre 300 francs de la campagne précédente) de cette spéculation qui a eu lieu à Bondoukou (25% de la production nationale des noix de cajou), le directeur de cabinet du ministre de l’Agriculture, Coulibaly Siaka Minahaya et le PCA de l’ARECA, Bamba Mamadou l’ont annoncé aux producteurs des régions de Gontougo et du Bounkani. Les recommandations pour lutter contre cette fuite du produit, sont entre autres, de faire une étude comparative des coûts du bord champ à la mise à l’export au Ghana et en Côte d’Ivoire, sensibiliser les populations sur les effets néfastes de la fraude, mettre effectivement en application, tous les textes qui régissent la filière. La fluidité routière n’a pas été occultée. En effet, les producteurs qui ont la possibilité de vendre leurs récoltes à 14 km de Bondoukou, au Ghana, à un prix bord champ parfois légèrement élevé que celui pratiqué en Côte d’Ivoire, souffrent des difficultés de transport. « On met entre deux et trois jours, si on a la chance d’arriver, entre Bondoukou et Abidjan. La route est fortement dégradée. Les tracasseries routières sont énormes. Tout cela réduit nos marges », ont justifié des producteurs dont certains ont choisi le Ghana. Aussi, a-t-il été recommandé d’appliquer rigoureusement les décrets et conventions relatifs à la fluidité routière. « A côté du café et du cacao, le président Alassane Ouattara attache une importance capitale au coton et à l’anacarde. L’exportation frauduleuse des noix de cajou fait perdre chaque année à la Côte d’Ivoire plus de 100 mille tonnes de produits bruts pour un chiffre d’affaires estimé à plusieurs milliards de francs Cfa. Cela ne nous honore pas. Nous sommes donc tous interpellés », a déclaré Coulibaly Siaka Minahaya. Pour lui, il faut donc mettre fin à cette hémorragie économique opérée le long de la frontière ivoiro-ghanéenne. Car, a-t-il ajouté, vendre sa production en contournant la voie légale, c’est faire du mal à son pays. « Vous savez, la construction des écoles, des centres de santé, l’entretien des routes, tous ces travaux sont réalisés à partir des prélèvements sur notre travail », a rélevé le Directeur de cabinet. Pour sa part, M. Bamba Mamadou, a annoncé que l’ARECA mettra tout en œuvre pour que les producteurs jouissent des fruits de leur labeur comme le souhaite le Chef de l’Etat. Mais cela se fera aussi avec leur appui. « Nous venons d’organiser un atelier ici même à Bondoukou pour voir ensemble les difficultés et entrevoir les issues de sortie. Les résultats de nos travaux contribueront à coup sûr au bon déroulement de la campagne en cours », a-t-il dit. Mamadou Bamba a annoncé également la création d’antennes de l’ARECA dans les zones productrices d’anacarde et la répression des contrevenants aux résolutions de l’atelier. Les prévisions minimales de la production nationale des noix de cajou sont de l’ordre de 400 000 tonnes. En 2011, seulement 280 000 tonnes ont été enregistrées au port d’Abidjan. Pendant que le Ghana dont la production est estimée à 25 000 tonnes, a transformé localement 17 000 tonnes et exporté 125 000 tonnes.

Jean Eric ADINGRA

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