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Entretien / Hervé Ladsous, (Secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix) à propos de la sécurité en Côte d’Ivoire : ‘’Les défis sont importants en terme de porosité de la frontière’’
Publié le vendredi 20 avril 2012   |  L'intelligent d'Abidjan


Audiences
© Présidence par Aristide
Audiences du chef de l`Etat: le Secrétaire général adjoint des Nations-unies chargé des opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous chez le Président Alassane Ouattara
Mercredi 18 avril 2012. Abidjan. Palais présidentiel du Plateau. Le Président de la République, SEM Alassane Ouattara accorde une audience au Secrétaire général adjoint des Nations-unies chargé des opérations de maintien de la paix, M. Hervé Ladsous


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Au terme d'une tournée au Liberia et en Côte d'Ivoire, Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des opérations de maintien de la paix, diplomate français de son état, s’est prêté aux questions à lui posées par Christophe Boisbouvier, journaliste à RFI. Décryptage…

Un an après la chute de Laurent Gbagbo, pourquoi y a-t-il encore près de 10.000 (exactement 9.500) de Casques bleus de l'ONUCI en Côte d'Ivoire ?

Parce que nous sommes en train de passer d’une phase de réinstallation de la paix à une phase de construction de la paix. Il y a le rétablissement de la paix et surtout de la sécurité et les Nations Unies considèrent avec l’accord du gouvernement ivoirien qu’il y a encore du travail à faire pour accompagner la Côte d’Ivoire dans sa reconstruction.

Mais l’Onuci reste à effectif constant par rapport à l’an dernier ?

Elle a été réduite depuis le haut de la crise. Et il y a encore des tâches à assurer et nous ajusterons le moment venu, les effectifs. Mais dans l’ensemble les moyens sont maintenus parce qu’ils sont encore nécessaires.

Est-ce que ça veut dire qu’il y a encore un risque sérieux de déstabilisation de la Côte d’Ivoire?

Non, ce n’est plus cela. Mais on constate que tous les jours il y a de vrais risques de sécurité intérieure avec les bandes armées, la criminalité intérieure plus ou moins organisée.

Quand je dis les bandes armées, il y a encore beaucoup d’armes dans le pays, encore beaucoup de faction non contrôlées. Je suis entré en Côte d’Ivoire par la frontière et je sais à quel point les défis sont importants en terme de porosité de la frontière, de trafic de tout genre. L’objectif étant bien entendu que ce soit les autorités ivoiriennes qui soient à mesure d’assumer elles-même ces tâches.

Ce qui est inhabituel c’est Que vous êtes arrivé en Côte d’Ivoire par la route en provenance du Liberia. Est-ce que ça veut dire que comme par le passé il y a des bandes armées qui pourraient entrer en Côte d’Ivoire à partir du Liberia?

Il y a cela, il y a des mouvements de refugiés. J’ai vu d’ailleurs des refugiés ivoiriens dans un camp au Liberia. J’ai vu le lendemain à Touleupleu, d’anciens refugiés ivoiriens qui sont revenus au pays. C’est très intéressant de les faire parler pour sortir la profondeur des problèmes, ce qu’il y a à avoir avec les conditions de sécurité avec les problèmes fonciers, avec des problèmes économiques évidemment.

En octobre dernier on se souvient que l’un des chefs de la sécurité Gbagbo, le commandant de gendarmerie Séka Yapo a été arrêté dans un avion qui partait vers la Guinée-Conakry, est-ce qu’une menace peut venir de la frontière guinéenne?

Non, je ne le pense pas spécialement ! Mais simplement le problème majeur c’est celui de la porosité des frontières. Elles ne sont pas suffisamment contrôlée et donc c‘est un facteur de risque.

Vous parlez de sécurité intérieure, à Abidjan des Casques bleus de l’Onu et des blindés participent à la protection du Palais présidentielle au Plateau Est-ce que c’est le signe que les forces ivoiriennes ne sont pas à mesure d’assurer la sécurité intérieure ?

Cela répond à une demande des autorités et dans des proportions tout à fait limitées. Nos éléments qui sont là, comme on le dit sont en deuxième rideau. Ce sont d’abord les forces ivoiriennes qui assurent la protection de ce lieu et de leurs occupants.

Le commandant militaire de l’Onuci, le général Béréna, est un Togolais. En avril 2005 pendant la sanglante répression qui a fait plus de 500 morts selon l’Onu au Togo où il était chef d’état-major de l’armée de terre. Est-ce que ça ne vous gène pas ?

Je crois que le général Béréna est un officier extrêmement professionnel. Sa nomination en son temps n’a pas soulevé de questions particulières, il est de toute façon en fin de mandature à ce que je sache il a exercé d’une manière qui à donner totale satisfaction.

Depuis trois semaines la CEDEAO étudie le déploiement éventuel d’une force au Mali. Est-ce que des détachements africains de l’Onuci ou de la Minul pourraient passer de la Côte d’Ivoire au Liberia ou au Mali ?

C’est une option. Mais il est clair que c’est à la CEDEAO de nous dire comment elle voit l’évolution des choses. Pour le moment, au Mali, l’ordre constitutionnel vient d’être rétablit.

La question suivante c’est celle de l’intégrité du territoire malien. Pour le moment la CEDEAO travaille sur des solutions négociées, mais il y a également des scénarios plus musclés si cela devait devenir nécessaire. Donc nous sommes en train de nous préparer à tout hasard.

Vous savez un déploiement ou un redéploiement, ça ne se fait pas comme ça. Il y a tout un travail pour lequel nous sommes prêts à nous prêter si c’est le souhait de la CEDEAO.

Pour ramener la paix au Nord-Mali beaucoup de gens disent que les quelques trois mille hommes disponibles dans la CEDEAO ne suffiront pas. Est-ce qu’il faut à terme de l’Union Africaine voir des Nations Unies?

On peut tout imaginer. Pour le moment j’ai le sentiment que l’approche est celle de la négociation. Mais sans rien exclure alors vous avez effectivement raison, il peut y avoir une conjonction des efforts de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Il peut y avoir des demandes exprimées auprès des Nations Unies et je vous dis que nous sommes prêts à étudier cela, le moment venu lorsque les choses se préciseront.

Au Congo-Kinshasa, en Côte d’Ivoire, les Casques bleus sont là depuis de nombreuses années. Est-ce qu’ils ne risquent pas d’y rester encore longtemps?

Je ne ferai aucun pronostic sur le calendrier. Même au Congo où la situation est peut être en train d’évoluer, alors il n’est pas question d’envisager actuellement le retrait de la Monusco de la RDC, le gouvernement ne le souhaite pas, il y a de vrais besoins, un vrai travail à faire. Donc ne préjugeons pas, je ne me hasarderais pas plus ici que je l’ai fait la semaine dernière au Liberia. Ce que je veux dire c’est que cette présence n’est pas éternelle. Elle a pour vocation à s’effacer lorsque les conditions seront réunies.

Retranscrit par A. Dedi

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