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Gestion des véhicules administratifs / La grande pagaille ! : La loi foulée au nez et à la barbe de Ouattara
Publié le mardi 22 mai 2012   |  Le Mandat


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© Xinhua par DR
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Du temps où il était Premier ministre, Alassane Ouattara a lutté énergiquement contre l’utilisation abusive des véhicules administratifs. Aujourd’hui président de la République, il semble épuisé.

Samedi 12 mai, 20 heures, Abobo Baoulé, route d’Alépé. Heure propice aux communions familiales pour certains, occasion de loisir pour d’autres. La preuve, le ballet incessant de véhicules sur cette route nationale. Parmi lesquels, des voitures administratives. Reconnaissables à leurs plaques jaunes et immatriculations particulières comme D 29 347 et D 67 017. Notre curiosité nous pousse aux renseignements concernant la fréquence de ce surprenant ballet. La question semble incongrue vu les réactions des populations, qui n’en ont, visiblement, rien à cirer. Autant dire que ces voitures administratives font partie du spectacle quotidien. C’est dans l’ordre normal des choses. « Les voitures de l’Etat circulent, de plus en plus, les week-ends et les jours fériés. Cela devient presqu’une pratique courante, comme si la législation en la matière n’existait pas», s’est exclamé Jean Paul Hien, un riverain. Autre commune. Même constat. A Marcory, il est 21 heures, lorsqu’une voiture immatriculée D 10 037 fend à vive allure les artères de la cité joviale. Loin d’être des cas isolés, les scènes susmentionnées sont la partie visible de l’iceberg. Les exemples sont légion. Ainsi, à Yopougon Koweit, un véhicule immatriculé D 51 901 est repéré le même week-end… Sans oublier ce déferlement de véhicules aux plaques jaunes sur l’autoroute du nord, au-delà des heures de services, dans des endroits chauds de la ville. Comme si la règle était devenue l’exception. De quoi s’interroger sur le contenu de la loi.

Les précisions juridiques

Bien qu’elle fasse la distinction entre les véhicules de fonction et les véhicules de service, la loi stipule, pour cette dernière catégorie, en son article 8 alinéa 3 que : « ils sont réservés aux déplacements d’intérêt général et strictement administratif. Ils ne peuvent être attribués à l’usage exclusif et permanent d’agents déterminés ». En son article 9, la même loi précise que « en dehors des jours et heures de services, un véhicule ne peut circuler que s’il est muni d’une autorisation spéciale de circuler ou d’un ordre de mission ». A cette époque en effet, l’heure de la descente était fixée à 17 heures 30 minutes et autorisait les détenteurs à ne plus les posséder au delà d’une heure de la fin de service. Pour veiller à l’application de cette décision, les forces de l’ordre étaient mises à contribution. Et en cette nouvelle année, l’heure légale de la prise de fonction est fixée à 7h 30 minutes. Et quant aux heures de descente, elles ont été remises à 16 h 30 minutes. Mais force est de constater que ces véhicules traînent très tard dans la nuit, passant même le cap de 22 heures.

La nécessité d’un contrôle

Si en tant que Premier ministre, Alassane Ouattara a lutté vigoureusement contre l’utilisation abusive des véhicules administratifs, son mutisme actuel s’avère inexplicable face au fléau. A l’époque, le Premier ministre d’Houphouët-Boigny avait pour mission le redressement économique de l’Etat. Et ces lois répondaient à un double objectif. A savoir la réduction du train de vie de l’Etat ainsi qu’une meilleure gestion du parc automobile de l’Etat. Ainsi, le 1er juillet 1990, un décret portant sur la réglementation des véhicules administratifs a été pris. 22 ans après, quel bilan? Pour éviter les désagréments aux populations, un récent décret a été adopté pour mettre fin au long cortège des autorités politiques, mais qu’en est-il dans son application? Une chose reste évidente, ces véhicules sont de plus en plus présents les week-ends et les jours fériés, à telle enseigne que l’on peut se demander si ces voitures aux plaques jaunes bénéficient toutes d’une autorisation spéciale ? Aujourd’hui, il convient de mettre à jour cette loi qui gérait le patrimoine de l’Etat, et qui s’inscrit dans la mouvance de la bonne gouvernance. L’ex-Premier ministre, actuel président de la République, avait promis, dans son programme de gouvernance, une meilleure gestion économique. Celle-ci passe par un certain nombre de points, notamment les arriérés de l`Etat qui pèsent tout à fait anormalement sur le secteur privé, « … nous engagerons très rapidement un examen général de la situation des finances publiques. Dans un délai maximal d`un an, nous restructurerons la dette intérieure de l`Etat, de manière à ce qu`elle ne pèse plus en aucune façon sur les opérateurs économiques, dont la vocation n`est bien évidemment pas de prêter de l`argent à l`Etat. Avec la confiance restaurée des opérateurs économiques, la croissance reprendra. Un peu de temps sera bien sûr nécessaire pour qu`elle s`enracine. Tous nos efforts seront déployés pour atteindre un taux de croissance réel de 6% par an en moyenne, un peu moins en début de mandat, plus vers sa fin», a-t-il souligné. Mais, cette volonté de maitriser les dépenses de l’Etat ne suppose pas seulement la réduction des salaires ou le licenciement du personnel. C’est aussi avoir un regard sur le train de vie de l’Etat et donc sur ces véhicules administratifs, dont le budget exorbitant avait justifié des réformes.

RUTH KAMONOU

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