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Après l’Acte d’accusation du Procureur de la CPI, Pourquoi Gbagbo ne peut s’en sortir
Publié le samedi 2 juin 2012   |  Le Patriote


Justice:
© Autre presse
Justice: Laurent Gbagbo devant la Cour pénale internationale
Photo: M. Laurent Koudou Gbagbo lors de l’audience de comparution initiale devant la CPI le 5 décembre 2011


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«Je souhaite qu’on arrête les armes et qu’on rentre dans la partie civile de la crise, et qu’on conclue rapidement pour que le pays reprenne ». Ces propos ont été les premiers prononcés par le président Laurent Gbagbo au Golf hôtel après sa capture. Ces propos montrent clairement que Laurent Gbagbo et son clan avaient délibérément opté pour l’usage de la force brutale pour se maintenir au pouvoir et savait qu’une guerre avait éclaté du fait de son refus de céder le pouvoir. C’est cette volonté de nuire que démontre le procureur de la Cour pénale internationale, le juge Luis Moreno-Ocampo, dans son acte d’accusation. « Gbagbo et les membres de son entourage immédiat ont adopté la Politique consistant à lancer de violentes attaques contre son opposant politique, Ouattara, les membres du cercle politique de ce dernier et les civils perçus comme ses partisans, afin de se maintenir au pouvoir par tous les moyens, y compris par le recours à la force létale », mentionne le juge Ocampo dans son acte d’accusation paru dans Le Patriote du jeudi 31 mai dernier. Le procureur de la CPI a expliqué l’existence de cette politique par les attaques généralisées et systématiques lancées entre le 28 novembre 2010 et le 8 mai 2011 par le clan Gbagbo contre des populations civiles qu’elles prenaient pour des partisans de Ouattara. Ces attaques, selon le juge Ocampo, suivaient le même mode opératoire. En outre, l’ancien chef d’Etat et son entourage se servaient de leur position pour former, financer et armer les forces pro-Gbagbo placées sous leur autorité et qu’ils contrôlaient. La volonté délibérée de tuer et de détruire se ressentait également dans le discours de Laurent Gbagbo et ses proches. « Je ne serai pas battu. J’y suis, j’y reste », avait lancé Gbagbo au lendemain du second tour de la présidentielle. Avant, le jour de l’inauguration du siège de la Compagnie républicaine de Sécurité à Divo, en avril 2010, il avait recommandé aux forces de l’ordre de « mater les ennemis de la démocratie ». « On ne vous demande pas de réfléchir. On vous demande d’obéir aux ordres. Vous n’êtes des juges. Matez ! Matez ! Le reste, on s’en charge », avait-il lancé ce jour-là en substance. Blé Goudé ne manquait aucune occasion de le rappeler aux jeunes patriotes. « S’il faut se battre jusqu’à ce qu’on perde notre vie, nous allons le faire(…) Nous n’accepterons pas que quiconque vienne ici pour toucher un seul cheveu du président Gbagbo », déclarait-il le 22 janvier 2011 à l’état-major des FDS devant de milliers de jeunes appelés à venir s’enrôler dans l’armée pour défendre la Côte d’Ivoire. « Le temps des débats sur les élections de Laurent Gbagbo, des chefs bandits, ce temps-là est passé. Nous devons récupérer la totalité du territoire ivoirien(…) C’est le travail bien sûr des FDS, mais c’est aussi notre travail. Il faut les appuyer », avait asséné Simone Gbagbo, le 15 janvier 2011 au cours d’un rassemblement au palais de la culture devant 4000 partisans de Laurent Gbagbo. Ces discours teintés de haine et de violence ont poussé les jeunes patriotes et les forces proches de Laurent Gbagbo à accentuer les tueries et les massacres qui avaient déjà cours en cette période postélectorale. Pendant cette période, plus de 40 personnes ont été froidement abattues pendant la marche du 16 décembre 2010. Le 3 mars 2011, 6 femmes qui manifestaient pacifiquement avec leurs camarades, devant la mairie d’Abobo, ont été froidement abattues à la mitraillette lourde par des hommes en arme, proches de l’ancien président. Alors qu’ils patrouillaient à bord d’un char et d’un véhicule blindé. La mort tragique de ces six femmes a vite fait le tour monde. Le monde entier choqué a unanimement condamné cet acte odieux. Le président des Etats Unis d’Amérique, Barack Obama, a assimilé cet acte à « la faillite morale » qui caractérisait, selon lui, le régime moribond de Laurent Gbagbo. Dans le camp de l’ancien président, l’on n’a même pas daigné s’élever contre cette boucherie. Pire, On a plutôt cherché à faire croire qu’il s’agissait d’un grossier montage qu’on a cyniquement appelé « le complot du bissap ». Parmi les horreurs perpétrées par les forces pro-Gbagbo et les chiens de guerre à sa solde, l’on peut également citer le bombardement au mortier du marché « Siaka Koné » d’Abobo, le 17 mars 2011 qui a fait plus de 25 morts et plus de 40 blessés. Sans oublier les massacres survenus à Treichville, aux quartiers Mamie Faitai et Doukouré de Yopougon au lendemain de la capture de Laurent Gbagbo le 11 avril 2011, qui fait plus d’une centaine de morts. Pour tous ces massacres et tueries, Laurent Gbagbo n’a jamais fait de déclaration pour condamner ces atrocités. Au contraire, par son silence coupable, il semblait les encourager. Aujourd’hui, quand on analyse les propos qu’il a tenus dès son arrivée au Golf hôtel, on comprend pourquoi il n’a levé ni la voix ni le petit doigt pour mettre un terme aux tueries. Et c’est justement ce que lui reproche le procureur de la Cour pénale internationale dans l’acte d’accusation qu’il lira devant les juges de La Haye. Vu la pertinence des arguments et la précision de la relation des faits dans le document produit par l’accusation, on se demande comment les avocats de l’ancien chef d’Etat réussiront à convaincre les juges de l’innocence de leur client dans tout ce qui s’est passé durant la crise postélectorale. Le juge Ocampo ne dit pas que c’est Laurent Gbagbo qui a tué ou participé aux tueries. Le procureur de la CPI dit que lui et son entourage les ont planifiées et fait exécuter. Et qu’ils n’ont rien entrepris pour y mettre un terme. Ils n’ont même pas daigné les dénoncer. C’est la raison pour laquelle il comparait devant le tribunal comme coauteur indirect. Et à ce titre, il sera difficile pour lui de s’en sortir, lui qui avait demandé aux jeunes patriotes, s’il pouvait leur faire confiance, au cours de son dernier meeting à Yopougon. Une confiance dont on mesure aujourd’hui, les conséquences. L’ancien président savait de quoi il parlait et ce qu’il attendait des auteurs des articles « 125 ».
Jean-Claude Coulibaly

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