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Sud-ouest ivoirien: villageois en fuite après une attaque meurtrière
Publié le samedi 9 juin 2012   |  AFP


villageois
© Autre presse par DR
villageois en fuite après une attaque meurtrière au Sud-ouest de la CI


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ABIDJAN, 09 juin 2012 (AFP) - Au moins huit civils ont été tués selon l`ONU
au cours d`une attaque menée vendredi dans le sud-ouest de la Côte d`Ivoire,
qui a fait sept morts parmi les Casques bleus nigériens et au moins un mort
dans l`armée ivoirienne, et jeté samedi sur les routes des centaines de
villageois.
Le Liberia, d`où les assaillants venaient selon Abidjan, a annoncé la
"fermeture immédiate" de la frontière, hors activités humanitaires, et un
renforcement de la sécurité dans la zone. "Les individus impliqués dans des
attaques transfrontalières seront arrêtés et remis aux autorités ivoiriennes",
a promis le ministre libérien de l`Information, Lewis Brown.
"Selon nos informations, au moins huit civils ont été tués, dont une
femme", a déclaré à l`AFP Anouk Desgroseilliers, responsable de la
communication du Bureau des Nations unies pour la coordination des Affaires
humanitaires (Ocha) en Côte d`Ivoire.
Sept Casques bleus nigériens de l`Opération des Nations unies dans le pays
(Onuci) ont été tués, "première attaque de ce genre" perpétrée contre l`Onuci
depuis son déploiement en 2004, selon la force onusienne.
Cette "embuscade" contre l`Onuci a eu lieu pendant un assaut d`éléments
"venus du Liberia" contre plusieurs villages ivoiriens situés au sud de la
ville de Taï, selon le ministre ivoirien délégué à la Défense, Paul Koffi
Koffi, qui a confirmé la mort d`un élément des Forces républicaines (FRCI,
armée ivoirienne). Une source au sein des FRCI sur place a affirmé qu`il y
avait eu "deux morts" parmi leurs hommes, qui patrouillaient avec les Casques
bleus.
Dans cette région en proie depuis un an à des attaques attribuées à des
forces fidèles à l`ex-président ivoirien Laurent Gbagbo et réfugiées de
l`autre côté de la frontière, les violences de vendredi ont provoqué
d`importants déplacements de populations.
"Des centaines de personnes sont arrivées à Taï, et on peut penser que des
milliers d`autres sont sur la route", a indiqué Ocha. L`assistance aux
déplacés a débuté à Taï.

"Pourquoi c`est chez nous qu`on vient faire des morts?"

"C`est vraiment la panique, le sauve-qui-peut, les gens prennent de petits
baluchons et fuient (leurs villages) à pied", a raconté à l`AFP le maire de
cette ville, Désiré Gnonkonté, joint par téléphone depuis Abidjan.
"On a peur", a confié Madeleine Tagnon, représentante des femmes de Taï.
"Pourquoi à chaque fois c`est chez nous qu`on vient faire des morts? Pourquoi
tranquillement les miliciens traversent-ils chaque fois la frontière pour
venir nous tuer?"
Des éléments de l`Onuci et de l`armée ivoirienne, qui ont reçu des
renforts, ont patrouillé samedi dans la zone.
"J`ai marché en brousse avec mon enfant au dos, je ne sais pas où se trouve
le reste de la famille", a raconté Ange Joëlle, une jeune femme arrivée dans
le village de Glaro Ubor, dans l`est du Liberia, comme d`autres familles.
Des opérations militaires ivoiro-libériennes doivent avoir lieu à partir du
15 juin dans la zone frontalière, avec le soutien des missions de l`ONU dans
ces deux pays.
Le secrétaire général de l`ONU Ban Ki-moon s`est dit "attristé et
scandalisé" par la mort de Casques bleus, et le Conseil de sécurité de l`ONU a
exprimé sa "grave inquiétude" à propos de l`insécurité dans cette région. Le
Niger, "indigné", a assuré que cet "acte inacceptable" ne resterait pas
"impuni".
Région la plus instable de Côte d`Ivoire, l`Ouest est en proie à des
attaques depuis la fin de la crise politico-militaire de décembre 2010-avril
2011, qui a fait quelque 3.000 morts dans le pays.
Avant l`attaque de vendredi, ces raids avaient fait "au moins 40" tués
depuis juillet 2011, selon un rapport de l`ONG Human Rights Watch publié
mercredi, qui accuse des forces pro-Gbagbo opérant depuis le Liberia et
recrutant des "enfants".

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