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Mali : Ansar Dine, Mujao, Aqmi.. / L`Afrique a désormais ses talibans.
Publié le mercredi 4 juillet 2012   |  L'Inter




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La galaxie islamiste qui règne en maître sur le nord Mali depuis le mois d'avril 2012, rappelle par la destruction des monuments et autres trésors culturels de la région dont elle se rend coupable, ces obscures « étudiants en théologie» nommés « talibans ». A l'instar de l'Afghanistan, l'Afrique et singulièrement le Mali a désormais ses fondamentalistes.

Qui ne se souvient des talibans afghans, ces tristement célèbres étudiants des « madrassa » (medersa) en français , (universités théologiques musulmanes) qui ont fait parler d'eux en Afghanistan de 1994 à 1997 ? Ce qui se passe actuellement dans les grandes villes du nord malien notamment Tombouctou et Gao, rappelle drôlement cette période sombre de l'histoire de l'Afghanistan où ces étudiants en théologie, sous prétexte de prôner le retour à un islam juste et respectant les principes islamiques, ont procédé à la destruction systématique du patrimoine culturel du pays. Aujourd'hui, c'est l'Afrique, en l'occurrence le Mali qui offre un terreau fertile à cette paranoïa politico- religieuse qu'est le fondamentalisme version Ansar Dine, (défenseurs de l'islam), Mujao, (Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'ouest), et Aqmi, (Al Qaida au Maghreb islamique).

La présence de ces groupes islamistes radicaux dans cette contrée, véritable no man's land qui échappe totalement au contrôle de l'administration malienne, est plus qu'inquiétante pour la sous-région, voire pour tout le continent. D'abord au plan culturel, ces iconoclastes des temps modernes procèdent à une démolition démentielle des mausolées de saints de l'islam et autres curiosités touristiques du Mali. Or, ce riche patrimoine culturel est un atout majeur pour un pays sans grandes ressources naturelles, qui tire des revenus substantiels du tourisme. Si l'on ne met pas donc fin au plus vite, à cette folie dévastatrice, c'est l'économie malienne que ces radicaux vont bientôt mettre à genou. Ensuite au plan politique, l'islamisme tel que prôné par ces talibans maliens ne s’accommode pas avec les droits de l'homme. Leur présence dans les trois principales villes du nord, notamment Tombouctou, Gao et Kidal est un véritable calvaire pour les habitants privés de leurs droits les plus élémentaires. Mais le plus grave, c'est l’incrustation progressive d'un sanctuaire du terrorisme international dans la partie septentrionale du Mali. On y trouverait, outre Aqmi, Mujao et Ansar Dine, des jihadistes de tout acabits venus d'horizons parfois très lointains comme des zones tribales afghanes ou pakistanaises.

Le nord Nigérian étant à quelques centaines de kilomètres seulement de là, c'est normal qu'on y signale déjà la présence de Boko haram. Le président sénégalais Macky Sall qui a récemment évoqué la présence d’éléments sénégalais dans la zone, a de quoi se faire des soucis, car comme il le dira si bien, son pays est dans la ligne de mire de ces intégristes. La multiplication depuis quelque temps des rencontres entre chefs d'Etats africains, vise justement à envisager une stratégie de lutte commune contre cette gangrène qui menace l'ensemble du continent. Le prochain sommet de l'Union africaine qui se tiendra à Addis-Abeba, inscrira sans aucun doute la situation au Mali au chapitre de ses priorités. Reste à savoir de quels moyens dispose l'Afrique pour faire face au fléau. Très peu bien entendu, c'est pourquoi elle presse depuis le Conseil de sécurité de l'ONU de se saisir du dossier malien. Autant la lutte contre Al Qaida en Afghanistan a été l'affaire de la communauté internationale, autant ce qui se trame dans le nord malien ne doit pas être le combat des seuls africains.

Charles d'Almeida

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