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L'intelligent d'Abidjan N° 2657 du 4/10/2012

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Livre / Hervé Ghesquière, ancien otage, auteur de 547 jours : ‘‘Les talibans ne peuvent pas perdre la guerre d’Afghanistan’’
Publié le jeudi 4 octobre 2012  |  L'intelligent d'Abidjan




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Plus d'un an après sa sortie des geôles des insurgés talibans, le journaliste de France Télévisions, qui a recouvré la liberté le 29 juin 2011, était vendredi au Club de la presse de Lille, sa ville natale, pour la présentation de '' 547 jours '', son livre témoignage publié chez Albin Michel.

Le 29 décembre 2009, dans la vallée de la Kapisa, à 60 kilomètres au nord-est de Kaboul, en Afghanistan, où il effectuait un reportage pour le magazine '' Pièces à conviction '' de France 3, la vie d'Hervé Ghesquière, grand reporter, né en 1963, virait à la tragédie. Avec Stéphane Taponier, journaliste caméraman, Reza Abibi, leur interprète afghan, un chauffeur et un accompagnateur, ils venaient de tomber aux mains des redoutés talibans. Otages ! C'est cette captivité qui dura 547 jours (dix-huit mois) qu'il raconte dans cet ouvrage de 300 pages paru le 14 septembre. '' Il y a plein de choses que je n'arrivais pas à expliquer à mes proches. Ce livre me permet de le faire '', assure-t-il. Une contre-enquête qui relate son '' aventure humaine '' et surtout la '' polémique unique dans les annales des otages '' qui a enflé à Paris au lendemain de leur enlèvement. Même si les talibans ont confisqué son journal de bord (500 feuillets), Hervé Ghesquière, bretteur dans l'âme rompu aux terrains de braises (Tchétchénie, Kosovo, Irak, etc) n'a rien oublié des conditions de détention, des plats infâmes, des anecdotes croustillantes, des surnoms dévastateurs des gardes, des recettes pour laisser courir le temps, des moments de tensions entre lui et Stéphane Taponier, des interminables négociations de libération ...Ainsi des changements de lieu de détention et de la séparation des otages par leurs ravisseurs. Ainsi de cette marche forcée nocturne de huit heures dans la montagne ! Assurément l'un des épisodes qui lui ont fait comprendre que mieux que les centaines de milliers des forces afghanes et de celles de l'OTAN, dont l'armée française présente en Afghanistan, les quelques vingt mille talibans ont la main mise sur le terrain : '' Ils ont pour eux la parfaite connaissance des lieux, c'est leur pays. Ils sont très mobiles et très déterminés. Ce sont des combattants redoutables. Cette guerre coûte une fortune immense pour un échec cuisant. Remarquez que les accords de Lisbonne stipulaient que les forces internationales devaient quitter l'Afghanistan au même moment, en 2014. Après, Sarkozy le prévoyait pour 2013. Maintenant pour Hollande, c'est 2012...'', se désole-t-il, avant de trancher : '' Cette guerre, la coalition ne peut pas la gagner. Ce n'est pas possible. Certes, les forces internationales sont dotés d'un arsenal impressionnant et ultra-sophistiqué, et qu'en face les rebelles talibans disposent de vieux fusils russes et chinois. Mais ils ont la témérité, l'expérience et le sens du combat pour eux. Les Russes en savent quelque chose. Je ne dis pas que les talibans vont gagner mais je suis convaincu qu'ils ne peuvent pas perdre cette guerre...''. Hervé Ghesquière a mis sept mois pour coucher son opus. Il voulait savoir tout. Toute cette histoire de son imprudence, sa quête de vedettariat. Au moment des faits, Claude Guéant , alors ministre de l'Intérieur avait dénoncé '' une imprudence vraiment coupable '', conseillant que '' le scoop ne doit pas être recherché à tout prix ''. Le général Jean-Louis Georgelin, chef d'état- major des armées françaises, s'offusquait du coût considérable occasionné par les recherches ('' dix millions d'euros '', avançait-il). L'ire du président Nicolas Sarkozy avait également été rapportée. Pour décrypter cette '' polémique malsaine '', ce journaliste sûr de ses convictions, a rencontré les protagonistes de l'affaire : Le général Jean-Louis Georgelin, Claude Guéant, Hervé Morin, Bernard Kouchner, Alain Juppé, et même Nicolas Sarkozy. Tous donc, sauf un : celui qu'il appelle dans le bouquin '' un certain '' Jacky Fouquereau, à l'époque chef du bureau de presse de l'armée, en Afghanistan. Hervé Ghesquière reproche au lieutenant-colonel Jacky Fouquereau d'avoir menti et d'avoir alimenté l'Elysée en intox. L'officier réplique que Ghesquière qui avait promis de '' se tenir tranquille '' n'a pas respecté sa parole et a pris des risques inconsidérés en se rendant, sans la surveillance des militaires français, dans la zone où il a été capturé avec Stéphane Taponier et leurs compagnons. Même si l'auteur s'en défend par moments, reste qu'il s'en prend vertement à la DGSE (les services secrets français). Or, c'est connu, l'Etat français a mobilisé d'importantes ressources, financières, et humaines, pour obtenir leur libération. Ghesquière qui est jaloux des règles de son métier revendique une indépendance d'esprit sans faille. Son souci, c'est qu'il ne fallait pas seulement parler des quatre mille militaires français, mais aussi des trente millions d'Afghans qui vivent la guerre. Pour lui, ils ont le droit de parler librement aux journalistes (seuls) pour exprimer leur ressenti, Et pas seulement à des journalistes accompagnés de militaires. Mais toute la complexité de la question est là. Hervé Ghesquière a beau argumenter qu'il '' ne travaille pas pour l'armée française '' et qu'il était en Afghanistan pour le magazine télévisé '' Pièces à conviction '' de France 3, une chaîne de son employeur France Télévisions, lui et Stéphane Taponier avaient à ce moment-là le statut de '' embedded journalists ''. C'est-à-dire des journalistes intégrés à une unité militaire en opération. Or, quand on accepte ce type de contrat, on n'a qu'une marge réduite d'autonomie. Pas certain donc que ''547 jours'' suffiront à Hervé Ghesquière pour convaincre du contraire.

Michel Russel Lohoré, à Lille (France)

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